Situation des établissements de crédit de l’Umoa en 2020: La qualité du portefeuille améliorée malgré la Covid-19

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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L’activité des établissements de crédit a poursuivi sa croissance dans l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa) l’année dernière, en dépit de la pandémie de Covid-19. La qualité du portefeuille des assujettis s’est légèrement améliorée, selon le Rapport annuel 2020 de la Bceao.

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Le total de bilan du système bancaire a progressé de 5953,8 milliards F Cfa (+14,4 %) pour atteindre 47 212,4 milliards F Cfa à fin décembre 2020 (contre 41 258,6 milliards en 2019). C’est ce qui ressort du Rapport annuel 2020 de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao).
L’activité des établissements de crédit a ainsi poursuivi sa croissance. La qualité du portefeuille des assujettis s’est même améliorée, en dépit de la pandémie de Covid-19. Cette amélioration représente 0,5 point de pourcentage, sur la base du taux brut, pour se fixer à 11,0 %, précise le document. Ce qui consolide la solvabilité du secteur bancaire avec un ratio se situant au-dessus de l’exigence minimale de 9,5 % fixée par le Conseil des ministres de l’Union.
A fin décembre 2020, l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa) compte 152 établissements agréés, dont 131 banques et 21 établissements financiers à caractère bancaire. Les emplois se sont établis à 41 055,7 milliards F Cfa en 2020, soit une croissance de 5152,7 milliards F Cfa représentant une hausse de 14,4 % par rapport à 2019.
Les crédits à la clientèle se sont accrus de 1682,7 milliards, soit + 7,3 %, notamment ceux à long terme. Les titres de placement sont également en augmentation de 2447,9 milliards soit une progression de 29,9 %. Les emplois bancaires sont composés à 59,9 % de crédits à la clientèle et 40,1 % par les autres emplois, contre respectivement 64,0 % et 36,0 % en 2019.

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Ressources en hausse

Suivant la même tendance, les ressources se situent à 38 333,4 milliards F Cfa à fin décembre 2020, soit un accroissement de 5203,7 milliards représentant une hausse de 15,7 % par rapport à l’année antérieure. Cette progression émane notamment de la hausse concomitante des dépôts et emprunts (+4.660,2 milliards), des fonds propres nets (+409,0 milliards) et des diverses autres ressources (+134,6 milliards).
La banque de détail reste dominante dans l’Union : les ressources sont constituées à 84,8 % de dépôts de la clientèle, 10,8 % de fonds propres nets et 4,4 % des autres ressources. En fait, les fonds propres effectifs de l’ensemble du système bancaire de l’Umoa sont estimés à 2591,9 milliards à fin décembre 2020 contre 2873,4 milliards un an plus tôt. Les risques pondérés sont évalués à 22 383,0 milliards contre 24 865,1 milliards en 2019. Le ratio moyen « fonds propres sur risques pondérés » s’élève à 11,6 % au 31 décembre 2020, soit un niveau quasi-stable par rapport à 2019.
La trésorerie des banques et établissements financiers est en amélioration, le déficit structurel s’étant atténué de 51,1 milliards pour ressortir à -2722,4 milliards.

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8,1 % de dégradation au niveau des Sfd

Le secteur de la microfinance de l’Umoa a poursuivi son dynamisme en 2020. Mais contrairement au secteur bancaire, l’année 2020 est marquée par une détérioration de la qualité du portefeuille des crédits des Sfd, en raison de l’impact de la crise sanitaire sur les activités des clients de ces institutions financières.
Les créances en souffrance sont ressorties à 133,9 milliards à fin décembre 2020 contre 96,4 milliards au 31 décembre 2019, soit un taux brut de dégradation du portefeuille des Sfd de l’Union de 8,1 % (contre 6,5 % en 2019) par rapport à l’encours des crédits. Cette hausse se situe largement au-dessus de la norme de 3 % généralement admise dans le secteur. Ce qui appelle à la poursuite des actions visant l’assainissement du secteur de la microfinance, la modernisation des outils de supervision des activités de microfinance et la maîtrise des menaces auxquelles sont confrontés les Sfd.
L’Umoa compte 521 systèmes financiers décentralisés (Sfd) disposant de 4299 points de services à fin décembre 2020 contre 4258 un an plus tôt. Le nombre de leurs clients ressort à 15,9 millions à fin 2020 contre 13,6 millions à fin 2019, soit une progression de 16,9 %.

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