Situation alimentaire au Sahel et en Afrique de l’Ouest: Les mesures du dispositif régional de gestion des crises

Par Claude Urbain PLAGBETO,

  Rubriques: Environnement |   Commentaires: Aucun


Les membres du dispositif régional de Prévention et de gestion des crises (Pregec) se sont penchés, les 17 et 18 juin derniers, sur la situation alimentaire et nutritionnelle préoccupante au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Des recommandations sont formulées en vue d’atténuer les effets qui se font ressentir dans toute la région et particulièrement dans les zones de conflit.

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Face à la situation alimentaire et nutritionnelle au Sahel et en Afrique de l’Ouest, il y a urgence pour les Etats de développer de nouvelles stratégies de mobilisation des financements afin de faciliter la mise en œuvre des plans nationaux de réponses ou de riposte. C’est l’une des recommandations de la réunion restreinte du dispositif régional de Prévention et de gestion des crises alimentaires (Pregec) au Sahel et en Afrique de l’Ouest, tenue les 17 et 18 juin derniers en présentiel à Cotonou et en mode virtuel.
La situation demeure préoccupante dans l’ensemble des pays sahéliens et le Nord du Nigeria affectés par l’insécurité civile liée aux conflits armés et le banditisme.
Les longues séquences sèches de la campagne agricole en cours occasionnent des déficits hydriques pour les cultures dans certaines localités des pays du Golfe de Guinée et perturbent l’installation des semis dans la bande sahélienne. Cet état de choses fait craindre une aggravation de la situation déjà marquée par la persistance de la hausse généralisée des prix des produits vivriers locaux (maïs, mil, sorgho, riz local, niébé, arachide, soja, sésame et huile de palme), malgré les bons niveaux de production agricoles enregistrée à l’issue de la campagne 2020-2021.
Les efforts devront également porter sur la surveillance acridienne, la lutte contre la chenille légionnaire d’automne et le renforcement des capacités d’intervention des agences en charge du suivi des inondations, de la réduction des risques de catastrophes et des aides humanitaires, estime le Pregec. Le Comité inter-États de lutte contre la sécheresse au Sahel (Cilss), la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), sont appelés à appuyer les pays de la ligne de front à savoir le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Tchad, le Burkina Faso et le Sénégal, dans ce sens.
Le dialogue régional en faveur de la mobilité transfrontalière du bétail devra être poursuivi. En fait, la situation pastorale est caractérisée par un allongement de la période de soudure avec le retard observé dans la mise en place de la biomasse herbacée. Aussi, la transhumance en direction des pays d’accueil, notamment le Bénin, le Togo, la Côte d’Ivoire et le Ghana, demeure-t-elle difficile. Les fortes concentrations dans les zones paisibles entrainent une surexploitation des ressources pastorales disponibles. Toutes choses qui appellent à l’aménagement des espaces pastoraux pour une meilleure production fourragère et ainsi le maintien des animaux le plus longtemps dans leurs terroirs d’attache.
Par ailleurs, le dispositif du Pregec suggère aux pays d’investir résolument dans la prévention et la prise en charge de la malnutrition pour renverser les tendances observées, y compris la prise de mesures spécifiques en vue d’un retour rapide au fonctionnement normal des centres de santé.

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