Secteur de la Défense au Bénin: Une modernisation profonde en cours

Par Ariel GBAGUIDI,

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De nouveaux matériel et équipements militaires sont acquis pour parer à toute menace

Sous le régime Talon, le secteur de la Défense est marqué par plusieurs réformes ayant permis un maillage intelligent du territoire national et un renforcement des capacités opérationnelles des Forces armées béninoises.

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Une armée moderne capable de faire face aux défis actuels. Le gouvernement béninois porte cette problématique à cœur et s’investit depuis 2016 afin de continuer à préserver la quiétude des populations. Ces dernières années, plusieurs réformes ont marqué le secteur de la Défense au Bénin, en cohérence avec le contexte géopolitique et géostratégique actuel caractérisé par trois types de menaces qui pèsent sur le pays à savoir : le terrorisme et l’extrémisme violent, la piraterie et les actions illicites en mer et les actes de sabotage sur les sites névralgiques et autres.
« Face à cette situation, les Forces de défense et de sécurité ont réfléchi sur plusieurs scénarii. Premièrement, nous avons effectué le renforcement du maillage sécuritaire de notre territoire et des mutations et transformations profondes ont eu lieu. Au niveau de l’Armée de terre par exemple, au lieu d’avoir huit bataillons interarmes (unités qui partagent des lignes de responsabilités avec des frontières de pays voisins), nous avons désormais quatre bataillons… Donc, pour le maillage sécuritaire, on a redéployé les choses de manière à quadriller le pays pour que toutes sortes de menaces soient cernées…», a expliqué le porte-parole de l’Armée béninoise, colonel Didier Ahouanvoédo.
C’est dans cette même logique que la Garde nationale a été créée par le gouvernement à travers la loi n°2020-15 du 03 juillet 2020 modifiant et complétant la loi n°90-016 du 18 juin 1990 portant création des Forces armées béninoises (Fab), votée par l’Assemblée nationale. Cette nouvelle force est la 4e composante des Fab et va travailler avec les autres composantes en leur prêtant main forte en cas de besoin dans la lutte contre le terrorisme et pour le maintien de l’ordre, en synergie d’actions.
Au niveau sectoriel, les hôpitaux d’instruction des Armées de Cotonou et de Parakou qui étaient sous la tutelle du ministère de la Défense sont passés sous celle du ministère de la Santé publique. « Ces hôpitaux ont été érigés en centres hospitalo-universitaires. A ce titre, ils doivent recevoir des étudiants en fin de formation et effectuer des recherches. Mais leurs plateaux techniques ne sont pas très reluisants. C’est pour corriger cette insuffisance qu’ils ont été mis sous la tutelle du ministère de la Santé publique. Ils ont désormais le rang des hôpitaux départementaux de zone. Donc, ils pourront bénéficier des mêmes subventions que les hôpitaux de zone et leurs plateaux techniques seront enrichis par l’achat d’équipements. Toutefois, le personnel est toujours sous le contrôle des Fab en liaison avec le ministère de la Santé », note le porte-parole de l’Armée.

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Renforcement d’effectifs

Le personnel militaire a été étoffé en 2019 et 2020. Tout récemment encore, 1 500 soldats ont été recrutés dont 500 sur titres. Parmi ceux-ci, il y a des instructeurs, des infirmiers et bien d’autres. L’objectif de ce recrutement est de combler les vides au sein du personnel. « Il y a des spécialistes qui doivent aller à la retraite d’ici deux à trois ans. Ça va créer un vide. Ce recrutement de 1 500 soldats est réservé à l’Armée de terre », précise le porte-parole. Aussi, le mode de recrutement au sein des forces de défense et de sécurité a changé depuis 2016. « Autrefois, c’est une simple course, pour hommes et femmes, qui conduisait à un recrutement dans l’Armée. Aujourd’hui, nuance-t-il, c’est un processus à quatre étapes. Il faut désormais avoir le Bepc. Une fois que vous êtes sélectionnés sur dossier, vous allez passer un test écrit, ensuite, la course d’endurance et enfin, la visite médicale. Cette histoire de 13e département, où les gens ne couraient pas du tout et pouvaient se retrouver parmi les nouvelles recrues, est révolue depuis 2016. Quiconque tente de le faire s’expose à des sanctions graves » clarifie colonel Didier Ahouanvoédo.

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La femme mieux lotie

La promotion du genre prend aussi place au sein de la grande muette. A l’instar de plusieurs structures de l’Etat, l’Armée s’est dotée de sa cellule genre. « Nous faisons la promotion du genre et veillons aux principes d’équité et de justice dans le traitement des affaires concernant le personnel féminin. On les a impliquées dans toutes les activités et elles s’efforcent de s’adapter… », informe le colonel Didier Ahouanvoédo.
Le Bénin a perdu des soldats sur le théâtre de la lutte contre le terrorisme. En guise de reconnaissance à leur sacrifice, le gouvernement a introduit un projet de loi à l’Assemblée nationale pour prendre en charge les victimes de cette crise. « Non seulement des hommages leur seront rendus mais ils seront aussi promus au rang supérieur et leurs ayants droit vont bénéficier d’un certain nombre d’avantages jusqu’à l’âge de 21 ans », détaille le porte-parole de l’Armée. « Je crois qu’avec ces mesures, plus le capital décès qu’on va leur accorder, ajoute-t-il, on a vraiment pris en charge le personnel. Cela a renforcé leur courage, leur adhésion à l’Armée et leur vocation à vaincre l’ennemi partout où cela sera nécessaire », souligne-t-il.
De même, un projet de loi sur la prévoyance militaire est en cours. Il permettra à l’Armée de bénéficier d’un fonds de prévoyance afin de régler les problèmes sociaux liés au personnel militaire. Pour le colonel Didier Ahouanvoédo, une telle loi est importante « car, lorsque le moral d’une troupe n’est pas au beau fixe, l’on ne peut pas attendre d’elle des résultats probants ».

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L’Armée mieux équipée

Aujourd’hui, les Forces armées béninoises sont mieux équipées pour faire face aux menaces. En 2016, lorsque le régime du président Patrice Talon prenait le pouvoir, « le taux de réalisation » en équipement majeurs, notamment automobiles, était de « 17 % ». Mais grâce au plan triennal d’équipements, ce taux a été porté à « 51 % ». A travers le Programme d’action du gouvernement 2021-2026, secteur Défense, des équipements sont attendus et ils porteront ce taux à « 75 % ». « Avec un taux comme ça, toute unité à qui une mission sera assignée aura le plaisir de l’exécuter sans grande difficulté », assure le colonel Didier Ahouanvoédo.
Des réformes sont aussi intervenues pour le renforcement des capacités des personnels militaires. A cet effet, les formations notamment en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme ont été accrues dans les différentes composantes.
Autre point important à souligner au titre des réformes, c’est le transfert du camp Guézo de Cotonou vers Allada. Les nouvelles infrastructures construites aux standards internationaux dans la cité de Adjahouto permettent au personnel militaire de travailler dans un cadre plus aéré, sécurisé et propre, et qui rehausse l’image de l’Armée béninoise?