Situation socioéconomique : Le ton monte dans le rang des confédérations syndicales

Par zounars,

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Les centrales et confédérations syndicales ont tenu ce mardi 6 décembre à Cotonou, un meeting avec les travailleurs pour dénoncer ce qu’ils appellent « les dérives » du gouvernement. Ils n’entendent pas reculer et promettent des actions musclées les jours à venir pour mieux se faire entendre.

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Ils étaient des centaines de travailleurs à prendre d’assaut ce mardi matin l’enceinte de la Bourse du Travail à Cotonou. Vêtus de rouge pour la plupart, ils ont répondu à l’appel des centrales et confédérations syndicales. L’atmosphère était surchauffée. Les messages affichés sur les banderoles placées ça et là décrivent bien le malaise dans le rang des travailleurs remontés contre le pouvoir en place. Avant même le démarrage de la rencontre, les commentaires sur l’actualité allaient bon train, avec des chansons, cris hostiles et autres piques à l’endroit du gouvernement. Cette rencontre est la première du genre depuis l’avènement du régime de la Rupture. Non loin, à quelques mètres de la clôture de la Bourse du Travail, se trouve une rangée de policiers venus visiblement empêcher toute marche, parce qu’il avait été agité dans l’opinion qu’il s’agissait d’une marche. Les secrétaires généraux des confédérations et centrales syndicales ne tarderont pas à faire leur apparition.

Tour à tour, les représentants des syndicats des structures et secteurs touchés par les réformes de ces derniers mois vont prendre la parole pour dépeindre face aux micros et caméras la situation qui prévaut à leur niveau. « Nous disons non à la liquidation ordonnée de la Sonapra », lance le représentant des travailleurs de la Société nationale pour la promotion agricole (Sonapra). Il dit ne pas comprendre pourquoi on veut les mettre au chômage alors que la Sonapra est « un bras opérationnel de l’Etat ». «Cela ne se passera pas !», rejette-t-il.
Célestin Agbazé, représentant des travailleurs de l’Office national d’appui à la sécurité alimentaire (Onasa), abonde dans le même sens et signifie que les emplois sont aussi menacés avec la liquidation annoncée de la structure. « Nos enfants et nos familles vivront de quoi ? », demande-t-il, dénonçant par ailleurs la note du gouvernement en date du 1er décembre dernier qui interdit tout décaissement dans les sociétés appelées à disparaître.
Didier Dosseh, secrétaire du Syndicat national des travailleurs du développement rural (Synatrader) déplore, pour sa part, le licenciement en cours de 1045 agents de l’Office national de soutien des revenus agricoles (ONS). Une situation fâcheuse qui, d’après lui, ne devrait laisser personne indifférent. «Nous ne sommes pas contre les réformes au ministère de l’Agriculture mais nous sommes contre la privatisation à outrance», nuance Didier Dosseh. La conséquence, projette-t-il, c’est que le maïs et autres vivres coûteront chers.
Les étudiants et les femmes des différents marchés ne sont pas du reste. Boris Aké, responsable d’une organisation estudiantine, est venu apporter son soutien à l’événement. « La situation socioéconomique du pays est critique », regrette-t-il. Il décrie la suspension des activités des structures faitières des étudiants. « Il faut que la mobilisation continue », préconise Boris Aké.

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Autres récriminations

La mesure qui vise à casser certaines boutiques dites dans l’emprise du domaine public est mal vue des femmes des marchés qui trouvent qu’elle n’a aucune vision prospective.
Pis, elles estiment que l’application de cette décision mettra en difficulté assez de familles en cette période de fin d’année sensée être propice au commerce.
Les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales en rajoutent aux récriminations et annoncent des actions pour contraindre les dirigeants à prendre en compte la situation sociale dans leurs décisions. Des revendications de travailleurs non satisfaites, des licenciements des employés des sociétés d’Etat, des dossiers au port et à l’aéroport, de la fermeture d’organes de presse, ils ont critiqué les huit mois de gestion du gouvernement de la Rupture. « Les armes que nous avons utilisées pour faire partir l’autre sont encore aux vestiaires », menace Dieudonné Lokossou, secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes (CSA-Bénin). Le secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (CGTB), Pascal Todjinou, quant à lui, annonce aux travailleurs qu’il y aura des marches dans les tout prochains jours, non pas seulement à Cotonou mais à travers tout le pays. Pour Pascal Todjinou, seule la détermination des travailleurs peut amener le gouvernement à reculer.
Noël Chadaré, secrétaire général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (Cosi-Bénin), trouve que les motivations des réformes sont ailleurs. « Plusieurs de ces réformes ont pour but d’affaiblir l’Etat au profit du privé », avance le syndicaliste. Il regrette que l’Etat ne prenne pas en compte le social dans ces réformes.
Les syndicalistes entendent maintenir la pression par tous les moyens sur le gouvernement afin qu’il puisse revenir sur certaines décisions aux conséquences fâcheuses?