Situation alimentaire et pastorale: Les vulnérabilités et les défis en Afrique

Par Maryse ASSOGBADJO,

  Rubrique(s): Actualités |   Commentaires: Commentaires fermés sur Situation alimentaire et pastorale: Les vulnérabilités et les défis en Afrique


Le nombre de personnes ayant besoin d’aide alimentaire immédiate a doublé en 2019. L’alerte a été donnée lors de la 35e réunion du réseau des préventions des crises aimentaires tenue le 9 décembre dernier. La situation agropastorale et des marchés était également au cœur des assises.

LIRE AUSSI:  Retour de l’Etat dans le secteur industriel: Le gouvernement dévoile ses ambitions

La question nutritionnelle est très critique en Afrique de l’Ouest. La faim a plus que doublé dans seize pays africains en fin décembre 2019, portant le nombre de personnes ayant besoin d’aide alimentaire à 9,4 millions avec la montée de l’insécurité et des violences intercommunautaires. La situation demeure préoccupante avec la persistance de fortes prévalences de malnutrition aiguë, supérieures au seuil d’alerte (10 %) notamment au Niger, au Mali, au nord-est du Nigeria. La crise sécuritaire a entraîné la fermeture de nombreux centres de santé et d’écoles dans plusieurs localités.
Le Niger, le Nigeria et le Burkina- Faso sont les trois pays les plus touchés par la crise, soit au total 6,7 millions de personnes touchées par la faim. Dans le même temps, renseigne le Réseau de prévention des crises alimentaires (Rpca), « l’insécurité a provoqué une forte augmentation du nombre de personnes déplacées hors de leur foyer, accentuant la pression sur les ressources alimentaires et la désorganisation des moyens d’existence locaux comme les marchés ».
La situation pastorale a meublé également la réunion des experts du Rcpa. Elle n’est pas du tout reluisante pour certains pays de la bande sahélienne tels que le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad. Outre les difficultés d’accès à certains pâturages en raison de la crise sécuritaire, ces insuffisances fourragères entraînent une forte concentration du bétail dans quelques zones sécurisées inhabituelles, ainsi qu’un départ précoce à la transhumance.
Le Réseau recommande aux gouvernements des pays concernés « d’anticiper le déclenchement des mécanismes d’atténuation préconisés, y compris le pré-positionnement des stocks d’aliments bétail dans les zones à forts déficits fourragers et celles d’accueil ».
S’agissant des marchés, le Rpca relève que leur « fonctionnement demeure fortement perturbé par l’insécurité civile, la recrudescence du grand banditisme mais aussi la fermeture par le Nigeria de ses frontières avec le Bénin et le Niger ». Les prix des céréales et des denrées locales demeurent élevés en Gambie, au Liberia et en Sierra Leone en raison de la persistance de l’inflation. Ces facteurs fragilisent davantage les moyens d’existence des populations vulnérables ainsi que leur accès aux aliments et aux services sociaux de base, aggravant ainsi leur vulnérabilité alimentaire et nutritionnelle.
Sur le plan international, la plupart des pays sahéliens et ouest-africains restent dépendants des importations des produits de base, en particulier le riz et le blé.
Quelques pays enregistrent cependant des baisses de production comparativement à la production de la campagne dernière, notamment la Gambie (-13 %), le Niger (-7 %), le Sénégal (-4 %) et la Sierra Leone (-10 %)

LIRE AUSSI:  Accusé de confiscation de biens d’autrui au Tribunal de Parakou: Aboubacar Yaya absent, l’audience reportée