Serge Boya, photojournaliste: «?Nous sommes le reflet du passage des chefs d’État?»

Par Alexis METON  A/R Atacora-Donga,

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La journée mondiale de la photographie, célébrée le 19 août de chaque année, passe presque inaperçue au Bénin où très peu d’acteurs savent qu’une journée est même dédiée à la photographie. Photojournaliste en activité depuis environ dix-huit ans, Serge Boya évoque la complexité de ce métier qu’il exerce toutefois avec passion et amour.

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L’importance du photojournalisme n’est plus à démontrer malgré la complexité du métier. Il est complexe à cause des risques éventuels que tout photojournaliste court dans l’exercice de sa profession. C’est ce que pense Serge Boya, photojournaliste. Dans le cadre de la journée mondiale de la photographie célébrée chaque 19 août, il explique le rôle que joue le photojournaliste. Il constitue, selon ses dires, la mémoire des chefs d’État, et à ce titre, les photojournalistes méritent bien une attention particulière. «?Que nos gouvernants sachent que les photographes sont le reflet et le souvenir de leur passage, de ce qu’ils font au quotidien et à ce titre, que le photographe ait sa place lors des manifestations officielles?», a indiqué Serge Boya.
L’environnement de travail du photojournaliste est aujourd’hui vicié et le développement de la technologie fait de la plupart des gens de potentiels opérateurs de prise de vues à l’aide des téléphones intelligents qui envahissent le marché. De ce point de vue, Serge Boya estime que les photographes professionnels qui vivent de ce métier sont de moins en moins sollicités. Ce métier ne pourra plus résister au temps à cause de l’usage des téléphones androïdes, pense-t-il.
Dans cet univers, le photojournaliste ou le photographe professionnel ne sera utile que pour les institutions telles que les ministères, les ambassades, note-t-il. «?La photographie est une passion pour moi. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le métier que j’avais connu au départ?», indique-t-il. Aujourd’hui, avec les nouvelles technologies, on n’est plus appelé à être sur le front tous les jours, fait savoir Serge Boya. Il revient à tout photojournaliste qui s’adonne à ce métier de se battre pour se faire connaître, vu que le métier est aujourd’hui relégué au second rang, contrairement à ses débuts. «?Mais toujours est-il que le photographe a sa place à un certain niveau. Certaines personnes savent qu’avec les photographes professionnels, il y a une touche particulière. C’est la raison pour laquelle elles nous sollicitent, mais elles ne sont pas nombreuses?», a souligné Serge Boya.
S’adressant à ceux qui aspirent à devenir photojournalistes, Serge Boya les invite à s’armer de courage et de détermination. Ils ne peuvent évoluer dans cet univers que s’ils travaillent à se faire un nom. «?Ceux qui viennent, je vais leur demander de se battre pour se doter de matériel…?», indique-t-il. «?Tous ceux qui aspirent à devenir photojournalistes doivent se battre. Tout ce que j’ai eu comme matériel, je l’ai eu à la sueur de mon front. Au départ, il y a dix-huit ans que je suis entré dans ce métier, je me suis battu pour me faire connaitre. J’achète le matériel pour rester à la pointe de la technologie. Ce qui fait que je dis qu’un photographe professionnel est appelé à être partout?», conseille-t-il.

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Pour plus de considération aux photojournalistes

Il garde un bon souvenir de ses activités dans d’autres pays et plaide pour plus de considération aux photojournalistes au Bénin. Le souvenir le plus vivace, c’est celui de la campagne électorale d’Obiang N’Guema à laquelle il a pris part avec la presse internationale. «?Déjà à l’aéroport, vous n’allez pas imaginer l’accueil depuis notre arrivée et durant tout notre séjour?», se rappelle Serge Boya. «?C’est ce qui manque dans mon pays, le Bénin. Sur les manifestations officielles, on n’est pas considéré, pas du tout?», déplore-t-il. «?Je souhaite que désormais, tout photojournaliste qui vient sur une activité, muni de sa carte de presse, qu’on puisse l’aider et lui faciliter le travail?», a suggéré le photographe du ministre d’État et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, qui s’est donné pour tâche de prendre la photo des hautes personnalités depuis des années, équipé de matériel adéquat à cet effet.