Révision de la Constitution du 11 décembre 1990: Plus de peur que de mal

Par Pintos GNANGNON,

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Les régimes successifs depuis le président Mathieu Kérékou, passant par Boni Yayi et même Patrice Talon à ses débuts de mandat,  ont tenté de réviser la Constitution sans y parvenir. Simplement parce que l’unanimité n’a jamais été faite au sein de la classe politique autour des motivations qui la sous-tendent.
Les leaders politiques et l’opinion ont toujours craint que cela soit fait à des fins opportunistes, notamment la volonté des chefs d’Etat de se maintenir au pouvoir en se donnant la possibilité d’un troisième mandat et à la longue un mandat à vie.
Malgré la pertinence de certaines raisons, notamment la création de la Cour des comptes, les ambitions personnelles et la peur des uns et des autres ont empêché le Bénin de franchir ce cap.
Aujourd’hui, grâce à la persévérance et la ténacité du président de la République, Patrice Talon, la révision de la Constitution du 11 décembre 1990 a été possible sans que ses fondamentaux soient touchés.
Les articles dont la modification suscite la crainte de certains hommes politiques et leaders d’opinion ont été préservés sinon renforcés.
Quand on prend par exemple, la limitation des mandats, elle a été non seulement maintenue mais renforcée et évite au pays des risques de stagnation. Aujourd’hui, plus aucun président ne peut faire plus de deux mandats, mais en plus il ne peut plus revenir au pouvoir après une trêve de cinq ans. Et cela pourrait se comprendre, car après deux mandants fructueux ou non, on ne sait quel miracle un ancien président pourrait faire à nouveau s’il ne l’a pu en dix ans ou deux mandats. Si ce n’est le désir de s’éterniser au pouvoir.
La révision de la Constitution au Bénin a été une réussite, car il ne s’agit pas d’une révision pour qu’un citoyen se maintienne au pouvoir. Il faut être honnête pour reconnaître qu’il y a des aspects très positifs dans les innovations contenues dans le nouveau texte. Nous avons par exemple la limitation des mandats de députés. Nul ne peut plus faire plus de trois mandants comme député à l’Assemblée nationale. Cela permettra le rajeunissement de la classe politique, car jusqu’à un passé récent, se faire élire député est une question de gros moyens financiers pour les campagnes et surtout la chasse gardée de certaines personnalités au sein des partis politiques.
Patrice Talon aura finalement réussi sans grandes douleurs la révision de la Constitution dans une démarche bien élaborée pour atteindre l’objectif.
Même si certaines innovations constituent de nouvelles expériences à essayer, comme par exemple la création d’un poste de vice-président de la République, un poste électif. Ceci n’est pourtant pas trop nouveau puisque ce type de régime a été expérimenté de manière informelle sans que la Constitution la spécifie clairement.
Aujourd’hui, c’est notre constitution qui prévoit ce poste avec des attributions bien définies. Entre autres, le remplacement du président de la République en cas d’empêchement ou de démission. Vice-président Grand Chancelier, c’est possible, car le poste fait partie des attributions du chef de l’État qui est Grand maître de l’Ordre mais qui délégue cette prérogative à une personnalité. Avec la loi n°2019-40 portant modification de la loi 90-32 du 11 décembre 1990 portant Constitution de la République du Bénin, une nouvelle personnalité en devient le titulaire de plein droit et cela est consacré par la Constitution.
Il n’y a pas d’œuvre humaine parfaite, mais les Béninois, par l’intermédiaire de leurs mandants, ont posé  un acte historique, jeudi 31 octobre dernier

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