Riposte contre le Covid-19: La dynamique des élus locaux d’Abomey-Calavi

Par Maryse ASSOGBADJO,

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Le coronavirus fait des dégâts et les personnes les plus averties en ont conscience. C’est ce qui justifie l’implication des chefs quartiers dans la riposte contre le mal. A Calavi, les élus locaux ne ménagent aucun effort pour épargner leurs administrés de cette pandémie sans précédent.
« Nous faisons le tour des maisons pour sensibiliser les gens. Au premier rang de la sensibilisation, le major central de Calavi et les délégués de quartier », explique Luc Honfo, conseiller local.
A ce jour, le Bénin compte officiellement 26 cas testés positifs au coronavirus. Un cas de plus est un cas de trop qui ajoute à la psychose nationale. Les chefs quartiers savent que la sensibilisation à la base est primordiale.
« Nous misons sur les règles d’hygiène et la protection des gens vulnérables ainsi que des enfants. Les gens sont réceptifs à nos messages parce qu’ils tiennent également à leur vie », témoigne-t-il.
La population de Calavi est consciente de la situation. « A force d’expliquer l’ampleur du phénomène, les gens ont compris qu’il faut installer devant leurs maisons les dispositifs de lavage des mains à l’eau et au savon », poursuit-il.
Par contre, la tâche est très rude pour certains élus locaux. « Malgré tout ce que l’on dit sur la maladie, les gens refusent toujours d’y croire. Ils préfèrent se fier aux supputations sur les réseaux sociaux, arguant que l’alcool et le climat béninois suffisent à anéantir le mal», se désole Christophe Hodonou, chef quartier Sèmè.« Si la mairie avait compris tôt en mettant à contribution les crieurs publics et en donnant les moyens aux chefs quartiers, les administrés sauront qu’ils ne doivent pas minimiser le risque », relève-t-il.

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Gratitude

Corneille Michel Zomalèto, chef quartier Fandji anciennement appelé Zone des cultures annuelles (Zoca), décerne un satisfecit au chef de l’Etat et à son équipe pour leurs efforts contre le Covid-19. « Je tiens à remercier le président de la République et son gouvernement pour leur vision. Je salue également la Police républicaine sans laquelle, je ne pourrai pas réussir la mission actuelle contre le Covid-19. Si la décision du gouvernement de fermer momentanément les bars, les églises est bien suivie, c’est grâce aux patrouilles de cette unité », se réjouit-il.
Fandji est considéré comme un quartier huppé de Calavi. Toutefois, tous ses habitants n’ont pas les mêmes niveaux de compréhension. « Ici vivent assez de cadres. J’ai à faire avec des gens qui comprennent assez vite les enjeux. Avec ceux-là, le message passe vite. Le reste des administrés à savoir, les menuisiers, les zémidjan, les artisans, il faut les aborder avec patience», explique-t-il.
Chez lui, la sensibilisation est un réflexe. Il adhère à la vulgarisation des mesures contre la pandémie au profit de toutes les cellules sociales.
« Etant donné que je reçois du monde chez moi dans le cadre de l’établissement des pièces d’état civil, je passe systématiquement les consignes du ministère de la Santé, puisqu’à l’heure actuelle, je ne peux pas réunir plus de quinze personnes », fait-il observer. « Si j’invitais les gens à l’école primaire publique Zoca, ils répondront à l’appel, mais c’est interdit actuellement. Je leur conseille de mettre un seau d’eau et du savon devant leurs maisons et de sensibiliser à leur tour leurs enfants », développe-t-il.
La sensibilisation ne se limite pas à ses quatre murs : « Il y a un groupe de conducteurs de taxi-motos qui prend ses quartiers à un rond-point non loin de ma maison. Je vais les voir pour leur parler des mesures d’hygiène à respecter. Il faut reconnaître que cette cible de la société ne saisit pas parfois vite les messages ».
La principale difficulté des chefs quartiers pour l’heure, c’est le manque de moyens pour combler toutes les attentes des administrés. « Tout le monde veut respecter les mesures, mais certains évoquent le manque de moyens pour se mettre à disposition les outils nécessaires dans le cadre de la prévention», relève-t-il.
Quoique relativement modique, le prix des masques est un gros souci pour les populations démunies. « Les masques deviennent rares en pharmacie et les gens n’arrivent toujours pas à s’en procurer. Sortir 200 F ou 400 F Cfa est parfois un casse-tête », souligne-t-il.
Si les populations sont mieux informées des menaces du coronavirus et des mesures prises par le gouvernement dans le cadre de la prévention et de la lutte, c’est aussi grâce à la presse à qui le chef quartier Fandji, Corneille Michel Zomalèto adresse sa gratitude. Des mots qui dopent sans doute le moral des journalistes en ces temps où ils risquent leur vie, la peur au ventre pour aller au contact des réalités liées au Covid-19 sur le terrain afin d’aider les populations.

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