Session du Comité national de protection de l’enfant: Des solutions contre la violation des droits des mineurs

Par Maryse ASSOGBADJO,

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La première session du Comité national de protection de l’enfant au titre de 2020 s’est tenue, ce jeudi 18 juin à Cotonou. Les échanges ont permis d’identifier des solutions adaptées à la protection des enfants.

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La problématique de la protection de l’enfant est au cœur de la première session du Comité national de protection de l’enfant au titre de 2020. La rencontre qui s’est ouverte ce jeudi, a permis aux acteurs de s’informer mutuellement sur leurs différentes activités et de favoriser une synergie d’actions ainsi qu’une meilleure gestion des ressources.
« Il sera question pour les acteurs de faire le bilan de la mise en œuvre des activités au niveau de chaque acteur, d’identifier et d’analyser les difficultés en vue d’apporter des approches de solutions », souligne Véronique Tognifodé Mèwanou.
C’est en 2014 que le Conseil des ministres a adopté la Politique nationale de protection de l’enfant. Depuis ce temps, le gouvernement initie des interventions visant à protéger tous les enfants. Ces interventions ont favorisé l’adoption du « Code de l’enfant en 2015 en tant qu’instrument clé de protection des droits des mineurs face à la justice, l’opérationnalisation du système d’information et de collecte des données ainsi que l’opérationnalisation de la ligne d’assistance aux enfants, gratuite et anonyme pour la dénonciation des cas de violences faites aux enfants », apprécie François Kampundu, représentant résident adjoint de l’Unicef au Bénin.
Toutefois, beaucoup reste à faire afin que le Bénin puisse disposer d’un système de protection des enfants pleinement opérationnel. Se référant aux données de l’Enquête démographique de la santé 2017-2018, il relève la prévalence des violences faites aux enfants dont le taux reste encore à 91 %. Le mariage infantile demeure également une préoccupation. « Les mariages avant 15 ans et 18 ans affectent respectivement une et trois filles sur dix », se désole-t-il.
Les violences se sont accentuées avec la pandémie actuelle. « Les statistiques au niveau global alertent sur les risques accrus des cas de violences contre les enfants dans tous les pays affectés par le Covid-19. Au Bénin, les cas alarmants mis en lumière sur les réseaux confirment cette tendance », relève-t-il.

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Actions coordonnées

La question des violences envers les enfants reste alors un défi et son caractère multisectoriel dans la réponse oblige les acteurs à unir leurs forces. Le représentant résident adjoint de l’Unicef indique quelques pistes dans ce sens : « Il importe de coordonner les actions pour une meilleure efficacité dans l’offre de services aux enfants ».
Il plaide en faveur de la mise en place du Secrétariat du Comité national de protection des enfants pour un meilleur suivi des sanctions et des réponses multisectorielles effectives aux cas de maltraitances dénoncés au niveau de la Ligne d’assistance aux enfants.
Le Comité national de protection de l’enfant, instrument de mise en œuvre de la Politique nationale de protection de l’enfant, veillera sans doute à donner une suite à ce plaidoyer.
Selon Véronique Tognifodé Mèwanou, ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, « ce comité promeut la collaboration entre l’Etat, les Organisations de la société civile et les partenaires techniques et financiers en vue de rechercher des solutions innovantes pour l’optimisation des ressources et la mutualisation des moyens ».
L’objectif, indique le ministre, « est qu’à l’horizon 2025, tous les enfants au Bénin vivent dans un cadre familial communautaire et institutionnel, exempts de toutes formes de violence, abus et exploitation à leur égard et où tous les acteurs sont mobilisés et participent à leur protection dans une approche intégrée ».
Ce challenge peut être relevé avec la Ligne d’assistance aux enfants (Lae), accessible au numéro 138 et dont le bilan au bout de trois mois s’est révélé très prometteur.