Rosine Soglo: Clap de fin pour l’aînée des premières dames !

Par Joel TOKPONOU,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Rosine Soglo: Clap de fin pour l’aînée des premières dames !

Disparition de Rosine Vieyra Soglo

En août 2018, alors qu’elle revenait des soins en France, Rose-Marie Honorine Vieyra Soglo avait reçu, selon ses propres propos, la ferme recommandation de ses médecins de ménager sa santé. Avec le poids de ses 84 ans d’âge et une santé déclinante, elle devrait se donner le maximum de repos. Mais dès sa descente d’avion, titubant aux côtés de son époux, l’ancien président Nicéphore Dieudonné Soglo, «maman » annonçait son retour au parlement. « Malgré que les docteurs m’ont dit de faire attention à cause de l’état de la voie Cotonou – Porto-Novo car je porte des prothèses, je serai à l’hémicycle. C’est vrai que je ne ferai plus le zèle comme par le passé mais j’y serai, si Dieu le veut. Et Dieu le voudra». Impossible pour elle, à en croire ses proches et anciens collaborateurs, d’admettre la moindre barrière sur son chemin. Le surnom «dame de fer » lui allait comme un gant.
Souvent incomprise mais toujours appréciée, « maman» a livré plusieurs combats dont
« l’institutionnalisation » de fait de la première dame qui n’apparaît plus comme une accompagnatrice du président mais comme une fonction à part entière. Depuis lors, Marguerite Kérékou et Chantal Yayi se sont succédé dans ce rôle, avant de passer le témoin à Claudine Talon. Chacune avec son feeling.

LIRE AUSSI:  Parlement/Examen de huit dossiers d’urgence : Le chef de l’Etat sollicite la convocation d’une session extraordinaire

Pas derrière le président

Epouse de Nicéphore Soglo avec qui elle s’est mariée depuis juillet 1958, elle a tenu un grand rôle. « Aux côtés d’un grand homme, se trouve une grande femme », pourrait-on dire pour illustrer son omniprésence dans la sphère du pouvoir entre 1991 et 1996. Pas seulement en tant que députée ou Cheffe du parti politique « La Renaissance du Bénin » mais surtout en tant que première dame. Au début, le vocable était critiqué par des Béninois surpris de voir par exemple l’épouse du président au même niveau que ce dernier lors de sa tournée dans le Mono en octobre 1991 et plus tard dans presque tous ses déplacements officiels. Mais les contestataires de fait, des opposants notamment, ont dû se faire à l’idée d’intégrer le rôle de première dame dans le nouveau dispositif politique.
D’ailleurs, Rosine Soglo ne s’arrête pas au titre et à la présence physique. En décembre 1991, au Centre culturel chinois, elle assiste à la remise de cadeaux à des dizaines d’enfants, en tant que première dame. D’autres activités surtout sociales de son cabinet démontreront l’importance de la première dame.
D’ailleurs, quelques mois plus tôt, soit en juin 1991, Rosine Soglo créa l’association «Vidolé» (l’enfant est un trésor en langue nationale fongbé) et se spécialise dans l’assistance aux mères de triplés, quadruplés, quintuplés, voire plus. Une initiative qui s’assimile à une arme de combat qui lui permet d’impacter les couches vulnérables de la société et de conquérir le cœur de certains de ses adversaires politiques, tant sa renommée s’est vite étendue.
Avec ces débuts sur fond de conflits dans l’arène politique, « maman » a su se donner les moyens de s’imposer à tous en politique, dans le milieu associatif, dans le militantisme pour les droits des femmes, dans les œuvres sociales, etc. Elle a toujours combat sans trembler.

LIRE AUSSI:  Les chiens aboient, la caravane passe