Rhéal Drisdelle, représentant résident de Plan international en fin de mission: « Je pars satisfait de la collaboration »

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Tête-à-tête entre Rhéal Drisdelle et BIO TCHANE

En fin de mission au Bénin et appelé à faire valoir ses droits à la retraite, Rhéal Drisdelle, représentant résident de Plan international, était, ce mercredi 23 mai, au cabinet du ministre d’Etat chargé du Plan et du développement, Abdoulaye Bio Tchané. Au menu des échanges, des questions en lien avec le cahier de charge de l’organisation, l’appui du gouvernement et globalement, le type de collaboration à définir ou à renforcer entre les deux parties pour venir à bout de la pauvreté.

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Ce mardi 23 mai, Rhéal Drisdelle, représentant résident de Plan international dépose les armes. Après dix-sept années de travail au sein de cette organisation internationale dont cinq ans passés au Bénin, l’homme est appelé non seulement à céder son fauteuil, mais aussi à faire valoir ses droits à la retraite. Une grâce dont il compte bien jouir après tant d’efforts et de sacrifices.
Fin amoureux du travail et surtout très engagé pour la lutte contre la pauvreté, il a préféré, jusqu’à la dernière minute d’activité, servir la cause des autres.
Reçu en audience par le ministre d’Etat en charge du Plan, hier, à l’invitation de ce dernier, Rhéal Drisdelle y est allé avec certains de ses collaborateurs un peu comme pour baliser le terrain à son successeur et lui permettre de prendre fonction dans un cadre plus coopératif avec les autorités béninoises. « J’ai eu l’honneur de recevoir la visite d’une forte délégation du ministère qui est venue nous féliciter par rapport à ce que nous faisons dans ce pays depuis presque 25 ans et aussi pour s’enquérir de comment le ministère pourrait nous accompagner et nous appuyer. Je puis vous dire que, de mémoire d’homme, à Plan Bénin, c’est une première et je voulais saluer cette démarche envers Plan International et envers les Ong internationales d’une manière plus générale », a confié Rhéal Drisdelle à la fin de l’audience. Ces organisations, poursuit-il, ont créé une plateforme dénommée « Plateforme des Ong internationales au Bénin » et ont voulu, selon ses explications, se rapprocher davantage du gouvernement afin de pouvoir mieux offrir leur collaboration. « Mais à notre grande surprise, le gouvernement aussi était intéressé par cette forme de rapprochement pour voir dans quelle mesure nous pouvions travailler davantage ensemble et mettre en œuvre le Pag », soutient-il au passage.

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Une collaboration fructueuse

Cette audience a été également l’occasion pour lui d’aborder les activités de Plan International et de soumettre au ministre Abdoulaye Bio Tchané, certaines contraintes et difficultés. « J’ai aussi fait part au ministre d’Etat de nos principales missions, à savoir les droits des enfants, mais aussi l’égalité des filles. Surtout en ce qui concerne les filles, nous avons besoin de l’appui de l’Etat. Les garçons, même lorsqu’ils viennent des milieux défavorisés, n’ont pas les mêmes obstacles que les filles », va-t-il renchérir.
Ce n’était ni des confessions, des adieux, encore moins un bilan des cinq ans passés à la tête de Plan International Bénin. Mais Rhéal Drisdelle, interrogé par les hommes des médias sur ses sentiments au terme de sa mission, laisse lire des notes de satisfaction. Pour lui, tout n’a pas été fait et la tâche à abattre ne laisse la place à la moindre autosatisfaction. « Je ne peux pas dire que je pars du Bénin avec un sentiment de grande satisfaction », tranche-t-il d’emblée. La raison, c’est que, d’après lui, on ne le dirait que « s’il n’y avait plus de pauvreté ni de vulnérabilité dans ce pays et qu’il n’y a plus d’enfants pauvres ». Ce qui n’est pas le cas, observe-t-il. Néanmoins, il bémolise : « Je pars satisfait de la collaboration. Avec toutes mes années d’expérience, ayant travaillé dans de nombreux pays, j’ai rarement vu un pays où il y avait une collaboration aussi étroite avec des autorités qui ont la même vision que nous par rapport aux enfants, aux jeunes filles, aux plus vulnérables et au plus pauvres, qui sont les gens avec lesquels nous travaillons ».

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Et que commence la vie de retraité !

Maintenir les filles à l’école, leur donner un accès aux soins de santé et à la santé sexuelle… Ce sont là autant de défis que l’équipe de Plan International apprendra à relever à la suite de Rhéal Drisdelle qui, met un terme à sa carrière au sein de l’organisation. Désormais, commence pour lui une autre vie, loin des bureaux de Plan International et de toutes les autres structures au sein desquelles, quarante-deux ans durant, il a offert ses services, son intelligence, son expertise et son savoir-faire. L’acte 1er de sa nouvelle vie de retraité, c’est qu’il passera douze mois « à ne rien faire », confie-t-il. Il veut, dit-il, expérimenter la vie sans travail pour n’avoir rien fait d’autre à part travailler au cours des quatre dernières décennies. Cette nouvelle vie, Rhéal Drisdelle la passera entre le Bénin, son dernier cadre de travail et le Canada, sa terre natale. Difficile de dire qui ou quoi l’a retenu au point qu’il vienne à décider d’élire domicile dans le pays. Seule certitude, le Bénin vient de gagner un ami de plus. Un soldat de la lutte anti-pauvreté qui s’est épris de lui et qui ne manquera certainement pas de lui offrir d’autres services.