Sciences : Cette étude dévoile comment les moustiques nous repèrent  

Par Fulbert Adjimehossou,

  Rubrique(s): Actualités, Environnement |   Commentaires: Commentaires fermés sur Sciences : Cette étude dévoile comment les moustiques nous repèrent  


Le paludisme est la principale cause de consultation dans les centres de santé au Bénin. A l’origine, il y a les piqures de moustiques. Les scientifiques de l’université de Princeton ont prouvé que ces insectes  sont guidés par « l’odeur humaine ».

LIRE AUSSI:  Confédération syndicale des travailleurs du Bénin: Le bureau directeur dénonce la poursuite des nominations partisane.

Vous vous êtes sans doute posés la question de savoir comment les moustiques parviennent à vous repérer, pour vous agresser. C’est agissant, surtout en saison pluvieuse où ces insectes se développent encore plus. Une étude publiée dans la revue Nature le 4 mai 2022 vient de dévoiler le secret. « Les cerveaux des moustiques codent les caractéristiques uniques de l’odeur humaine pour conduire à la recherche d’hôtes », révèle les auteurs.

Le mécanisme

Jusque-là, pour distinguer l’odeur humaine de celle des animaux, les scientifiques pensaient que les moustiques développent un mécanisme sophistiqué. Voilà pourquoi ils ont voulu fouiller dans leur cerveau. Le constat est que les moustiques femelles à la recherche d’un hôte préfèrent fortement l’odeur humaine à l’odeur des animaux, mais on ne sait pas exactement comment elles distinguent les deux.

Et pour résoudre l’énigme, les de ces chercheurs sont basés sur une espèce invasive du moustique, Aedes aegypti, qui est plus connue dans la piqûre des humains. Ces chercheurs ont réussi à démontrer que les odeurs humaines et animales évoquent l’activité dans des combinaisons distinctes de glomérules olfactifs. Un glomérule en particulier est fortement activé par l’odeur humaine mais répond faiblement, voire pas du tout, à l’odeur animale.

LIRE AUSSI:  Reboisement à Malanville: Plus de 500 plants mis en terre par la mairie

À l’aide de mélanges synthétiques, il a été démontré que la signalisation dans le glomérule sensible à l’homme améliore considérablement le comportement de recherche d’hôte à longue distance dans une soufflerie, récapitulant la préférence pour les odeurs humaines par rapport aux odeurs animales.

 » « Malgré la complexité de l’odeur humaine et le fait qu’elle ne contient pas vraiment de composés spécifiques à l’homme, les moustiques ont développé un mécanisme étonnamment simple pour nous reconnaître. Pour moi, c’est une histoire d’évolution : si nous créions un test statistique pour différencier l’odeur humaine, ce serait très complexe, mais le moustique fait quelque chose de remarquablement simple », écrit la chercheuse Carolyn Lindy McBride, cité par le Centre Presse.

Pas si compliqué !

Dans le cerveau des moustiques se trouvent 60 centres nerveux, aussi appelés glomérules. Deux de ces derniers réagissent aux odeurs. Il y a d’abord un lanceur d’alerte qui signale les odeurs à proximité, peu importe lesquelles. Puis un autre lanceur se charge de confirmer, s’il s’agit ou non d’une odeur humaine. Les résultats de recherche montrent que les cerveaux des animaux peuvent distiller des stimuli olfactifs complexes d’une pertinence biologique innée en codes neuronaux simples et révèlent des cibles pour la conception de stratégies de contrôle des moustiques de nouvelle génération.