Semaine des frontières béninoises: Raviver le sentiment d’appartenance à la nation

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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Dans sa politique nationale de développement de ses espaces frontaliers, le Bénin ne souhaite plus que l’on parle seulement de démarcation de lignes et de barrières, mais de lignes et de frontières comme une passerelle. C’est ce qui justifie la célébration de la semaine des frontières béninoises du 7 au 15 juin. Agrémenté par diverses activités, l’évènement est à sa huitième édition.

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Décrétée par le Bénin, la célébration de la Semaine nationale des frontières est partie de celle de la Journée africaine des frontières instituée depuis 2010, par la Commission de l’Union africaine, le 7 juin de chaque année. Au lieu d’une journée, le Bénin en a décidé ainsi pour valoriser ses espaces frontaliers et rassurer les populations qui les occupent de la présence de l’Etat. La semaine qui a démarré, lundi 7 juin dernier, avec la pose de la première pierre du fumoir de Kambouwo Tounga, dans l’arrondissement de Garou, commune de Malanville, prend fin demain mardi 15 juin.
Au nombre des activités programmées dans le cadre de cette semaine, il y a eu la formation organisée à l’intention des acteurs en charge de la gestion quotidienne de la frontière entre le Bénin et le Niger par l’Agence béninoise de la gestion intégrée des espaces frontaliers (ABeGIEF), mardi 8 juin dernier à Gaya, à Malanville. La frontière entre ces deux pays étant beaucoup plus fluviale, on a opté pour une démarcation numérique fondée sur les 154 points que la Cour internationale de justice a définis pour ce qui concerne la partie du fleuve Niger. Désormais, les forces de défense et de sécurité, sans oublier les autorités locales également présentes à cette rencontre, savent utiliser les spatio-cartes. Avec la montée des menaces terroristes, les trafics de toutes sortes sont menés sur ce fleuve. Il faut donc que les différents acteurs puissent maîtriser leurs limites territoriales afin de permettre la mise en place d’un cadre de concertation entre les forces de défense et de sécurité, à l’issue de la formation.
Toujours dans le cadre de la célébration de cette semaine, l’ABeGIEF a également procédé, mercredi 9 juin dernier, à l’inauguration d’un ensemble d’infrastructures sociocommunautaires à Pèrèrè. Il s’agit de modules de salles de classe et des logements pour les enseignants dans plusieurs villages de la commune qui sont frontaliers au Nigeria.

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Gestion intégrée

A Natitingou jeudi dernier, il y a eu un atelier de sensibilisation des acteurs locaux sur la sécurité face aux menaces djihadistes du côté de la frontière du Burkina Faso, avec comme cibles les populations de Matéri et de Tanguiéta. La commune de Savalou, quant à elle, était à l’honneur vendredi avec le lancement d’une campagne de dépistage des maladies du sang.
En effet, après avoir été abandonnées, les populations présentes au niveau des espaces frontaliers béninoises ont besoin d’être prises en compte. Le développement du Bénin ayant été entamé à partir du niveau central au détriment de ses périphéries abandonnées et oubliées, avec une absence totale de l’Etat, il urge de procéder autrement. C’est ce que le gouvernement a compris, à travers la gestion intégrée des espaces frontaliers du pays, celle qui met ensemble toutes les politiques de développement, qu’il s’agisse de la politique sociale, sécuritaire, de la décentralisation et de déconcentration. L’objectif, selon le chef du département de la coopération transfrontalière à l’ABeGIEF, Youssoufou Adam, est de faire en sorte que les populations concernées aient le minimum social commun et puissent bénéficier des infrastructures sociocommunautaires indis-pensables. C’est pour que ces populations aient le sentiment qu’elles appartiennent également à une nation.

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