Sanni Didier Kouandé-Sounon, maire de Kouandé: « Nous allons créer des fermes dans chaque arrondissement »

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Administrateur du travail, juriste et consultant, Didier Kouandé-Sounon est porté à la tête de la commune de Kouandé, département de l’Atacora, à la faveur des dernières élections communales et municipales. La promotion des cultures du terroir fait partie des priorités de gouvernance que le maire dévoile dans cet entretien.

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La Nation : Que retenir de votre parcours ?

Sanni Didier Kouandé-Sounon: Je suis juriste et administrateur du travail. Actuellement, je suis en train de me spécialiser en passation des marchés publics à l’école doctorale de l’Université de Parakou où je suis une formation en contrats publics.
J’ai commencé à travailler dans le cadre de l’animation des Ong depuis 2008. J’ai travaillé avec beaucoup de partenaires, notamment la Giz en tant que coordonnateur communal Eau, Hygiène et Assainissement de la commune de Kérou entre 2008 et 2010. Entre 2010 et 2013, j’ai travaillé avec Plan Bénin comme coordonnateur de la zone Toucountouna-Tanguiéta-Matéri-Cobly dans le cadre d’un projet sur l’éducation. Dès fin 2013, j’ai été consultant junior dans un cabinet où j’ai eu à former les élus sur la gestion des ouvrages d’approvisionnement en eau potable.
En 2015, j’ai été nommé conseiller technique juridique du ministre de l’Eau jusqu’à l’avènement de la Rupture en 2016. Après, je suis resté au ministère de l’Energie avant de me retrouver à partir de 2017 à la Préfecture de Natitingou comme chargé de mission du préfet de l’Atacora, poste que j’ai occupé jusqu’à mon élection comme maire de Kouandé en juin dernier.

Quelles sont vos priorités de gouvernance à la tête de cette commune ?

La commune de Kouandé est essentiellement agricole. Ma vision dans ce domaine, c’est comment améliorer la productivité dans la commune. Dès ma prise de fonction, j’ai échangé avec les producteurs pour voir ce qui se fait par rapport à la production destinée à la consommation locale et à l’exportation. Car, une chose est de produire pour vendre et exporter, une autre est d’assurer l’autosuffisance alimentaire.
J’ai informé le conseil communal de ma vision de créer des fermes communales dans chaque arrondissement, pour faire la promotion de l’élevage et de certaines cultures. J’ai vu qu’au Burkina Faso, il y a la production de variétés améliorées de noix de karité. A Kouandé, des tonnes de noix sont produites et soumises à l’exportation ou à la transformation artisanale par les groupements de femmes. En faisant 50 hectares par arrondissement, d’ici cinq ans, on pourra forcément tirer profit de la production en termes de ressources financières. Ainsi nous ferons la promotion de l’économie locale parce qu’aujourd’hui, le problème de mobilisation des ressources locales se pose.
Pour cela, il faut que nous ayons des idées à long terme pour que la commune puisse s’assurer un taux suffisant en termes de mobilisation des ressources propres. Et je pense qu’à travers la production de noix de karité, on peut devenir une commune phare pour cette culture.

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Quelle sera la place du tourisme dans vos actions ?

L’autre priorité, c’est bien sûr la promotion du tourisme. Kouandé regorge d’énormes potentialités touristiques. Il y a par exemple les deux sites de Kaba à Péléma ainsi que là où les colons avaient installé leur base militaire pour affronter le héros, que nous allons promouvoir.
Il y a d’autres sites. Actuellement, je suis en train de travailler avec le professeur Léon Bio Bigou pour la promotion du tourisme dans la commune de Kouandé. Les sites étant déjà répertoriés, nous sommes en train de réfléchir à comment former des guides touristiques et faire un peu de l’écotourisme dans la commune de Kouandé.
Il y a également la fête de la Gaani qui attire beaucoup de touristes mais les conditions dans lesquelles s’organisent les manifestations ne permettent pas d’en tirer davantage de profit pour la commune. Il faut que Kouandé puisse disposer d’une place de la Gaani ; cela permettra de faire de cet événement culturel un événement touristique.

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La promotion des cultures du terroir vous tient donc à cœur… ?

Tout à fait. Vous savez, la commune bénéficiera de la construction par le gouvernement d’une arène culturelle. Dès ma prise de fonction, j’ai eu à mettre à la disposition du ministère de la Culture un espace de deux hectares dont le levé topographique lui a été transmis.
Il y a également la fête du petit mil qu’on appelle Yopaaka, un genre de fête de moisson en pays Natimba, à travers laquelle les producteurs disent merci à Dieu pour les récoltes obtenues. C’est une fête qui se célèbre le dernier week-end du mois de janvier et concerne également les populations de Tanguiéta, Toucountouna et autres qui y participent. On peut en faire une deuxième fête communale, une fête d’identité culturelle après la Gaani, et attirer également des ressources.
Dans le cadre de la promotion de l’économie locale, il est également important que nous puissions organiser des foires de promotion artisanale pour faire connaître tout ce que Kouandé a comme potentialités économiques et produits locaux.

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Les ambitions sont nobles. Mais les rivalités politiciennes ne pourraient-elles pas constituer un blocage à la concrétisation de ces rêves ?

Nous essaierons de faire ce que nous pouvons pour conjuguer les efforts pour le développement de la commune. C’est vrai qu’il y a trois formations politiques qui constituent le conseil communal, mais chacun de nous est élu d’abord pour apporter sa pierre à l’édifice du développement communal. Chacun fera ce qu’il faut pour que nous soyons un ensemble homogène pour regarder dans cette même direction. Je pense que les élus de Kouandé sont tous acquis à la cause du développement de leur commune et qu’ils vont tous accompagner ma vision.