Riposte contre le Covid-19 au Bénin: Le gouvernement entre prudence et protection

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Des solutions à la Béninoise. C’est ainsi qu’on pourrait qualifier les mesures successives prises par le gouvernement pour gérer la pandémie du coronavirus et contrer sa propagation au Bénin. Sans s’aligner sur les mesures prises par les autres pays et sans s’écarter de la réalité, le Bénin réussit pour le moment à gérer au mieux ce mal.

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Le Bénin n’a pas fermé son aéroport comme bon nombre de pays. Mais ce n’est pour autant qu’il est resté perméable au mal de l’heure. Le Bénin n’a pas opté pour le confinement général ou le confinement des grandes villes ou foyers de contamination, pourtant c’est la mesure phare adoptée par la plupart des pays face au coronavirus. Le chef de l’Etat béninois et son gouvernement ont préféré « des mesures à la Béninoise » pour gérer la crise liée au coronavirus. Les mesures successives prises à ce propos tiennent compte des réalités économiques et même sociopolitiques du Bénin. « Tout porte à croire que le Bénin gère cette crise avec un certain optimisme et c’est tout à notre actif », confie Simon Alexandre Kpédetin. Cet enseignant à la retraite pense que le Bénin fait la différence par ces mesures « incomprises» au départ, mais qui à l’arrivée, « semblent bien meilleures à celles drastiques prises par certains pays ». Ce qui a davantage convaincu cet enseignant, ce sont les propos du président de la République lors de son entretien télévisé. Comme lui, Armande Dangnitchédé, opératrice économique est « heureuse de constater que les mesures prises ne mettent pas à mal le business dans un pays qui vit déjà difficilement les conséquences de cette pandémie ».
Pour rappel, le président Patrice Talon avait soutenu lors de son entretien sur la télévision nationale à propos de la crise liée au coronavirus que « certaines mesures n’ont pas le même degré de pertinence partout et d’autres nécessitent même que les acteurs concernés disposent d’un minimum de temps pour s’apprêter ». Il avait aussi déclaré à l’occasion qu’il y a « des actions et des mesures qui ne sont pas soutenables trop longtemps, dans notre contexte et pour lesquelles il faut trouver le bon timing de mise en œuvre». Pour accompagner les réductions de mobilité ou les confinements, illustre-t-il, « les pays riches débloquent des sommes faramineuses et certains font même recours à des solutions monétaires à peine déguisées, voire la planche à billets pour prévenir le chaos socio-économique inévitable autrement ». Malheureusement, le Bénin, à l’instar de la plupart des pays d’Afrique, ne dispose pas de ces moyens, indique-t-il. « Si nous ne tenions pas compte de tout cela, nous pourrions dans notre action, déclencher un chaos qui remettrait même en cause le minimum impératif de la lutte ».

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Avancer à pas de caméléon

Certaines options faites par le gouvernement continuent d’être incomprises au sein de l’opinion publique. Des Béninois s’interrogent sur le leitmotiv de telle ou telle autre décision. Mais à y voir de près, la méthode du gouvernement est toute simple. Il préfère avancer à pas sûrs, au lieu de s’engager dans des décisions difficiles et compromettantes pour la population. C’est ainsi par exemple qu’il faut comprendre l’option du cordon sanitaire de huit puis douze communes, pendant que tout le monde s’attendait à une décision de confinement. Autre illustration, c’est la dernière décision en date, relative au port de masque obligatoire à l’intérieur du cordon sanitaire et l’exigence d’un travailleur par bureau faite aux administrations publique et privées. Pour le chef de l’Etat et son gouvernement, il faut allier prudence et protection.
« Si nous ne tenions pas compte de tout cela, nous pourrions dans notre action, déclencher un chaos qui remettrait même en cause le minimum impératif de la lutte », révèle le président au cours de son entretien. Pour lui, « si nous prenons des mesures qui affament tout le monde à la fois et trop longtemps, elles finiront très vite par être bravées et bafouées sans avoir permis d’atteindre les objectifs». Le président s’est voulu par ailleurs formel sur le fait que « les mesures que nous venons de prescrire nous permettront d’empêcher la propagation du virus à l’intérieur du pays, tout en préservant l’activité économique. Un exercice qu’il juge « très difficile qui requiert sérénité, sang-froid et perspicacité ».

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