Situation des filles au Bénin: Poursuivre les actions de protection

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

  Rubrique(s): Droits et devoirs |   Commentaires: Commentaires fermés sur Situation des filles au Bénin: Poursuivre les actions de protection


A l’instar de la communauté internationale, le Bénin a célébré ce mardi 11 octobre la Journée internationale des droits de la Fille proclamée par les Nations Unies en décembre 2011 à travers la résolution 66/170. Durant cette dernière décennie, plusieurs investissements ont été réalisés par les autorités béninoises pour protéger les filles et leur garantir un avenir meilleur.

LIRE AUSSI:  Code de l’information et de la communication: Un texte ambitieux qui pourrait être encore amélioré

« Notre temps est venu, nos droits, notre avenir », c’est sous ce thème qu’a été célébrée l’édition 2022 de la Journée Internationale des droits des filles. Cette journée donne l’occasion d’évaluer les efforts fournis pour la protection et la promotion des droits des filles et de réfléchir sur les défis.
Cette dernière décennie, le Bénin a enregistré des avancées considérables en matière de protection des filles. Le cadre législatif a été renforcé avec l’adoption de nouvelles lois qui punissent plus sévèrement les différentes formes de violences faites aux femmes et plus particulièrement les abus faits aux mineures. Le plus récent, c’est la promulgation de la loi du 20 décembre 2021 portant dispositions spéciales de répression des infractions à raison des sexes des personnes et de protection de la femme en République du Bénin dans laquelle même les relations amoureuses entre un enseignant et son apprenante sont formellement interdites dans le but de maintenir les filles à l’école. Outre les mesures législatives, le gouvernement, avec l’appui de ses partenaires, déploie des investissements pour la scolarisation des filles et leur maintien à l’école et offre une deuxième chance à celles déscolarisées afin d’assurer leur autonomisation professionnelle. « En plus des mesures d’exonération des frais de scolarisation des filles, le gouvernement par le biais du ministère des Affaires sociales et de la Microfinance, déploie le projet de l’Autonomisation des femmes et du dividende démographique (Swedd) qui assure l’offre gratuite de kits scolaires à de milliers de filles issues des ménages pauvres depuis 3 ans, la formation et l’offre gratuites de kits d’installation à 5460 filles déscolarisées et l’insertion professionnelle de 1200 filles diplômées sans emploi sur le territoire national », a précisé Véronique Tognifodé, ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, lors de son message officiel prononcé à la veille de la célébration de la JIFi. Elle évoque également le déploiement à grande échelle de la Campagne Agbazatché dans les collèges et lycées et la création de 770 espaces sûrs dans les 77 communes pour sensibiliser les filles aux comportements à risques et les thématiques de la vie courante. Mais au-delà des lois des efforts restent à faire pour garantir aux filles, une éducation intellectuelle et morale, leur bien-être physique et mental, et les protections nécessaires pour mener une vie sans risque de violence.

Droits et devoirs

Tant d’inégalités !

Les statistiques des violences, injustices et inégalités subies par les filles par-delà le monde demeurent déplorables malgré les efforts enregistrés dans plusieurs pays. « Au cours de ces dix dernières années, les filles ont eu davantage d’occasions de faire entendre leur voix sur la scène mondiale. Pourtant, les investissements dans les droits des filles restent limités et les filles continuent de faire face à une myriade de défis pour réaliser leur potentiel, une situation aggravée par les crises simultanées du changement climatique, du Covid-19 et des conflits humanitaires », a relevé le secrétaire général de l’Onu à l’occasion de la dixième édition de la Journée internationale des filles. Selon les chiffres des agences spécialisées de l’Organisation des Nations Unies, jusqu’à 10 millions de filles seront exposées au risque de mariage précoce. Un risque accentué par les effets profonds de la pandémie de Covid-19 en raison d’une combinaison de chocs économiques, de fermetures d’écoles et d’interruptions des services de santé reproductive. En outre, les filles sont fortement victimes d’exploitation sexuelle. Sur le plan éducationnel, près de la moitié des écoles primaires des pays les moins avancés ne disposent pas de toilettes distinctes pour filles et garçons. Dans les pays à revenu intermédiaire et élevé, seulement 14 % des filles meilleures élèves en sciences ou en mathématiques peuvent espérer travailler dans les domaines des sciences et de l’ingénierie, contre 26 % des meilleurs élèves masculins… Pour inverser la tendance, les Nations Unies encouragent à amplifier le leadership, les actions et l’impact des filles qui font bouger les lignes en partageant leurs histoires de vie quotidienne pour stimuler les filles. De même, il faudra promouvoir les femmes influentes et compétentes dans tous les secteurs d’activités et dans les instances de décisions. L’Onu invite les responsables gouvernementaux, les décideurs politiques et les parties prenantes à réaliser des investissements plus ciblés pour lutter contre les inégalités dont sont victimes les filles, notamment en ce qui concerne l’accès aux services de santé mentale et de soutien psychosocial face aux conflits, aux migrations forcées, aux catastrophes naturelles et aux effets du changement climatique.

LIRE AUSSI:  Secteur de la Justice: Des greffiers en chef rétrogradés