RIAO 2016: Dix jours d’attraction, une édition mémorable !

Par Josué F. MEHOUENOU,

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La 5e édition des Rencontres internationales des arts de l’oralité (RIAO) se conjugue au passé depuis le samedi 12 novembre dernier. Dix jours ont suffi aux festivaliers pour créer une fête populaire autour du conte, mais aussi et surtout faire parler leur talent respectif.

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«RIAO 2016. C’est plié. Ce fut une belle rencontre. Moment intense de bonheur et de partage… » s’extasie le festivalier Alassane Sidibé. Comme lui, la plupart des festivaliers qui ont vécu les dix jours des RIAO 2016 n’en disent que du bien. Le programme concocté, la qualité des spectacles, les prestations des artistes… sont autant de choses qui, de l’avis des participants, ont fait tache d’huile. « Dix jours denses et dans la cadence, de Cotonou à Bohicon, en passant par Porto-Novo, Ouinhi et Abomey-Calavi, la culture béninoise s’est invitée chez elle par la culture du monde à travers douze autres pays : la France, la Belgique, le Canada, l’Italie, l’Algérie, le Maroc, le Cameroun, la Côte-d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Togo », commente un autre. « L’art de la parole, les contes, les chants, la musique, des formations artistiques ainsi que des échanges pédagogiques et scientifiques ont meublé le programme de cette édition » et fait dire que la cinquième RIAO « a le mérite de faire penser à la prochaine pendant qu’elle battait encore son plein ».
Mais en attendant d’y être, celle qui vient de clore ses portes fera longtemps parler d’elle. Patrice Toton qui en est l’organisateur avait déjà annoncé les couleurs à l’occasion de la cérémonie d’ouverture. Il promettait une belle fête autour de la parole, du conte et des arts en général. L’édition de cette année a eu le mérite de délocaliser les activités dans plusieurs localités : Cotonou, Porto-Novo, Ouinhi et Bohicon. Spectacles, visites touristiques, plateaux conteurs ont été présentés au public dans plusieurs espaces artistiques au cours desquels, « la parole triturée, maniée, raffinée, murmurée, éjaculée » a été distillée dans les esprits.

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Un programme alléchant

C’est d’ailleurs l’esprit de cette rencontre qui se propose de démocratiser le conte et de désacraliser la parole. La visite du village souterrain d’Agongointo s’est voulue à la fois un instant de tourisme et d’apprentissage. Elle a permis d’aller à la découverte des ambitions culturelles des autorités municipales de Bohicon, lesquelles ont marqué de leur présence les manifestations dans leur localité. Le maire Luc Atrokpo, par ailleurs président de l’Association nationale des communes du Bénin (ANCB) se fera même à l’occasion le porte-parole de ses pairs. On retiendra aussi au titre des activités phares, le symposium qui a réuni dans le laboratoire du professeur Dodji Amouzounvi, festivaliers, acteurs culturels, enseignants, étudiants. «L’importance des langues maternelles dans l’art du conte au Bénin et en Afrique», c’était le thème débattu à l’occasion. Lequel a présenté la langue comme ciment de l’unité nationale car l’oiseau ne grandit que dans son plumage. Journée scientifique des Rencontres internationales des arts de l’oralité, elle a permis d’engager des réflexions sur les besoins de la population pour le développement du Bénin via les langues maternelles. La première communication, a été présentée par Charles Babadjidé sur «l’importance et les impacts socioculturels des langues maternelles dans les sociétés africaines». Dans la deuxième communication, Dr Fernand Dansi Nouwligbèto a évoqué le théâtre conté au Bénin. Il le définit comme étant une pratique artistique et toute forme de théâtre qui exploite les ressources des contes que sont les fables, les sujets qu’ils abordent, la disposition ou la configuration scénique, les relations entre la scène et la salle, entre le conteur traditionnel et le public, le jeu d’acteur, le costume, le décor, la littérature, la portée didactique. Au terme de sa présentation, il a suggéré, entre autres, la promotion de la littérature écrite en langue maternelle. Plus intéressant aura été également le spectacle de clôture intitulé « Je suis parce que nous sommes » inspiré de la philosophie Ubuntu à l’Institut français de Cotonou avec Yor Pfeiffer, Neda Cainero, Yanis Baziz, Adébayo Hounsou?