Risque d’expansion de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest: Les mesures de l’Abegief pour éviter les attaques au Bénin

Par Bruno SEWADE,

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L’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (Abegief) a organisé, du 12 au 14 décembre dernier à Cotonou, un atelier de partage d’analyses et d’expériences sur la prévention de l’extrémisme violent en Afrique de l’Ouest et au Bénin. Au terme de cet atelier, les principales conclusions ont été partagées autour d’une table ronde qui a réuni des représentants du Corps diplomatique accrédités au Bénin, des agences de coopération et des organisations sous-régionales, régionales et internationales.

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Les attaques non revendiquées survenues depuis le début de l’année 2018 dans la région de l’Est du Burkina Faso inquiètent les autorités béninoises quant au risque d’une expansion de l’extrémisme violent vers les pays côtiers qui se partagent des frontières dont le Bénin. Face à la situation, l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (Abegief) n’entend pas rester inactive. Elle a organisé, la semaine dernière, un atelier de partage d’analyses et d’expériences sur la prévention de l’extrémisme violent au Bénin.
Organisée en collaboration avec l’état-major général des Forces armées béninoises, la Police républicaine, le Secrétariat permanent de la Commission nationale de lutte contre la radicalisation, l’extrémisme violent et le terrorisme, et l’Institut d’études de sécurité (Iss), cette rencontre d’analyses vise un double objectif.
D’abord, promouvoir une compréhension mieux partagée de la situation liée au risque de propagation de l’extrémisme violent. Ensuite, contribuer, par la formulation de recommandations, à l’élaboration de solutions préventives adaptées et de mesures complémentaires pour les réponses envisagées et/ou déjà mises en œuvre.
La rencontre a été suivie d’une restitution des réflexions menées par les participants auprès d’un public élargi au cours d’une table ronde axée sur la prévention de l’extrémisme violent. Il s’agit d’un panel qui a regroupé Lori-Anne Théroux-Bénoni, Ibrahim Maïga ; un chercheur à l’Iss Bamako ; le Colonel Ousmane Traoré, gouverneur de la région de l’Est de Fada-N’Gourma au Burkina Faso, Ayité Marcel Baglo et l’inspecteur général de Police, Sessi Louis-Philippe Houndégnon. Les échanges ont porté sur le contexte régional de l’extrémisme à l’Est du Burkina Faso, le partage d’expériences et les enseignements à en tirer ; ‘’Espaces frontaliers et extrémisme violent : expérience de l’Abegief’’ sanctionnés par des recommandations des deux jours de l’atelier.

Eviter au Bénin des attaques

A l’ouverture de cette table ronde, le directeur général de l’Abegief, Ayité Marcel Baglo, fait observer que l’extrémisme violent en Afrique est un problème à ne pas négliger. Il devient impérieux, selon lui, de diagnostiquer le phénomène pour savoir quelle solution y apporter. D’où l’atelier de partage, d’analyses et d’expériences suivi d’une table ronde. Car, souligne-t-il, la sécurité est la matière première du tourisme, du commerce, du développement. A partir des échanges de cette table ronde, il assure que des stratégies seront définies pour voir comment éviter au Bénin ces attaques.
La directrice du Bureau de l’Iss pour l’Afrique de l’Ouest, Lori-Anne Théroux-Bénoni, après avoir rappelé le rôle de son institut, souligne que, malgré le nombre de réponses, les attaques se multiplient en Afrique de l’Ouest. Ce qui, à son avis, devrait interpeller sur l’efficacité desdites réponses.
« Les cinq pays du Conseil de l’Entente sont exposés aujourd’hui aux attaques de l’extrémisme violent », reconnait le secrétaire exécutif adjoint de l’organisation sous-régionale, Abdoulaye Mohamadou. C’est ainsi qu’un mécanisme de stratégies, informe-t-il, a été élaboré et soumis aux chefs d’Etat du Conseil de l’Entente. Il se réjouit que les résultats de l’atelier de Cotonou ont permis de comprendre les causes des menaces terroristes en Afrique de l’Ouest. Des causes qui, dit-il, permettent de penser à une nouvelle piste de stratégies.
En ouvrant les travaux de la table ronde, au nom du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le conseiller technique à la Sécurité, le contrôleur général de Police, Spéro Ogouchola, note que cette table ronde est une opportunité pour voir le contexte actuel des menaces du terrorisme. Face aux enjeux, que faut-il faire ? Quelles solutions préconiser ?, s’interroge-t-il avant de se réjouir des recommandations faites et qui, selon lui, correspondent à des pistes de solutions pour faire face au phénomène.

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