Série télévisuelle ‘’C‘est la vie’’: Un vibrant plaidoyer pour l’autonomisation de la femme

Par Maryse ASSOGBADJO,

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L’autonomisation de la femme n’est pas possible sans la planification familiale, moyen efficace pour son bien-être et celui de la famille. Les acteurs de la promotion de la santé reproductive et les institutions qui œuvrent pour le bien-être familial ne se lassent pas de marteler ce message. Et pour cause, en Afrique, la mortalité et la morbidité maternelle restent élevées, du fait des déficiences du système de santé, des naissances rapprochées et des grossesses précoces chez les adolescentes. Toutes choses qui hypothèquent la vie de la femme et son autonomisation, car pour exercer des activités génératrices de revenus, encore faudrait-il qu’elle soit bien portante. D’où la nécessité pour la gent féminine d’être maîtresse de sa santé reproductive, à savoir choisir le moment et le nombre d’enfant qu’elle souhaite avoir. Considérée comme un puissant moyen de lutte contre les décès maternels, la planification familiale reste encore inaccessible à de nombreuses femmes et jeunes filles. De même, les besoins en la matière ne sont pas pleinement satisfaits. Il n’est pas surprenant que parmi les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), les objectifs 4 (réduire d’ici à fin 2015 la mortalité infantile de 2/3) et 5 (réduire d’ici à 2015 la mortalité maternelle de 3/4 et augmenter l’accès aux soins de santé de la reproduction) sont ceux pour lesquels les résultats sont insuffisants par rapport à l’horizon 2015 et aux niveaux initiaux de 1990, malgré les progrès réalisés. Ils concernent les vies des femmes, des enfants et nouveau-nés. La mauvaise qualité des soins a été notamment identifiée comme une cause majeure des mauvais résultats liés à la santé de la mère et de l’enfant en Afrique. L’Afrique en matière de mortalité maternelle représente en effet 57% des décès maternels qui surviennent dans le monde.

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C’est la vie

C’est dans le but de combler ce déficit qu’intervient, entre autres interventions de santé à haut impact, le Fonds français Muskoka. Mis en place pour une durée de 5 ans (décembre 2011-novembre 2016), il s’agit d’un partenariat entre le ministère français des Affaires étrangères et du Développement international et quatre agences des Nations Unies (OMS, UNICEF, UNFPA et ONUFemmes). Le Fonds français Muskoka a pour but d’accélérer la lutte contre la mortalité maternelle, néonatale et infantile à travers le renforcement des systèmes de santé de 10 pays d’Afrique subsaharienne franco­phone et Haïti, au nombre des pays qui portent encore le fardeau de la mortalité maternelle dans le monde. Au Bénin, grâce à ce fonds, 20 245 femmes supplémentaires ont pu accé­der à une méthode de contraception et à l’acquisition de moyens de contraception, rien qu’en une année.
Cet engagement fort en faveur de l’accès à la santé des enfants, des femmes, des adolescentes et jeunes, indissociable de la promotion active de l’égalité des sexes et de l’auto­nomisation des femmes, s’est récemment traduit par la série ‘’C’est la vie’’ produite grâce à l’appui dudit Fonds Muskoka et diffusée sur des chaînes de télévision comme TV5 et Afrique+. Cette série se veut un puissant outil en faveur du droit pour tous à l’accès aux soins, et sensibilise pour l’amélioration de la qualité des soins, l’accès équitable aux soins obstétricaux, néonatals et infantiles ainsi qu’aux pratiques familiales essentielles. Il s’agit d’un outil de communication pour prévenir les violences basées sur le genre, les mariages précoces synonymes de grossesses non désirées et précoces, et promouvoir l’accès à un service de santé convivial notamment en matière reproductive, surtout à l’endroit des adolescentes et jeunes.
A travers des scénarios qui restituent les problématiques qui constituent en Afrique des obstacles à l’égalité des sexes, à la planification familiale, etc. la série ‘’C’est la vie’’ est un vibrant plaidoyer pour l’autonomisation de la femme.
Cette série télévisuelle met, entre autres, en exergue les difficultés auxquelles les jeunes et adolescentes sont confrontées pour accéder aux services en matière de santé de la reproduction dont la convivialité doit être de mise, selon les experts, pour attirer cette couche de la population; les goulots d’étranglement sociaux, notamment la résistance des hommes face à la planification familiale, les rapports de force au sein du couple préjudiciables à la femme en l’occurence à sa santé sexuelle et reproductive ; les effets de la pauvreté, notamment pécuniaire, etc. sont autant de thématiques passées au peigne fin. Il s’agit d’un support qui vient soutenir les efforts visant à éviter des décès maternels, une riposte pour l’élimination de ces décès maternels évitables en Afrique. Mais aussi de l’inégalité des sexes à laquelle se heurtent des millions d’adolescentes obligées de se soumettre à des mariages forcés puis, résultante de leur statut de mariées, aux relations sexuelles forcées et aux grossesses précoces. Les filles mariées avant la maturité, sont vulnérables à la violence sexuelle et à des relations sexuelles sous contrainte qui ont des répercussions néfastes sur leur santé.
Suivant un ton comique et une scénographie ludique, la série ‘’C’est la vie’’ a clairement indiqué les clés de l’autonomisation féminine, à savoir, la capacité de choisir, d’opérer librement ses choix. Et ce, en montrant la difficulté pour celles qui le souhaitent, de bénéficier de soins en santé de la reproduction, d’utiliser les moyens modernes de planification familiale. Les messages qui sont véhiculés à travers ce film laissent clairement entrevoir que la santé maternelle, la planification familiale, est au cœur de l’autonomisation de la femme, participe à l’atteinte de tous les Objectifs du Millénaire pour le développement, et demeure également le moyen le plus efficace pour vaincre la pauvreté et préserver les vies des femmes.

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La santé et la vie en jeu

Les problèmes de santé sexuelle et procréative continuent d’accabler l’existence et de tuer des millions de femmes et de filles. Chaque jour, 800 femmes dont la plupart sont jeunes meurent à cause de complications évitables liées à la grossesse et à l’accouchement, principalement en Afrique au sud du Sahara. 200 millions de femmes dans les pays en développement n’utilisent pas une méthode moderne de contraception efficace alors qu’elles souhaiteraient prévenir une grossesse. Conséquence directe de cet état de choses, c’est 80 millions de grossesses non désirées, 30 millions de naissances non planifiées et 20 millions d’interruptions non médicalisées de grossesses qui surviennent chaque année dans les pays déjà pauvres où chaque année, 16 millions d’adolescentes donnent naissance et où la mortalité maternelle est la cause principale de décès pour ce groupe d’âge. Cause de pérennisation des cycles de pauvreté, ces problèmes consacrent également la violation des droits humains. Autant de défis qui ne peuvent-être relevés, au-delà de l’appui des partenaires techniques et financers, que par le renforcement du leadership et l’engagement politique en faveur de l’accès universel à des prestations de services de la santé de la reproduction. Il suffirait de regarder la série ‘’C’est la vie’’ pour se convaincre davantage de ce que la vie de la femme est exposée à moult aléas qui ne favorisent ni l’épanouissement des cercles familiaux, ni le développement des nations.