Secteur de l’artisanat: Les métiers traditionnels menacés de disparition refont surface

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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Plusieurs métiers de l’artisanat menacés de disparition font l’objet d’une grande attention dans le département de l’Atacora. C’est dans ce cadre qu’un certain nombre d’artisans initiés aux petits métiers de l’artisanat pour pérenniser la tradition ont reçu leurs parchemins à Natitingou, au cours d’une cérémonie en présence des autorités préfectorales.

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Onze artisans formés aux métiers traditionnels menacés de disparition sont prêts à les pérenniser dans le département de l’Atacora. À l’initiative de l’Organisation non gouvernementale Bénin culture développement et amitié (Bcda), plusieurs métiers traditionnels de l’artisanat généralement passés aux oubliettes sont remis au goût du jour dans le département de l’Atacora. Il s’agit des métiers de tissage, de tannage, de teinture, de confection de vêtements traditionnels, de vannerie, de poterie.
Ces métiers abandonnés causeraient des préjudices aux générations futures si rien n’est fait. Véronique Docquegnies, la coordonnatrice de l’Ong Bénin culture développement et amitié (Bcda), précise que l’urbanisation, l’exode rural, l’agriculture extensive et intensive, le désintérêt des jeunes pour leur culture séculaire, le manque d’attrait apparent pour des métiers traditionnels pour des raisons de rendement financier faible et parfois la pénibilité du travail constituent les causes de l’abandon de ces petits métiers de l’artisanat. La coordonnatrice de l’Ong Bcda note que tout cela contribue à l’abandon des savoirs traditionnels qui pourtant n’ont jamais causé de grands dégâts sur l’environnement. Car les artisans et praticiens ne prélèvent généralement que ce qui leur est nécessaire au fur et à mesure et connaissent l’importance de permettre une régénérescence des ressources naturelles pour en disposer suffisamment de façon permanente.
L’initiative de l’Ong Bcda vise ainsi à donner la main aux nouveaux artisans pour pérenniser ces métiers dans leurs différentes localités. En plus de la formation aux métiers, les stagiaires ont reçu des notions de gestion de base pour ainsi leur permettre d’envisager leur activité avec de meilleures chances de la pérenniser. Bdca œuvre à la sauvegarde de ces métiers traditionnels pour ainsi donner la chance d’un premier emploi aux bénéficiaires sélectionnés dans la plupart des communes de l’Atacora, pour participer à ladite formation au cours de la période de février à juin.

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Sortir de la précarité

Grâce à cette formation, indique Andeli N’Dah, « nous sortirons de notre précarité et nous promettons d’être à la hauteur des espoirs placés en nous. Notre souhait est que l’Ong et son partenaire nous aident encore pour notre installation ».
Selon Michel Nahouan, directeur exécutif de ladite Ong, c’est grâce à la disponibilité des personnes-ressources qui ont accepté de partager leurs connaissances avec la jeune génération que ce processus dont l’une des finalités est la préservation de ces métiers menacés, a pu aboutir. «?Il est évident aujourd’hui que dans notre milieu, bien des savoirs disparaissent, bien des connaissances s’évanouissent et nous avons pensé qu’il est nécessaire d’y réfléchir et d’établir des passerelles pour qu’entre jeune génération et anciens détenteurs de ces savoirs la discussion puisse s’instaurer et que des savoirs puissent être préservés?», a expliqué Michel Nahouan. Il s’agit d’une aventure dans laquelle sa structure s’est lancée avec beaucoup de conviction pour aboutir à une contextualisation des pratiques artisanales enclines à la disparition.
Maguidi Kora Gbéré, chargé de mission du préfet de l’Atacora, note qu’un défi vient d’être relevé. Cela corrige, selon ses dires, une injustice à l’endroit des ancêtres en ce qui concerne la préservation et la pérennisation des métiers ancestraux. L’impact de cette initiative est qu’elle va contribuer à la réduction du taux de chômage dans l’Atacora. «?Les années et mois à venir nous permettront d’espérer de nouveaux artisans qui pourront faire la promotion de nos réalités parce que notre culture doit résister à la modernité et c’est à travers ces initiatives?», souligne le chargé de mission du préfet de l’Atacora.

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