Sécurité sanitaire des aliments: Réduire l’usage des produits phytosanitaires

Par Alexis Meton,

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La consommation d’aliments sains est nécessaire pour le bien-être humain. C’est pourquoi les producteurs sont sensibilisés à l’effet de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires dans la production agricole.

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Les producteurs doivent réduire l’usage des produits phytosanitaires dans la production agricole. C’est l’une des recommandations des organisations de la société civile opérant dans la région nord du Bénin. La célébration de la journée internationale de la sécurité sanitaire des aliments à Natitingou a été une occasion pour la plupart des acteurs de la chaîne alimentaire de sensibiliser les producteurs d’une part, et d’attirer l’attention des consommateurs sur la qualité des aliments qui se retrouvent généralement dans leurs assiettes d’autre part.
Le panel de discussion autour du thème ‘’Consommer des aliments sans danger : les risques d’intoxication alimentaire dans l’Atacora et les mesures de prévention à adopter’’ a permis aux différents participants de faire le point de la pratique culturale à travers quatre communications. La première porte sur le bilan des intoxications alimentaires dans l’Atacora et les mesures de prévention. La deuxième est relative à la comparaison des analyses des produits et présentation des solutions pour éviter les intoxications alimentaires, la troisième renseigne sur les risques sanitaires liés à l’utilisation de produits phytosanitaires sur les cultures vivrières et enfin les alternatives agroécologiques aux intrants chimiques.
Dans un contexte de propension d’usage des produits phytosanitaires tels que les pesticides, les engrais chimiques…, le seul souhait des consommateurs est de manger sans se soucier d’éventuels risques sur leur santé. Et c’est à cela que les organisations de la société civile travaillent à travers la sensibilisation des agriculteurs. Comme alternative, ils doivent utiliser désormais des fertilisants biologiques qui sont aussi efficaces et permettent d’obtenir les mêmes rendements, selon Bienvenu Chabi Adjé, chercheur à l’Université d’Abomey-Calavi, producteur et distributeur de produits fertilisants écologiques et biologiques. Alternative agricole durable, c’est la solution proposée aux producteurs pour limiter l’impact des produits phytosanitaires sur la santé des consommateurs. Ce sont, selon ses dires, des techniques de fertilisation basées sur des éléments naturels.

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Production biologique durable, une alternative

« Lorsque nous exposons nos cultures vivrières aux pesticides et produits phytosanitaires, il y a une contamination directe de ces produits que nous consommons. Et en les consommant, nous les bioaccumulons dans nos organes respectifs à savoir le foie et les reins et aussi dans tout le système organique », soutient Dr Inès Guédénon, écotoxicologue. Ces éléments accumulés n’étant pas indispensables au système physiologique de l’organisme, ils font partie de la causalité complexe de la survenue des pathologies comme l’hépatite, l’insuffisance rénale… ajoute-t-elle. A titre d’exemple, l’écotoxicologue mentionne qu’il y a plusieurs gens qui ne sont pas des fumeurs, mais qui, du jour au lendemain, ont des hépatites, et on n’arrive pas à s’expliquer à la survenue de ces pathologies. Elle relève aussi des cas d’insuffisance rénale fréquents chez les citoyens liés à l’exposition aux produits chimiques. « Nos consommables sont contaminés. En tant que consommateurs, c’est à nous d’orienter le producteur en demandant la source des productions. Cela les oblige à aller vers une culture alternative, c’est-à-dire l’agroécologie, une transition très souhaitable, pour nous permettrea d’être en bonne santé », préconise la spécialiste.
Le constat laisse perplexe en matière de contamination des aliments provoquée généralement par les produits phytosanitaires. Elle est à la base de la souillure de l’eau utilisée pour le jardinage par les maraîchers… Il y a lieu que les acteurs se mobilisent pour changer de paradigme en promouvant un système alimentaire durable et la consommation locale, conseille Anselme Dabiré, directeur pays de l’Ong Iles de paix. La production conventionnelle prend le pas sur celle biologique, mais il faut travailler à aller vers le bio pour mieux se porter. Anselme Dabiré souligne la nécessité pour les acteurs de se mettre ensemble pour faire des plaidoyers vers les autorités. A cet effet, l’élaboration du document stratégique pour la production écologique et biologique est en cours. «C’est quand même un grand pas que le gouvernement fait dans ce sens. Il y a une prise de conscience certaine de la part du gouvernement. Il faut que les autres acteurs fassent le pas pour atteindre les résultats escomptés», a expliqué Anselme Dabiré, directeur pays de l’Ong Iles de paix.