Salinisation des sols : une menace pour la production et la sécurité alimentaire

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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A l’occasion de la Journée mondiale des sols célébrée, le 5 décembre dernier, la Fao a souligné la menace de la salinisation des sols pour la production agricole et la sécurité alimentaire mondiale.

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« Arrêter la salinisation des sols, augmenter la productivité des sols »,
c’est l’appel lancé par l’Organi-sation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) à la faveur de la Journée mondiale des sols, le 5 décembre dernier. A travers ce thème, l’institution entend sensibiliser à l’importance de maintenir des écosystèmes sains pour le bien-être humain en luttant contre la salinisation des sols et en encourageant les sociétés à améliorer la santé des sols.
En fait, l’augmentation dans les sols de sels à haute teneur en sodium (sodification) ou hydrosolubles, comme le potassium, magnésium, calcium, chlore, sulfate, carbonate, bicarbonate (salinisation), affecte la croissance des végétaux, réduit le rendement des récoltes et peut rendre les sols improductifs. « La salinisation et la sodification des sols sont des processus majeurs de dégradation des sols menaçant l’écosystème, et sont reconnues comme faisant partie des problèmes les plus importants au niveau mondial pour la production agricole, la sécurité alimentaire et la durabilité dans les régions arides et semi-arides », signale la Fao.
« Nos sols sont en danger ! »,
alerte Dongyu Qu, directeur général de la Fao. Plus de 833 millions d’hectares de sols, plus de 10 % des terres cultivées, sont affectés par le sel dans le monde, ce qui constitue un frein à l’intensification des cultures. La gestion des zones touchées, souligne l’institution, exige une approche intégrée, englobant une gestion durable des sols, l’irrigation et le drainage, la plantation de variétés tolérantes au sel, le lessivage direct des sels, l’amélioration chimique et/ou l’utilisation d’amendements organiques.
Environ 33 % des sols mondiaux sont dégradés, selon l’Organisation. Outre le sel, les sols sont touchés par plusieurs contaminants provenant des processus industriels, l’exploita-tion minière, la mauvaise gestion des déchets, les pratiques agricoles non durables telles que l’agriculture extensive sur brûlis, l’usage intensif des pesticides, des herbicides et autres produits chimiques. Ils se répandent dans les écosystèmes terrestres et aquatiques, compromettant la qualité de la nourriture, de l’eau et de l’air et mettant ainsi en danger la santé humaine et environnementale.

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Investir dans l’information

La pollution des sols entrave la réalisation de nombreux objectifs de développement durable (Odd), notamment ceux relatifs à l’élimination de la pauvreté et de la faim, à la bonne santé et au bien-être, à l’approvisionnement en eau potable, etc. Pour inverser la tendance, un investissement continu s’avère nécessaire dans les laboratoires du sol pour disposer des données fiables sur lesquelles des décisions judicieuses seront prises pour assurer une gestion durable des sols et prévenir la dégradation des sols, préconise le Dg/Fao. Autrement, l’inaction dans le maintien et la restauration de la santé des sols peut avoir des conséquences dramatiques pour le programme de développement durable de l’Onu, estime-t-il.
Le Rapport d’évaluation du Laboratoire mondial des sols indique que 55 % des pays interrogés manquent de capacités adéquates pour l’analyse des sols, y compris les ressources humaines qualifiées, les procédures d’harmonisation, l’équipement et les consommables. Dans la région africaine en particulier, le nombre de laboratoires pédologiques est le plus faible de toutes les régions enquêtées. Publics pour la plupart, ils ne répondent pas aux normes internationales et peinent à couvrir la demande en termes de prestations analytiques.
Pendant ce temps, la pression ne cesse d’accroître sur les sols et provoque des taux alarmants de dégradation des sols à l’échelle mondiale. La désertification, les feux de végétation ainsi que la démographie galopante sont pointés du doigt. La remise en état des terres et leur fertilisation s’avèrent incontournables pour garantir la survie de l’humanité.