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Nouvelles

Conférence régionale des organismes de promotion du commerce (OPC): Le Programme BSOD pour le développement de filières d’exportation porteuses

Avec le soutien du Royaume des Pays-Bas, le ministère de l’Industrie, du Commerce, des petites et moyennes entreprises, à travers l’Agence béninoise de Promotion des Echanges commerciaux (ABePEC), est l’hôte de la Conférence régionale des OPC bénéficiaires du Programme néerlandais de Développement et de Promotion des exportations des fruits et légumes frais et des ingrédients naturels pour l’alimentation, les produits pharmaceutiques et cosmétiques 2014-2017. Ladite conférence a été officiellement ouverte hier jeudi 23 avril à Cotonou.

Le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal, le Bénin et les Pays-Bas sont les pays qui participent à la conférence régionale des Organismes de promotion du commerce (OPC) qui s’est tenue hier à Cotonou. Selon Robert Akindé, directeur général de l’ABePEC, l’initiative de la conférence répond à la volonté de renforcer le partenariat entre le partenaire néerlandais (CBI) et les structures de promotion du commerce de la sous-région en général et du Bénin en particulier, en vue d’améliorer la compétitivité des entreprises locales et l’accès au marché et débouchés pour les produits agro-alimentaires des pays concernés. Et c’est la première activité du Programme de développement et de promotion des exportations des fruits et légumes frais et des ingrédients naturels pour l’alimentation, les produits pharmaceutiques et cosmétiques (BSOD). Lequel programme vise, a-t-il indiqué, à promouvoir le développement de l’accès au marché et à l’information commerciale pour les entreprises. Il a aussi pour objectifs le développement des exportations des fruits et légumes frais et des ingrédients naturels et autres produits pharmaceutiques et cosmétiques; le renforcement du système d’information et d’amélioration de la qualité de l’information sur les marchés au profit des PME/PMI. En plus, souligne Robert Akindé, le Programme comporte trois volets essentiels que sont l’intelligence des marchés, le développement du portail d’exportation web, le développement et la mise en œuvre d’un système de gestion de la qualité. C’est dire, se convainc le DG/ABePEC, que cette conférence servira de plate-forme d’échanges de connaissances, d’expériences, d’opportunités et de bonnes pratiques entre les différents pays participant au Programme. Pour qu’au sortir de la conférence, les capacités de ces acteurs soient renforcées et qu’ils puissent mettre en place au profit de leurs entreprises, un système d’informations commerciales performantes, adaptées à leurs besoins ainsi qu’un système de gestion de la qualité permettant d’améliorer les performances de leurs structures respectives.
Pour Peter van Gilst, responsable régional du Centre néerlandais de promotion des importations en provenance des pays en voie de développement (CBI), l’importance des structures d’exportation est avérée et le partage d’expériences doit aider à améliorer leurs compétences et induire une amélioration des échanges dans la sous-région. Ce défi, croit-il, pourra être relevé grâce à cette Conférence régionale.
Au nom du ministre de l’Industrie, du Commerce et des petites et moyennes Entreprises, son conseiller technique aux petites et moyennes Entreprises, Y. Bruno Anagonou, a procédé à l’ouverture de la conférence. Il a, d’entrée, remercié le CBI pour les opportunités qu’il offre à l’ABePEC et à ses structures sœurs des pays présents. Réitérant les avantages de la conférence, il relève que le Programme BSOD répond aux réelles préoccupations et à un besoin pressant du gouvernement béninois et de tous les acteurs des filières d’exportations porteuses en général, et des filières spécifiques concernées. Avec au menu des ateliers thématiques se rapportant aux volets recherche et information sur les marchés, information et technologie web/portail, et système de gestion de la qualité, cette conférence aidera à un réel renforcement des capacités et à l’instauration d’une démarche qualité ainsi qu’à la bonne stratégie de gestion de la qualité, assure Y. Bruno Anagonou.

Actualités 24 avr. 2015


Audiences à la présidence de la République: Un projet d’exploitation de 20 000 hectares de terre à Kétou

Plusieurs personnalités étaient hier, mardi 21 avril, au cabinet du chef de l’Etat. Entre autres sujets, il a été question du projet dénommé ‘’ Bénin vert’’ qui prévoit l’exploitation de 20 000 hectares de terre à Kétou.

L’expérience des grandes exploitations agricoles sera bientôt une réalité à Kétou dans le département du Plateau. Le projet dénommé ‘’Bénin Vert’’ est une initiative du Français François Dobbelaere qui envisage la mise en exploitation de 20 000 hectares de culture dans la commune. «Nous voulons développer la production agro-alimentaire avec l’apport des technologies nouvelles, et nous comptons multiplier par cinq le rendement de la culture du maïs et du riz», confie-t-il, au sortir d’une audience avec le président de la République. Le promoteur prévoit également la production des semences certifiées au profit des agriculteurs locaux ainsi qu’un espace de renforcement des capacités des jeunes étudiants en agronomie, sa ferme étant située non loin de l’Université d’Agriculture de Kétou.
Le coût total des investissements est estimé à 100 millions d’euros, soit plus de 65 milliards F CFA sur quatre ans. A travers son exploitation, François Dobbelaere planifie la création de 10 000 emplois directs et de milliers d’emplois indirects au travers de l’effet d’entraînement de la production de la zone. «Nous avons constaté un cadre propice à l’investissement agricole au Bénin, et nous avons des autorités disponibles à nous accompagner», souligne-t-il, projetant la mise en production d’une première tranche de 5000 hectares d’emblavures pour juin 2016.
Le président de la République s’est également entretenu avec le directeur général de Colas, Stéphane Knebel. Ce dernier a surtout fait avec lui le point du projet d’aménagement de la route Savalou-Tchetti-frontière du Togo dont l’entreprise Colas est adjudicataire.
Boni Yayi a également reçu, Henri Djombo, ministre congolais de l’Economie forestière et du Développement durable. L’émissaire du président congolais Denis Sassou Nguesso lui a fait part de l’organisation d’un sommet sur le développement de la flore et de la faune en Afrique.

Actualités 22 avr. 2015


Drame à Akassato:Neuf morts dans un incendie d’essence de contrebande

L’essence de contrebande a fait de nouvelles victimes. Dans la nuit du mercredi au jeudi 16 avril dernier, aux environs d’une heure du matin, un incendie d’une rare violence a consumé une habitation et tous ses occupants dans la localité d’Akassato, commune d’Abomey-Calavi.

En effet, neuf membres d’une famille ont brûlé vifs dans cet incendie dû à l’essence de contrebande appelée communément «kpayô».
Selon les recoupements, il sonnait 00h30 quand un véhicule bâché a perdu le contrôle et a fini sa course dans une habitation dans laquelle, les membres de la famille victime qui dormaient, ont stocké des bidons d’essence de contrebande. Le choc a alors occasionné un incendie d’une rare violence qui a consumé tout sur son passage. Pendant plusieurs heures, les éléments des sapeurs pompiers, venus promptement n’ont pas pu maîtriser la furie des flammes qui ont en plus des personnes tuées, causé plusieurs dégâts matériels.

Jonas DETODJI (Stag)

Société 17 avr. 2015


Audience à la Cour constitutionnelle,Le litige domanial entre les populations de Ouidah abordé

Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a reçu en audience, vendredi 10 avril dernier, à son cabinet, plusieurs personnalités. En dehors des visites de courtoisie, le sujet relatif au litige domanial entre les populations de la commune de Ouidah et la collectivité Aho Glèlè René a été abordé.

L’ambassadeur de Turquie près le Bénin, Turgut Kural, le président du Cadre de concertation des Organisations de la société civile de la commune de Ouidah, Honorat Aguessy et le nouveau consul général du Bénin à Djeddah (Arabie Saoudite), Loya Mohamed Allassane, ont été reçus par le président de la Cour constitutionnelle dans la matinée du vendredi 10 avril dernier.
Des trois personnalités reçues, deux n’ont effectué que des visites de courtoisie : l’ambassadeur de la Turquie près le Bénin et le consul général du Bénin à Djeddah (Arabie Saoudite). Pour l’ambassadeur de la Turquie près le Bénin, Turgut Kural, il est tout à fait normal qu’il fasse une visite de courtoisie en début de son séjour d’ambassadeur afin de renforcer les liens qui existent entre les deux pays. Le nouveau consul général du Bénin à Djeddah, Loya Mohamed Allassane, est quant à lui, allé à la rencontre du président de la Cour constitutionnelle pour recevoir de lui des conseils qui pourraient l’aider à mener à bien sa mission. Il s’agit, entre autres, de l’organisation du Hadj, de la résolution des problèmes des Béninois vivant au quotidien en Arabie Saoudite.
La troisième personnalité reçue est le président du Cadre de concertation des organisations de la Société civile de la commune de Ouidah, le professeur Honorat Aguessy. Il a rencontré le président de la Cour constitutionnelle pour lui faire part de la situation traumatisante que vivent les populations de la commune de Ouidah. «Quand nous les responsables nous apprenons ce qui se passe en matière de terrain, nous ne pouvons pas laisser la situation se dégrader. Nous sommes donc venus traiter de cela avec le président de la Cour constitutionnelle pour qu’il nous aide à trouver des solutions et non qu’il tranche», a-t-il déclaré. Il a souhaité que l’aspect humain, prime sur les revendications sur le plan foncier où à l’en croire, il y a beaucoup de faux.

Actualités 13 avr. 2015


Pour tentative d’assassinat et incendie volontaire :Sossou Amessinko condamné à 10 ans de travaux forcés (26e dossier)

Les débats portant sur l’examen du 26e dossier inscrit au rôle de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou se sont déroulés, mercredi 8 avril dernier. Ils ont été conduits par Michèle Odette Carrena-Adossou, présidente et dans le rôle d’assesseurs, Georges Toumatou et Célestine Bakpé. Les jurés titulaires avaient noms, Léopold Pascal Marcellin Bada, Dotou Désiré Gbedehessi, Mariette Ahouansou, Louise Olympiade Hounmènou et Léandre Alohou. Le ministère public était représenté par Honoré Alowakinnou et la mémoire de l’audience était tenue par Edouard Zavonon.

La jalousie et la vengeance ont largement plané sur les débats du 26e dossier de la Cour d’assises, mercredi dernier. Deux amis aiment la même femme et se la disputent au point où l’un d’eux en a voulu à l’autre et a incendié nuitamment la maison qui abritait son rival et son amante. Les faits se sont déroulés en 2008 à Agoué dans la commune de Grand-Popo.

Que s'est-il passé ?

En effet, Sossou Amessinko et Boni Amèkoudji vivant tous deux dans l’arrondissement d’Agoué (commune de Grand-Popo) courtisent la même femme, la nommée Adinsi Allowanou. Cette dernière a finalement porté son choix sur Boni Amèkoudji.
Mécontent et décidé à se venger des deux amoureux, Sossou Amessinko a, dans la nuit du 30 novembre au 1er décembre 2008, mis le feu à la case dans laquelle se trouvaient les deux fiancés et ceci à l’aide d’essence et d’allumettes qu’il a pris soin d’acheter à cette fin. Boni Amèkoudji et Adinsi Allowanou n’ont eu la vie sauve que grâce au secours porté par la population alertée.
Dans la même nuit, les amoureux Boni Amèkoudji et Adinsi Allowanou qui ont trouvé refuge dans une autre case, y ont été surpris une seconde fois par un incendie. Cette fois encore, la vigilance et la promptitude de la population ont permis de les sauver. Interpellé et inculpé de tentative d’assassinat et d’incendie volontaire, Sossou Amessinko reconnaît les faits même si à l’interrogatoire au fond, il nie être l’auteur du second incendie.
Le bulletin N°1 de son casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation. L’enquête de moralité lui est plus ou moins favorable.

Sossou l'amoureux

A la barre, l’accusé Sossou Amessinko a reconnu les premiers faits d’incendie qui lui sont reprochés. Mais pour les 2es, il n’en reconnaît la responsabilité. Le feu aurait pu être propagé par le vent qui a soulevé la braise du foyer d’une vendeuse de pâte fermentée (communément appelée Konhoun) et l’a envoyé par mégarde sur ce toit. Pour lui, il était en amitié avec Adinsi Allowanou depuis environ deux mois et n’a nullement digéré que son amante qu’il déclare bien entretenir, s’accoquine avec son rival. Il a confié qu’il l’aime vraiment et qu’il pourvoit à tous ses besoins.
En ce qui le concerne, Boni Amèkoudji, l’amant de la femme, il ne se constitue pas partie civile. Pour lui, il y a eu deux semaines d’amitié entre la fille et lui. Il a confié que c’est lui qui rendait plutôt visite à Sossou Amessinko et non l’inverse. L’accusé ne le fréquentait pas.
La lecture des pièces du dossier a permis à la présidente de la cour, Michèle Odette Carrena-Adossou de donner la parole au ministère public pour ses réquisitions.

La vengeance, jalousie meurtrière

Pour Honoré Alowakinnou, citant André Malraux, «La vengeance est douce à tous les cœurs transis, il leur en faut une...». Sossou Amessinko, rappelle-t-il, a voulu se venger. Le voilà, a-t-il confié, devant votre cour. Tout est parti, selon lui, d’une aventure amoureuse qui a suscité une jalousie meurtrière. Pour lui, les deux rivaux vivaient à Ayiguinnou, arrondissement d'Agoué, commune de Grand-Popo. Le cœur d’Adinsi Allowanou battait beaucoup plus pour Boni Amèkoudji. Armé d’un bidon contenant de l’essence et d’une boîte d'allumettes, poursuit-il, il a mis le feu à leur demeure. Il reconnait vouloir leur faire du mal ; il dit vouloir leur occasionner des blessures. Lors de l’interrogatoire au fond, il a confirmé ses propos, rappelle le ministère public.
Pour le deuxième incendie, il déclare que le feu serait venu du foyer de la vendeuse de pâte fermentée (konhoun). L’accusé, selon Honoré Alowakinnou, a soigneusement préparé son crime. Il a choisi d’attenter à la vie de son ami et de celle de leur amante commune. Il y a eu des actes préparatoires, relève le ministère public. Il n’en veut pour preuve que l’essence et l’allumette soigneusement apprêtées, a souligné le ministère public. Il ne s’est pas arrêté là, reconnaît-il encore, car il est passé à l’acte en mettant le feu. Il savait que son rival était couché avec Adinsi Allowanou. Partant donc de ces éléments constants du dossier, Honoré Alowakinnou a déduit que le crime d’incendie est constitué. Et pour lui, l’accusé Sossou Amessinko savait que des gens étaient couchés et a décidé de commettre un homicide volontaire sur eux. Il y a donc tentative d’assassinat et l’infraction d’incendie est établie en tous ses éléments constitutifs.
Parce que le casier judiciaire de Sossou Amessinko est vierge et qu’il n’est pas en état de démence au moment des faits, le ministère public a retenu qu’il est bien accessible à la sanction pénale et a requis de le condamner à 15 ans de travaux forcés et aux dépens, et ce serait justice, a-t-il retenu.
Prenant le contre-pied des réquisitions, Me Magloire Yansunnou l’avocat de la défense a expliqué que son client est un homme ordinaire alors qu’on le décrit comme un monstre. Les hommes sont généralement très jaloux. Ainsi, tous les hommes nourrissent ce sentiment et il trouve que c’est normal. « Tous les hommes nourrissent cette haine ; les femmes ne savent pas », explique-t-il.
Comme tout homme normal qui aime, il ne supporte pas de voir son rival et celle qu'il aime, se coucher ensemble. Il a donc entrepris de faire ce qu’il a fait, justifie-t-il. A suivre Me Magloire Yansunnou, le feu se propage souvent vite dans ces milieux; c’est un endroit que je connais bien ; l’on ne peut pas partir du feu de la 2e case pour dire qu’il veut assassiner ; quand la case du voisin est en feu, vous avez intérêt à l’éteindre, rappelle-t-il. «On l’a battu, il a subi des sévices de sorte que lorsqu’il était libre, il a dit la vérité. Il n’y avait pas de préméditation ; il aurait pu empoisonner puisque celui-là était son ami ; il n’y a aucune préméditation», observe la défense pour qui le ministère public ne l’a pas démontré.
Par contre, il y a eu, selon lui, incendie volontaire, il y a eu passion; obnubilé et subjugué par la passion, il n’a pu se retenir. Il faut diminuer sa peine, suggère la défense. «C’est un homme ordinaire », relève Me Magloire Yansunnou. «Vous n’avez aucun intérêt à le maintenir en détention», fait-il observer avant d’ajouter qu’il a déjà fait 4 ans. «Un an en plus et ce serait bien pour la répression ; c’est un enfant unique, essayez de ne pas l’éloigner afin qu’il s’occupe de sa mère et ce serait justice», conseille l’avocat.
Après délibérations, la cour l’a reconnu coupable des infractions mises à sa charge et l’a condamné à 10 ans de travaux forcés. Il retourne donc en prison pour environ un peu plus de 4 ans.

Société 10 avr. 2015


Assemblée nationale:La session ordinaire des adieux de la 6e législature s’ouvre demain

Les députés de la 6e législature lancent les travaux de la première session ordinaire de l’année 2015 demain jeudi 2 avril au palais des Gouverneurs à Porto-Novo. C’est leur toute dernière session qui risque de ne connaître l’examen d'aucun dossier avant l’installation des députés de la prochaine législature.

Terminus, les députés de la 6e législature descendent ! Ils amorcent le dernier virage de leur mandat constitutionnel de quatre ans qui a démarré le 16 mai 2011. Ce sera à la faveur de l’ouverture des travaux de la première session ordinaire de l’année 2015 qui s’ouvre demain jeudi 2 avril au Parlement. Cette ouverture est une exigence de la Constitution béninoise qui stipule en son article 87 que «L’Assemblée se réunit de plein droit en deux sessions ordinaires par an. La première session s’ouvre dans le cours de la première quinzaine du mois d’avril. La deuxième session s’ouvre dans le cours de la seconde quinzaine du mois d’octobre. Chacune des sessions ne peut excéder trois mois». Cette disposition constitutionnelle a été reprise in extenso par l’article 4 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
C’est donc en application de ces dispositions que les députés ouvrent solennellement demain les travaux de la première session ordinaire de cette année. Cette ouverture solennelle se fait en présence des présidents des institutions de la République, des membres du gouvernement, des membres du corps diplomatique accrédité au Bénin, des autorités religieuses et des têtes couronnées du pays. Comme par le passé, le président de l’Assemblée nationale, Mathurin Nago aura à prononcer un discours. Un discours dans lequel il se prononce sur la situation sociopolitique et économique du Bénin, de la sous-région et du monde. Son discours est très attendu. En ce sens que Mathurin Nago ne ratera certainement pas l’occasion de se prononcer sur l'actualité politique. Surtout que c’est peut-être la toute dernière fois qu’il aura l'opportunité de s'adresser à ses mandants depuis le perchoir en tant que président de l’Assemblée nationale.
Il ne manquera pas non plus de faire le bilan global de la présente législature dont il évoquera sans doute les forces et faiblesses. Ensuite, il aura à dire au-revoir à ses collègues députés avec qui il est resté à l'hémicycle certains, depuis huit ans et d’autres quatre ans. Ils vont se dire au-revoir et se souhaiter bonne chance surtout ceux d’entre eux qui sont candidats aux législatives du 26 avril prochain.
Après cette ouverture, les députés vont se quitter pour descendre sur le terrain. Ils n’auront plus la tête à examiner les dossiers avant l’ouverture de la campagne électorale. Les nombreux dossiers en instance dans leurs tiroirs et placards seront alors reversés à la prochaine législature, la 7è de l’ère du renouveau démocratique qui prendra le relais à partir du 16 mai prochain. C’est donc la session des adieux de la 6e législature qui s’ouvre demain à l’hémicycle.

Actualités 01 avr. 2015


Appui à la mésofinance:Contrat d’assistance technique signé entre Orabank Bénin et l’ABPCD

Orabank Bénin a procédé, hier jeudi 26 mars à son siège à Cotonou, avec l’Agence des banques populaires pour la coopération et le développement (ABPCD), à la signature d’un contrat d’assistance technique dans le cadre du Projet d’Appui à la Mésofinance (PAMESO). Cette cérémonie consacre officiellement le démarrage des activités de ladite banque en faveur des Très petites entreprises et des Petites et moyennes entreprises.

Le Projet d’Appui à la Mésofinance (PAMESO) vise à permettre aux Très petites entreprises (TPE) et aux Petites et moyennes entreprises (PME) d’accéder plus aisément aux services bancaires et financiers. Il est financé par l’Union Européenne et est délégué à l’Agence française pour le développement (AFD).
Avant la signature du contrat d’assistance technique du projet d’appui à la mésofinance et l’échange des documents, le directeur général d’Orabank, Rizwan Haider a tout particulièrement tenu à remercier les principaux partenaires qui ont permis sa concrétisation. Il s’agit de l’Union Européenne, de l’AFD dont l’appui technique, financier et matériel a permis, selon lui, à l’équipe technique de sa banque de procéder à la sélection d’un consultant international. La mission de ce consultant, a-t-il indiqué, est d’assister sa banque dans la création et la structuration d’une agence spécialisée dans le financement des TPE et Petites entreprises. « Depuis 2011, Orabank Bénin a développé une stratégie commerciale ambitieuse dont l’objectif principal est de lui permettre de figurer parmi les banques les plus dynamiques et les plus innovantes au Bénin », a-t-il confié, en assurant que grâce au projet PAMESO, son institution pourra bien diversifier à court terme son segment de clientèle et d’entreprises qui peinent à obtenir des financements bancaires. C’est conscient qu’aucun pays ne peut se développer sans son secteur privé, qu’Orabank Bénin a opté pour ce projet, a justifié le directeur général Rizwan Haider.

Le sens de l'engagement

Il a, par ailleurs, rappelé le processus ayant conduit à la sélection de l’ABPCD. «Orabank Bénin n’a pas l’intention de dormir sur ses lauriers», a-t-il poursuivi. Dans les mois à venir, a laissé entendre Rizwan Haider, elle ouvrira à Akpakpa son agence destinée à la mésofinance.
A sa suite, la directrice générale de l’ABPCD, Cathérine Barbero, a fait remarquer qu’Orabank Bénin l’honore de la confiance qu’elle a placée en son agence. Aussi, a-t-elle réaffirmé son engagement à signer le contrat d’assistance et à s’acquitter avec dévouement la mission qui lui a été assignée à travers l’exécution de ce projet aussi bien ambitieux pour la banque, les TPE et le développement économique du Bénin. «L’enjeu est de taille. Nous en sommes conscients et nous contribuerons à la réalisation des objectifs poursuivis dans le respect des engagements pris de part et d’autre», a-t-elle promis.
L’ambassadeur de la France près le Bénin, Aline Kuster-Ménager et la directrice de l’Agence française de développement à Cotonou, Cathérine Bonnaud, ont ensemble souligné la vision, l’ambition, ainsi que le sens de l’innovation et de l’engagement qui ont conduit Orabank Bénin à devenir partenaire du projet PAMESO dès 2013. Ce projet, ont-elles admis, appuyé par le chef de la section économique et gouvernance à la délégation de l’UE au Bénin, Rafal Lapkowski, répond à de vrais enjeux, surtout en ce qui concerne le rapport Doing business 2015 de la Banque mondiale rendu public le 29 octobre dernier. Il soulignait, malgré les progrès réalisés par 10 économies dont celle du Bénin, que l’indicateur concernant l’accès aux financements n’a lui malheureusement pas évolué. «C’est dans ce contexte et parce que les enjeux sont autant économiques, sociaux que politiques que la France à travers l’Agence française de développement et l’Union Européenne ont souhaité apporter des solutions aux TPE/PME béninoises - et se sont engagées, ensemble, autour du projet PAMESO», a insisté l’ambassadeur français.
C’est par la signature du contrat d’assistance entre le directeur général d’Orabank Bénin et la directrice générale de l’ABPCD, que la cérémonie à pris fin.

Société 27 mars 2015


Audiences au palais de la Marina:Un émissaire de Denis Sassou Nguesso reçu par Boni Yayi

Le président de la République a reçu en audience, samedi 21 mars dernier, le ministre d'Etat congolais Aimé-Emmanuel Yoka. Il a été essentiellement question de la coopération bilatérale entre le Bénin et le Congo.

«Les relations d'amitié et de coopération entre le Bénin et le Congo sont très vieilles, mais toujours fraîches, de plus en plus portées par les liens fraternels qui unissent les présidents des deux pays», a indiqué , Aimé-Emmanuel Yoka, ministre d'Etat congolais Garde des Sceaux, chargé de la Justice et des Droits humains, «Nous avons fait un bref inventaire de ces relations sur tous les plans, et réfléchi sur les voies et moyens pour les promouvoir et les diversifier autant que faire se peut, d'autant qu'il y a une importante colonie congolaise au Bénin et vice-versa» affirme-t-il. Pour l'émissaire du président Denis Sassou Nguesso, il est de la responsabilité des dirigeants des deux pays de faire en sorte que ces communautés soient totalement intégrées et se sentent comme chez elles dans leur pays d'accueil respectif.
Le président de la République a également échangé avec son ministre en charge de l'Urbanisme, Christian Sossouhounto, en compagnie des responsables des agences de maîtrise d'ouvrage délégué que sont l'AGETUR, l'AGETIP, et la SERHAU. D’abord, il a été question de l'état d'avancement du Programme d'assainissement des 77 communes lancé depuis peu. A ce sujet, la situation des villes de Sakété, Pobè, Ouidah, Bohicon a été passée au peigne fin. Avec la dernière visite effectuée auprès des institutions partenaires, à savoir la Banque ouest africaine de développement (BOAD), la Banque d'investissement de la CEDEAO (BIDC), et la Banque africaine de développement (BAD), les derniers réglages ont été effectués et les travaux sont prévus pour démarrer dans la première quinzaine du mois d'avril, notamment à Pobé et Sakété.

S'agissant du Projet d'aménagement urbain d'appui à la décentralisation (PAURAD) financé par la Banque mondiale et qui prend en compte les villes de Kandi, Parakou, Sèmè-Podji, Cotonou, Porto-Novo, Lokossa, Abomey, Bohicon, les études sont bouclées et les travaux démarreront incessamment, assure le ministre. Quant au Programme d'urgence de gestion environnementale en milieu urbain (PUGEMU), les travaux avancent également avec satisfaction.

Certains chantiers ouverts au titre de ce projet sont déjà achevés, tel que le pont de Funai. Les autres, rassure Christian Sossouhounto, avancent à un rythme soutenu et augurent d'une livraison des travaux à bonne date.
Vendredi 20 mars, le président de la République a reçu, Mgr François Gnonhossou, nouvel évêque de Dassa-Zoumé, en compagnie de Mgr Antoine Ganyè, président de la Conférence épiscopale du Bénin.

Actualités 23 mars 2015


Concours prix d’excellence 2015 Consortium Alafia :Les systèmes financiers décentralisés membres fixés sur les conditions

Les critères entrant dans le cadre du Prix d’excellence 2015 du Consortium Alafia sont désormais connus du public. Le directeur exécutif du Consortium, Ignace Dovi a présidé à cet effet, un atelier qui s’est déroulé hier jeudi 19 mars, à Cotonou devant des membres de l’association et d’un représentant du Fonds national de microfinance.

Premier prix, 1 200 000 F CFA plus certificat, 2e prix, 800 000 F CFA plus certificat, 3e prix 500 000 F CFA plus certificat puis des lots de consolation pour les Systèmes financiers décentralisés (SFD) qui y prendront part. Tels sont les prix qui ont été fixés et qui seront décernés aux SFD qui compétiront dans le cadre de l’appel à candidatures pour le concours au Prix d’excellence 2015 du Consortium Alafia. Il s’agit des prix symboliques et honorifiques qui permettent de récompenser les SFD et non leurs dirigeants.

Pour le directeur du Consortium Alafia, Ignace Dovi, un comité de dépouillement composé de spécialistes, experts et praticiens de la microfinance a été mis en place pour opérer les sélections ; un jury rassemblant des personnes ressources a également été mis sur pied dans le même cadre. Ainsi, le planning de déroulement du concours a été libellé selon un chronogramme précis. Après le lancement de l’appel à candidatures et la réception des dossiers qui s’étendent jusqu’au 30 juin 2015, débutera l’étude des dossiers par le comité en juillet 2015. Puis il y aura l’installation du jury et ses délibérations. Le directeur du Consortium Alafia fait remarquer que les délibérations sont sans recours. La récompense des meilleurs SFD, ajoute-t-il, interviendra en août de cette année.
Selon Ignace Dovi, le prix doit être pérenne et créer l’émulation au sein des SFD. Il doit s’illustrer, précise-t-il, par des indicateurs globaux et objectivement vérifiables. Ainsi, les références se rapportent aux objectifs de la micro finance et ses orientations, aux défis à relever dans le secteur, aux standards internationaux et aux bonnes pratiques reconnues dans le secteur.
En ce qui concerne les conditions de participation, rappelle-t-il, il faut être un SFD, puis être membre de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés (APSFD-Bénin), avoir au moins cinq années d’activités dans le secteur, être à jour de ses cotisations au sein de l’APSFD-Bénin et participer régulièrement à ses activités.
Quant aux domaines prioritaires d’évaluation, le directeur du Consortium Alafia a relevé la performance organisationnelle, celle financière, la performance non financière, les relations avec les membres bénéficiaires ou clients, le militantisme au sein de l’APSFD.
Sur les critères prioritaires d’évaluation, il a fait cas de la performance organisationnelle (organisation et professionnalisme du SFD pour 3 points), la performance financière pour 7 points et celle non financière pour 2 points.
En ce qui concerne les pièces à fournir, il faut compter deux exemplaires de formulaires de demande d’inscription au concours prix d’excellence APSFD-Bénin 2015, deux exemplaires du formulaire de soumission au concours APSFD-Bénin 2015 plus de preuves.
Selon Ignace Dovi, la période d’activités à considérer porte sur les trois dernières années précédant l’année de concours (2012, 2013 et 2014).
Faisant part de sa joie, le représentant du directeur du Fonds national de la Micro finance Babanonla Edenakpo a encouragé le directeur du Consortium Alafia à poursuivre sur la même lancée afin que dans une saine émulation, tous les SFD parviennent à se hisser à un bon niveau de gouvernance et un meilleur niveau de compétitivité.

Société 20 mars 2015


Pour tentative de meurtre de sa concubine :Frédéric Sacha condamné à 7 ans de travaux forcés (7e dossier)

C’est d’une affaire de tentative d’assassinat que la cour de céans a connue, hier mardi 17 mars. Les jurés Bouraïma Kochégbé, Bernardin Narcisse Marcos, Kuessi Antoine Hossou, Jean-Baptiste Damado et Firmin Gankpa (suppléant) siégeaient aux côtés de Nicolas Pierre Biao (président), Marie Adjouavi Soudé-Godonou et Wilfried Araba (assesseurs). Bienvenu Prosper Djossou officiait comme avocat général et Julien Tiamou tenait la mémoire de l’audience.

Témoins et partie civile absents à l’ouverture du procès, la religion de la cour allait-elle se faire sur la base des seules déclarations de l’accusé et des informations des pièces du dossier ? Pour Max d’Almeida, conseil de l’accusé, il ne conviendrait pas de vider une affaire aussi cruciale que la tentative d’assassinat en l’absence de la victime et des témoins ; leur présence devant permettre de confronter les versions pour en tirer la vérité des faits, soutient l’avocat. Pour qui la caractéristique essentielle de la Cour d’assises, c’est l’oralité. La cour de céans fait observer que ce n’est pas la première fois que des parties au procès, dûment convoquées, manquent à l’appel… mais qu’elles pourraient venir d’un moment à l’autre. Ce qui se vérifia puisque Marie-Claire Sacha (la jeune sœur de l’accusé) et Epiphane Gbègbé, le chef village Glo-centre, feront bien leur entrée dans le prétoire.

Quelle affaire !

Frédéric Sacha, tradi-thérapeute de son Etat, c’est l’accusé du jour. A l’évocation de son nom par le président de la cour de céans, cet ancien militaire répond présent, assis sur le banc des accusés, l’index droit rigoureusement pointé vers le ciel. La cinquantaine, il se porte à la barre, soutenu par deux béquilles. C’est qu’il est amputé de la jambe droite. La cour l’autorise à s’asseoir sur une chaise. Quand le président lui demande s’il sait pourquoi il comparaît, il répond par l’affirmative, soutient que c’est l’œuvre du diable. Mais aussi la volonté de Dieu, autrement rien ne serait arrivé, pas même l’accident qui lui a coûté sa jambe droite.
Les faits qui fondent son renvoi devant la Cour d’assises, renseignent qu’il est un tradi-thérapeute ayant offert de prodiguer des soins à l’enfant de dame Gabrielle Edith Mèhinto. Mais au cours du traitement, il fut victime d’un accident de la circulation ayant occasionné l’amputation de l’une de ses jambes. Pour continuer à prodiguer les soins à la malade, il proposa que l’enfant malade vienne habiter chez lui. Edith, avec la permission de son mari, alla s’installer au domicile de Frédéric pour être au chevet de sa fille. Mais sept mois après, la fille décéda et malgré toutes les tentatives d’Edith pour rejoindre son domicile conjugal, Frédéric s’y opposa, allant des fois jusqu’à proférer des menaces de mort et à user d’intimidation pour la contraindre à rester avec lui. Edith devint ainsi la concubine de Frédéric qui s’opposait formellement à tout contact entre elle et son ancien mari. Il soupçonnait celle-ci de continuer à voir secrètement son ancien mari à qui, selon lui, elle envoyait souvent à manger. Ils en étaient là, Edith supportant tant bien que mal les scènes quotidiennes de jalousie de Frédéric, quand dans la nuit du 24 au 25 juin 2012, Frédéric se saisit de son arme à feu de fabrication artisanale et tira sur Edith. Celle-ci reçut les projectiles au niveau des jambes et sur les parties génitales. Il rechargeait son arme pour tirer à nouveau sur sa victime lorsque Francis Akotohoto Alapini, le fils de la victime, réussit à le désarmer. Edith fut transportée d’urgence à l’hôpital de zone d’Abomey-Calavi pour les premiers soins. A l’enquête préliminaire comme devant le magistrat instructeur, Frédéric a reconnu les faits mis à sa charge mais avec beaucoup de variations. Le bulletin N°1 de son casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation mais l’enquête de moralité lui est très défavorable. L’expertise médico-psychologique et psychiatrique suggère qu’au moment des faits, aucune lésion mentale objectivable pouvant abolir le contrôle de ses actes n’a été repéré.

Que de bizarreries !

Lui, soutient qu’il connaissait dame Edith Mèhinto avant son accident et avait son contact, et que rentré de son village, il l’a appelée. C’est en le voyant dans son état post accident qu’elle le prend en pitié, lui fait savoir qu’elle envisageait déjà de divorcer de son mari et qu’elle entendait désormais s’établir avec lui, afin d’en prendre soin. Les questions de la cour finissent par incliner celui qui disait avoir connu cette dame alors qu’il était conducteur de taxi-moto (zémidjan), à reconnaître qu’il officiait comme guérisseur traditionnel, qualité qui lui a permis d’avoir à soigner Prisca, la fille de dame Edith Mèhinto au domicile de ses géniteurs, laquelle proposera plus tard, n’ayant plus d’argent pour supporter les frais, que sa fille vienne s’installer chez lui pour y recevoir les soins. Pourtant, reconnaît-il, il la savait mariée. Finalement, Prisca décédera et son père, informé, passera chercher son corps le lendemain, l’implorant de l’aider à enterrer la dépouille chez lui, car elle est le troisième enfant que sa tante lui tuait par des pratiques occultes. Lui aurait donc enterré le cadavre dans sa propre chambre… Soit, admet la cour. Mais pourquoi, après ce drame, dame Edith Mèhinto n’est-elle pas retournée auprès de son mari ? Au regard des souffrances qu’elle a endurées, elle aurait décidé de s’établir avec lui, attendant qu’il touche sa prime d’assurance pour l’accident subi, et qu’ils puissent refaire leur vie… Cet argent, Frédéric dit qu’il s’en est servi pour améliorer son logis, construisant en dur, et remettant un reliquat de 800 000 FCFA à Edith pour son commerce.
S’agissant de la nuit du drame, Frédéric martèle que c’est un accident. Qu’ayant reçu préalablement la visite de trois voleurs, il pensa à eux cette nuit-là en entendant, en pleine nuit, les grognements de ses cochons, et en croyant apercevoir deux silhouettes dans la porcherie, alors que c’est sa femme Edith qui était là. Il s’en rendra compte à son cri de détresse, suite à l’impact de la balle sur son corps. C’est alors que, soutient Frédéric, il a réveillé les enfants et envoyé l’un d’entre eux appeler un zémidjan pour la transporter à l’hôpital… A l’enquête préliminaire, il déclarait avoir eu des rapports sexuels avec sa femme deux fois cette nuit-là avant de s’endormir profondément à ses côtés au salon. Et la cour de lui demander, si à son réveil après 1h du matin et suite au bruit insolite venant de dehors, comme il le prétend, il s’est préoccupé de savoir où était la femme. Il admet alors qu’il aurait dû vérifier dans les chambres avant de s’emparer de son fusil, qu’il fait poser à côté de sa couche toutes les nuits. Cette femme, qu’il considère comme son seul espoir, il réprouve son penchant pour l’eau de vie locale (sodabi) et le lui interdit. Ce qu’elle ne semblait pas disposée à comprendre. Il ressort pourtant du dossier que lui-même en est amateur, autant que de cigarettes ou d’opium. Il assure avoir arrêté depuis.

Faux, faux, faux !

Les pièces du dossier indiquent aussi, lui signale le président, qu’il lui reprochait de continuer à faire à manger à son ex mari. Faux ! assène-t-il, autant que s’agissant d’un prêt qu’il aurait contracté auprès d’elle et qu’il n’a pas cru devoir rembourser quoiqu’ayant perçu ses primes d’assurance. Mais n’a-t-il pas confié au fils aîné d’Edith, les autres enfants de cette dernière ainsi que leur père ayant entre-temps rejoint son domicile, qu’il finirait par tuer sa mère avant de se donner lui-même la mort ? Nenni, oppose-t-il. Cette femme, il l’aimait parce qu’elle lui a redonné vie en prenant soin de lui dans sa détresse. Trop de bizarreries apparaissent à la cour dans cette affaire. Elle ne comprend pas pourquoi, ni comment il accepte qu’on enterre le cadavre de Prisca chez lui, ni comment, comme il le soutient, l’ex mari de sa concubine est venu s’installer chez lui. Que s’il doit y dormir, lui Frédéric lui cède le lit conjugal pour aller dormir auprès de ses fétiches, alors que ce même homme lui aurait laissé la femme sous prétexte d’adultère et parce qu’elle ne pouvait plus retourner chez lui… Tout ceci se faisait-il naturellement ou mettait-il à contribution lesdits fétiches ? Il assure ne pas pouvoir dire, si dans la situation qui était la sienne, les fétiches étaient à l’œuvre. Tout comme il nie à la barre être militaire contrairement à ses affirmations à l’enquête préliminaire ; mais reconnaît s’être déjà servi du fusil de son oncle pour chasser, notamment au Nigeria. Des réponses faites sur un ton qui a eu l’art d’arracher des rires réguliers à l’assistance. Habitué au maniement du fusil, il n’aura aucune gêne à montrer à la cour, le fusil placé sous scellés lui étant remis, comment il s’est positionné pour viser la cible. Mais, rassure-t-il, croyant avoir à faire à un voleur, il visait la jambe afin de l’immobiliser pour le remettre ensuite aux forces de l’ordre. Version qui ne convainc pas la cour. Elle lui rappelle qu’il a déclaré, devant le juge d’instruction, savoir que c’était bien son épouse qui sortait discrètement de la chambre. Et que la soupçonnant d’infidélité, il n’a pas pu se retenir de lui tirer dans les jambes. Frédéric ne s’y reconnaît pas. Pas plus que dans les propos selon lesquels il aurait dit à Edith qu’il lui a tiré dans les jambes parce qu’il ne voulait pas lui donner la mort, et pour qu’elle le sût afin de ne plus recommencer. Encore moins dans une quelconque tentative de tir sur sa propre mère.
La déposition de Marie-Claire Sacha renseigne la cour que Frédéric est quelqu’un de sévère, qui s’énerve parfois comme s’il ne possédait pas toutes ses facultés. Mais elle se dit surprise qu’il ait tiré sur sa femme. Pourtant, reconnaît-elle, cette dernière était allée se plaindre à elle de la menace de son frère, qui lui promettait de lui tirer dessus. En guise de conseil, elle lui avait alors répondu qu’il en est capable car il ne se possède pas.
Quant à celle d’Epiphane Gbègbé, il fait savoir que l’accusé disait reprocher plein de choses à sa femme, notamment qu’elle sortait sans son autorisation. Et que sa petite enquête autour de la personne de l’accusé lui a permis de savoir qu’il avait l’habitude de vouloir régler ses différends au fusil… D’où il déduit qu’en prétextant tirer sur un voleur, Frédéric ment, surtout qu’il ne s’est jamais plaint du moindre cas de vol, et qu’il n’élève aucunement des cochons, contrairement à ses allégations. D’ailleurs, la déclaration de la victime à l’enquête préliminaire, lue à l’audience incline à croire que c’est à l’intérieur du bâtiment que l’accusé a tiré sur elle, après lui avoir dit qu’il la tuerait avant de se suicider ensuite, et alors qu’elle tentait de s’enfuir. Mais renseigne aussi que Frédéric ne lui a jamais fait de reproche sur le fait qu’elle fréquente d’autres hommes…

Faut-il le croire ?

Frédéric a-t-il vraiment voulu assassiner Edith ? C’est la conviction de l’avocat général. Qui relève que l’accusé soupçonnait régulièrement sa concubine d’adultère. Que, s’il n’a pas réussi à tuer Edith cette nuit-là, à 1h du matin alors que tout le monde dort, ce n’est point parce qu’il ne l’a pas voulu mais parce que son dessein n’a pas prospéré car il a minutieusement préparé son acte, et s’est bien résolu à en finir avec elle. Pour Julien Tiamou, c’est le fils de la victime qui a réussi à arracher l’arme à Frédéric. Lequel, a reconnu à l’enquête préliminaire qu’il n’a pu se retenir, s’est rétracté à la barre, insinuant que ses déclarations lui ont été extorquées. Trouvant une similitude entre les versions de l’enfant et du chef village, Julien Tiamou conclut que l’accusé n’a même pas manifesté la volonté d’aider sa victime blessée, signe de sa détermination à en finir, ce que ne saurait effacer la dénégation systématique qu’il a affichée à la barre. Au contraire, le fait que l’arme du crime trône tout le temps à ses côtés est perçu comme un indice de sa volonté d’attenter à la vie de la victime, relève l’avocat général. Ainsi l’accusé a certainement agi par jalousie, en visant notamment le sexe de sa victime comme pour tout gâter, elle qui d’après lui sort trop sans son autorisation, retient Julien Tiamou. Tout ceci prouvant à suffire qu’il connaît le maniement des armes, même s’il soutient finalement, contrairement à des déclarations antérieures, qu’il n’est pas un ancien militaire.
Au total, l’avocat général est convaincu de la culpabilité de l’accusé. Il bat en brèche, par avance, les thèses de légitime défense, de tentative de coups mortels, et requiert que la cour condamne Frédéric à la peine de 15 ans de travaux forcés.
Avis contraire de Me Max d’Almeida. Pour l’avocat de l’accusé, la justice n’est pas la vengeance. Mettant l’accent sur la fragilité de l’accusé, consécutivement à son accident, il met en doute qu’il ait planifié d’attenter à la vie de sa compagne Edith. Relevant que Frédéric a, d’après les constances du dossier, toujours son arme à côté, qu’il a été chasseur, Max d’Almeida retient que le plan ourdi avec froideur, soutenu par l’avocat général, n’est qu’imaginaire. Il est par contre d’avis avec le ministère public que la jalousie est bien en cause dans ce dossier, son client ne supportant certainement pas sa nouvelle condition et supportant encore moins que l’ex, le rival, vienne toujours roder. Dans un tel état, l’homme peut basculer rapidement, soutient-il, insistant pour convaincre la cour que Frédéric n’est pas ce criminel que l’on a dépeint. Mieux, s’il a bien tiré, il n’a pas visé les parties vitales mais les jambes…En clair, en présence de passion, de colère, il faut écarter la préméditation conseille Max d’Almeida, convaincu cependant que son client mérite punition. Mais pour coups et blessures volontaires plutôt. Aussi plaide-t-il la disqualification du chef d’accusation de tentative d’assassinat en coups et blessures volontaires, et implore-t-il le pardon de la cour. Pardon que lui a sans doute déjà accordé Edith, qui l’aime beaucoup et qui est allée le voir plusieurs fois en prison. Pardon pour cet homme qui, craintif, s’emmure dans un système de dénégation, pas par souci d’échapper à la punition, mais plus par peur. C’est pourquoi Max d’Almeida en appelle à une extrême clémence de la cour à l’égard de son client. Lequel, appelé à se prononcer en dernier, y va de sa demande de pardon aussi. Seront-ils entendus ?
La cour, dans le secret de son délibéré, a retenu que Frédéric Sacha est plutôt coupable de tentative de meurtre, les faits ayant été disqualifiés, et l’a condamné à la peine de 7 ans de travaux forcés ainsi qu’aux frais de justice, la durée de la contrainte par corps étant fixée à trois mois.
Mis sous mandat de dépôt depuis le 27 juin 2012, il retourne donc en prison pour un peu plus de cinq ans encore

Société 18 mars 2015


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