Suivi environnemental du Port autonome de Cotonou : Enabel met à disposition du matériel de laboratoire

Par La Redaction,

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Dans le cadre du suivi environnemental du Port autonome de Cotonou, l’Agence belge de développement (Enabel) et l’Institut de recherche pour le développement (Ird) ont doté sa plateforme de matériel de laboratoire. La remise dudit matériel, vendredi 3 décembre dernier, sur le site du laboratoire dans la zone de la plateforme portuaire à Cotonou, marque le lancement des activités du laboratoire.

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La Plateforme portuaire de surveillance environnementale (Ppse) démarre ses activités. Leur lancement a eu lieu à la faveur de la remise de matériel de laboratoire de suivi des espèces exotiques envahissantes par l’Agence belge de développement (Enabel) au Port autonome de Cotonou.
Cette dotation en matériel, explique Jean-François Michel, représentant résident de Enabel au Bénin, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Projet d’appui au développement du secteur portuaire (Pasport) qui est le pilier 2 du portefeuille 2019-2022 de la Coopération belge. Son objectif, poursuit-il, est d’améliorer la compétitivité du port de Cotonou. L’ambition d’Enabel est d’appuyer les acteurs économiques « à assumer leur responsabilité environnementale », souligne-t-il. L’acquisition du matériel et de petits équipements, fait-il savoir, coûte un montant de 140 000 euros, soit près de 92 millions F Cfa.
Entre autres activités du projet, le représentant résident d’Enabel au Bénin, fait mention du suivi de l’impact des activités portuaires sur l’environnement dont la pollution et les nuisances. Le Pasport s’intéresse aussi au suivi du respect des conventions internationales relatives à la problématique de l’environnement. Jean-François Michel a cité diverses conventions dont celle de Montego Bay qui fait obligation aux Etats de prendre « toutes les mesures nécessaires pour prévenir, réduire ou maîtriser l’introduction intentionnelle ou accidentelle d’espèces étrangères ou nouvelles pouvant provoquer des changements considérables ou nuisibles ». «Toutes ces conventions imposent au Bénin et aux acteurs économiques dont le port de s’engager dans la surveillance et la gestion des espèces exotiques envahissantes », a-t-il indiqué.

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Les dégâts des espèces envahissantes

Les espèces envahissantes sont responsables de la propagation globale de maladies telles que le choléra ou les fièvres virales Chikungunya, Zika ou la dengue. Ces maladies, a signalé Jean-François Michel, ont déjà provoqué des dégâts considérables sur certaines cultures vivrières et industrielles en Afrique. Rapportant une étude locale menée au Pac, Jean-François Michel a noté que « les rongeurs envahissants sont responsables de près de 60 000 euros (ndlr : plus de 39 millions F Cfa) par an de dégâts sur le riz importé et stocké dans les entrepôts ».
Abondant dans le même sens, Arlette Tchabi, représentant du directeur du Pac, a soutenu que les espèces exotiques envahissantes ont des conséquences dramatiques sur la santé humaine, vétérinaire et sur la biodiversité. « Plusieurs espèces de rongeurs et moustiques nuisent à la santé et à la qualité des conditions de travail des acteurs portuaires », a-t-elle illustré. Au-delà, elles peuvent engendrer des dégradations importantes et coûteuses des installations.
Face à l’ampleur des dégâts, Arlette Tchabi, a estimé que la Ppse fournira des expertises aux acteurs portuaires et para-portuaires pour veiller à ce que leurs activités ne génèrent pas « d’invasions biologiques ». «Ces expertises aideront à une surveillance pérenne et à des alertes précoces à travers la production des données d’écologie et de taxonomie provenant des campagnes de terrain mais aussi l’utilisation d’outils de génétique, de sérologie et de microscopie », a-t-elle fait savoir.
Pour sa part, Prisca Assogba, représentante du directeur de l’Ecole polytechnique d’Abomey-Calavi (Epac) a salué la collaboration entre le Pac et Enabel, l’Institut de recherche pour le développement (Ird), et d’autres partenaires, qui a abouti à la mise en place de la Ppse. Alliant recherche et action, cette plateforme contribuera aussi, selon elle, à la formation des jeunes étudiants en Licence, master et doctorat sur les questions liées aux invasions biologiques.
Il faut noter que la mise en service de la Ppse a été accompagnée de la signature d’une convention de subside avec l’Ird pour un montant de 148 000 euros, soit 97 millions 88 mille F Cfa. Elle a pour objet la prise en charge des frais de la recherche opérationnelle et les bourses d’études sur le suivi de quatre types d’espèces envahissantes.

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Par Alain ALLABI