Sara Idohou, jeune femme entrepreneure béninoise: Un exemple de réussite pour la jeunesse

Par Maryse ASSOGBADJO,

  Rubrique(s): Société |   Commentaires: Commentaires fermés sur Sara Idohou, jeune femme entrepreneure béninoise: Un exemple de réussite pour la jeunesse


Sara Idohou est une femme pluridisciplinaire engagée et qui veut montrer la voie de la réussite à bon nombre de femmes et de jeunes béninois et africains,à travers l’entrepreneuriat et le coaching. La jeune entrepreneure de 27 ans est une afro-optimiste qui entend mettre ses expériences et son sens de la détermination au service du développement.

LIRE AUSSI:  Pour avoir amélioré la qualité de ses prestations:Novotel Cotonou Orisha hôtel reçoit sa 4e étoile

Une self-made woman en action ! Sara Idohou est un modèle de réussite et un parcours inspirant pour la jeunesse en quête de repère. Celle qui rêve de devenir une incontournable dans le domaine du coaching et de l’entrepreneuriat au Bénin, en Afrique et dans le monde, se donne tous les moyens pour assouvir ce rêve. Son modèle dit-elle, ‘’c’est sa propre version améliorée’’. Elle entend peser de tout son poids pour aller de l’avant en s’inspirant parfois du vécu de l’ex-first lady des Etats-Unis, Michèle Obama pour ses qualités de grande oratrice, et son sens de l’équilibre entre sa carrière, sa vie de couple et son statut de mère. A côté de celle-ci, elle aime bien aussi parler du n°2 de facebook, Sheryl Sandberg (femme d’affaires focalisée sur le potentiel que toutes les femmes devraient exploiter) et de Mode Castanou, écrivaine, femme d’influence et de Dieu. Sara Idohou qui s’inspire en particulier de la bienveillance et du sens du respect désintéressé de sa génitrice, est plus qu’utile à bon nombre de jeunes pour qui l’auto-emploi est la voie pour se réaliser au Bénin.
A 27 ans, teint bronzé, la taille moyenne, souriante et l’air jovial, Sara se présente comme une entrepreneure multidimensionnelle. Eloquente avec un débit fluide, on imagine combien de fois elle doit être imposante devant les assemblées où elle partage son savoir et ses expériences sur l’entrepreneuriat et le coaching. Outre ces volets, elle a également fondé une Ong dénommée ‘’Young leaders corporation’’ qui intervient dans le domaine de l’éducation. Dans ce registre, elle s’intéresse au développement des projets allant dans le sens de l’entrepreneuriat, du leadership et du développement personnel, ciblant en priorité les jeunes et les femmes dans tout le Bénin.
Pour Sara Idohou, entreprendre n’était pas une option, mais une obligation. Pour preuve, elle est aujourd’hui serial entrepreneure. Sa première entreprise est un cabinet de formation et de coaching, offrant des formations pour renforcer les capacités du personnel des entreprises et de l’assistance comptable et fiscale. La deuxième dénommée ‘’Ifèshola empire’’ s’investit dans la promotion du made in Bénin dans plusieurs secteurs. A présent, elle travaille pour le développement du secteur de l’agrobusiness, où elle s’emploie à valoriser tout produit à base de l’ananas du Sud-Bénin. Fondatrice de ‘’parcoursinspirant.com’’, un label axé ‘’success stories’’ qui met les projecteurs sur des modèles de réussite via un éditorial en ligne ainsi que des conférences-panel mensuelles, Sara compte bien élargir son palmarès.

LIRE AUSSI:  Dans la prespective des prochaines communales:Des lettres de mission remises aux responsables de Moele-Bénin

Donner sens à son destin

Alors qu’elle gagnait de façon régulière son salaire avec sa licence professionnelle dans une entreprise privée de la place, un jour, elle décide sur un coup de tête de rompre délibérément son contrat d’embauche. Un départ qu’elle dit avoir bien mûri et qu’elle ne regrette pas. « Je gagnais un bon salaire le mois. Sauf que je ne pouvais plus m’investir bien dans les choses que j’aimais. A un moment donné, je me suis dit que je me sauverais la vie si je partais », raconte-t-elle, pleine d’assurance. Pour elle, le sens de la liberté est primordial. « J’aime gérer mon temps, et quand on parle de liberté, ce n’est pas seulement le temps, mais aussi la liberté financière. On ne peut pas atteindre cette liberté si l’on est juste salarié, il faut investir dans plusieurs domaines pour avoir plusieurs sources de revenus », argumente-t-elle.
Dans une société où les jeunes sont tant calqués sur l’impression et l’opinion du voisinage, la jeune coach fait fi de ces considérations pour donner un sens à sa vie.
Quant à la question de savoir si le fait d’avoir mis un terme à son contrat d’embauche a brisé l’espoir de ses parents et de son entourage, Sara Idohou, affiche un sourire, puis répond sans ambage : « Le but principal dans la vie, c’est d’être heureux. On n’est heureux, que lorsqu’on fait ce qu’on aime. Même si l’argent contribue au bonheur, il ne rend pas heureux. Quand on entreprend, c’est pour avoir un meilleur statut social ». Comme pour affirmer que l’entrepreneuriat lui colle à la peau, elle ajoute : « J’ai compris au travers de mon expérience qu’il fallait absolument avoir le courage d’aller vers mon rêve et de le poursuivre quelles que soient les difficultés auxquelles je suis confrontée ».
Mais Sara n’est pas qu’entrepreneure. Elle est de même sur le champ du social à travers des activités de salubrité et de don de sang. Dans ce volet, elle a une présence assez remarquable à travers ses collaborateurs et des volontaires avec qui elle mène une cinquantaine d’actions depuis 2012.
En termes d’expérience de réussite, elle pense avoir truqué. Car, ce qui la rend davantage visible, ce sont aussi ses actions sociales, affirme-t-elle. Ce sont entre autres actions qui lui ont valu de rejoindre le Conseil des jeunes de l’Ambassade des États-Unis près le Bénin. Sa détermination au sein de ce conseil, lui a permis de participer au programme américain ‘’Yali’’ en 2015. Après cette expérience, elle faisait partie des deux Béninois sélectionnés pour représenter son pays à une Conférence internationale en Russie, avant d’être nominée par la Jeune chambre internationale (Jci), comme la plus jeune remarquable « en accomplissement personnel », en 2015. Tout ceci couronné par l’Oscar de la jeunesse parmi les trois organisations les plus actives en 2015. En 2016, elle est nominée‘’leadership award’’ par l’Académie de la jeune élite béninoise avant d’être sélectionnée en 2017 dans le cadre de la Journée internationale de la femme en tant que l’une des cinquante jeunes femmes africaines les plus ‘’impactantes’’ par Oneworld Foundation.
Outre ces dimensions, la jeune entrepreneure fait, en effet parler d’elle à travers le label ‘’parcoursinspirant’’, via le lien www.parcoursinspirant.com à travers le prix de la jeune inspiration. Un espace virtuel ouvert aux jeunes de 18 à 23 ans qui s’efforcent à se révéler.

LIRE AUSSI:  Championnat national de football de Ligue 1: Déplacements périlleux pour Dragons, Tonnerre et Uss-Kraké

Marquer son temps

En réalité, Sara vit son époque et veut marquer son temps. «Je ne dors pas sur mes lauriers. Chaque jour, je me demande ce que je peux faire de plus pour mieux réussir et être une inspiration pour les autres », explique-t-elle.Même avec ce palmarès aussi impressionnant, elle ne se bombe pas pour autant le torse. Au contraire, elle regarde l’horizon avec la conviction que l’avenir du Bénin appartient aux jeunes. « Je suis fière de l’effort de mon Ong en dépit de leurs moyens limités. Mais quand je regarde le territoire béninois dans son ensemble, je suis insatisfaite, je veux encore pénétrer certaines zones pour mieux servir ». Sara Idohou, c’est le sens de l’humilité. Une qualité qu’elle attribue aux grands esprits. « Je suis fière de n’être qu’un grain de sable sur une berge, parce que le Bénin regorge de talents, de personnes inspirantes. Je ne me compte pas comme une personne extraordinaire parmi ces gens-là, mais je suis néanmoins fière que des gens me voient comme un exemple de réussite », sourit-elle. Au-delà de l’humilité, un bon entrepreneur doit également asseoir son leadership à travers le dialogue entre lui et ses collaborateurs. Cette qualité ne lui fait pas défaut. Selon elle, il n’est pas facile pour une femme d’entreprendre à cause des complexes d’infériorité et de supériorité que développent certaines gens parmi ses cibles. Pour y arriver, souligne-t-elle, elle privilégie la communication avec ses collaborateurs en vue de mieux les écouter, de les comprendre, et de permettre à chacun d’exprimer le maximum de son potentiel. Sur ce point, conçoit-elle, l’homme ne vaut que par la femme. C’est pourquoi, Sara préfère parler d’équité au lieu d’égalité homme-femme, lorsqu’on évoque les deux concepts. « Les femmes sont polyvalentes. Par contre, les hommes sont séquentiels, et ont surtout besoin de l’aide d’une femme pour se développer. Même les textes religieux le soulignent. Par conséquent, ils ne peuvent bénéficier d’une aide inférieure à eux ». D’ailleurs, elle partage bien l’adage selon lequel ‘’éduquer une femme, c’est éduquer une nation’’. « Nous sommes dans une société de dépravation des mœurs. S’il n’y a pas une nouvelle race de femmes qui prend ses responsabilités en montrant le bon chemin aux jeunes, la société court à la dérive », souligne-t-elle. « Si nous voulons laisser un Bénin digne à la prospérité, il faudrait que nous aidions nos jeunes sœurs à aller de l’avant dès aujourd’hui», ajoute-t-elle.
Néanmoins, elle reste convaincue que l’appui d’un homme à côté d’une femme est indispensable. Si elle connaît de plus en plus une ascension dans sa vie, c’est aussi grâce au soutien de son époux à qui elle rend témoignage.

LIRE AUSSI:  Fin de la 1ère session de 2015 de la Cour d’assises de Parakou: Succès notoire en dépit de quelques insuffisances