Sujets brûlants de l’actualité: Le porte-parole du gouvernement se prononce

Par Ariel GBAGUIDI,

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Wilfried Léandre Houngbédji

Secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji est intervenu, le dimanche 6 juin, sur « L’actualité au peigne fin », une émission spéciale de la télévision nationale. A l’occasion, il est revenu sur des sujets ayant nourri l’actualité nationale ces derniers jours dont, entre autres, les annonces phares du discours d’investiture du président Talon, la formation du nouveau gouvernement sans le ministère de la Communication et de la Poste dont plusieurs structures relèvent désormais, dit-il, du ministère du Numérique et de la Digitalisation.

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Le second mandat du président Patrice Talon se fonde sur un nouveau crédo : « Liberté, démocratie et bonne gouvernance ». Sur la télévision nationale, le secrétaire général adjoint et porte-parole du gouvernement est revenu sur cette devise en rappelant la juste compréhension que les Béninois doivent en avoir. D’après Wilfried Léandre Houngbédji, le président Patrice Talon a observé à l’occasion du quinquennat écoulé que le souci de remettre la bonne gouvernance au cœur de l’action publique a commencé par porter ses fruits. Et parce que les résultats ont commencé par être de plus en plus visibles, dit-il, le chef de l’Etat pense qu’il faudrait désormais allier à la liberté et la démocratie chèrement acquises en 1990, une troisième valeur qui est la bonne gouvernance.
Lors de son discours d’investiture, le président Talon a annoncé que son mandat sera hautement social. Là aussi le porte-parole du gouvernement explique ce que l’on devrait comprendre par mandat hautement social. « Quand il dit que le mandat va être hautement social, c’est faire en sorte que toutes les actions, tous les projets et programmes qui sont mis en œuvre par le gouvernement aboutissent réellement et impactent notre vie au quotidien», explique Wilfried Léandre Houngbédji. « Et ce qui ne va pas changer, ajoute-t-il, c’est que le souci de la bonne gouvernance restera présent au cœur de l’action du gouvernement ; ce qui ne va pas changer, c’est que la dynamique impulsée depuis cinq ans va être maintenue. Les résultats qui ont commencé par être visibles, vont se faire de plus en plus amples… ».
L’absence des deux anciens chefs d’Etat béninois, Boni Yayi et Nicéphore Soglo, à l’investiture du président Talon et celle des autres chefs d’Etat en exercice dans les pays amis et frères, étaient également au menu de l’entretien. S’agissant des anciens chefs d’Etat béninois, le porte-parole du gouvernement fait savoir que leurs cartons d’invitation ont été envoyés conformément à la pratique républicaine en la matière. « Le chef de l’Etat Patrice Talon s’est assuré que les cartons leur ont été transmis parce que nous aspirons à bien faire les choses et les querelles (…) ne peuvent pas surplanter la République…», assure-t-il. Concernant les présidents des pays voisins, frères et amis, le porte-parole du gouvernement indique qu’il n’est qu’une pratique africaine que d’inviter des chefs d’Etat à la cérémonie d’investiture, sinon cela ne répond à aucune norme diplomatique ou protocolaire. « C’est la raison pour laquelle ayant décidé de mettre le Bénin sur les rails du développement, de nous amener à faire les choses convenablement, déjà en 2016, le président Talon n’avait pas invité et cette année il n’y en a pas eu, et nous espérons bien qu’au-delà du président Talon, cette pratique va continuer… », souhaite-t-il.
Quelques jours après sa prestation de serment, le président
Talon a publié la liste des membres de son premier gouvernement. Pas de jeux de chaises majeurs. La seule logique qui explique le maintien au poste de la majorité des membres de l’ancien gouvernement, selon Wilfried Léandre Houngbédji, « c’est cet engagement sans limite au service du Bénin ». Il ajoute que les réformes majeures ont commencé par produire des résultats et le chef de l’Etat a considéré que changer l’équipe dans sa grande partie, il y aurait quelque part, une sorte de recommencement de l’œuvre car, les nouveaux venus, quelle que soit leur intelligence, auront un temps d’adaptation avant de prendre vraiment le rythme. Ce qui, pour le président Talon, aurait été du temps perdu pour le Bénin et pour les Béninois.

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Ministère de la Communication

Avec Wilfried Léandre Houngbédji, la question de la suppression du ministère de la Communication et de la Poste est passée au peigne fin. Là-dessus, il est à retenir que le secteur de la Communication est placé dorénavant sous la tutelle du ministère du Numérique et de la Digitalisation dirigé par Aurélie Adam Soulé Zoumarou. « La conséquence est que les médias de service public sont sous l’autorité » de ce ministère, éclaire-t-il.
S’agissant du développement des médias, il rappelle que la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) devrait prendre le relais en devenant le principal interlocuteur, l’autorité de tutelle des organes de presse. « Il n’en demeure pas moins que dans l’immédiat, formellement, le secteur de la Communication est sous le ministère du Numérique et de la Digitalisation en attendant que la Haac voit avec ses acteurs et les professionnels des médias, la meilleure façon de gérer ce qui vient… ». Après ce rappel, le porte-parole du gouvernement dit avoir « le sentiment que cette réforme est un acte fondateur d’une nouvelle dimension de la liberté de la presse au Bénin ». Et à l’en croire, il s’agit là d’un acte politique fort du moment où les choses sont faites en sorte que le gouvernement, directement, ne soit plus forcément celui qui imprime le rythme aux médias, et de cette façon les médias pourront beaucoup plus se développer, s’émanciper. Il croit que les vertus de cette annonce seront suffisamment appréciées dans les années à venir. De son analyse, dans l’immédiat, c’est un inconnu et la peur de l’inconnu, la peur du lendemain, touche beaucoup.
Mais il n’y avait pas que ces sujets au menu de cet entretien qui a duré près de 50 min. Entre autres, la révocation du maire de Bantè, les dossiers Madougou et Aïvo pendants devant la justice, la question de la dette, la vaccination contre la Covid-19 et la polémique liée aux poubelles aux normes de la Société de gestion des déchets et de la salubrité du Grand Nokoué (Sgds-Gn), ont été épluchés. Au sujet de l’achat des poubelles dites homologuées, Wilfried Léandre
Houngbédji rappelle que ce qui est dit, c’est l’obligation d’avoir une poubelle qui correspond aux standards de la société et non d’avoir une poubelle achetée à 25 000 F Cfa. Pour répondre à cette exigence de la Sgds-Gn, il suggère par exemple que les ménages d’une même maison peuvent s’organiser pour acheter une poubelle homologuée et en faire usage ensemble. « La société ne s’en plaindrait pas si elle rentre dans une rue et qu’elle a 100 habitations mais qu’il y a 70 ou 80 poubelles qui recueillent les ordures de toutes les habitations. Une réflexion consisterait par exemple dans une maison où il y a 10 locataires, que ces locataires s’entendent pour prendre une poubelle de 25 000 F Cfa et la mettent au portail. Si dans la rue on voit un pâté de maisons et que deux, trois, quatre propriétaires de maison décident de se mettre ensemble pour prendre une poubelle homologuée pour que les habitants de ces maisons y déposent leurs ordures, cela ne gênerait pas la société… », explique le porte-parole du gouvernement. Dans tous les cas, ajoute-t-il, ce qui préoccupe, c’est d’avoir un réceptacle convenable pour que les ordures ne se dispersent plus n’importe comment et que les agents de la Sgds-Gn ne deviennent pas des balayeurs des ordures des ménages.