Systèmes financiers décentralisés: Des engagements pour réduire l’exclusion financière au Bénin

Par Josué F. MEHOUENOU,

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L’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Bénin (Consortium Alafia) a tenu, vendredi 27 août dernier à Cotonou, son assemblée générale. A cette occasion, il a été rappelé aux institutions de microfinance leur rôle dans le développement économique et combien elles doivent concilier obligation de résultats et respect des textes régissant leur secteur.

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L’année 2020 a été particulière pour l’ensemble des acteurs des Systèmes financiers décentralisés (Sfd) au regard du contexte en lien avec la crise sanitaire de la Covid-19. Mais les Sfd membres du Consortium Alafia ont su dans l’ensemble montrer leur résilience. « La bataille contre Covid-19 n’est pas encore gagnée. En continuant d’unir nos efforts, nous sommes sûrs d’avoir des lendemains meilleurs », a indiqué, optimiste, Clément Yadonta, président du Conseil d’administration de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Bénin (Apsfd). 2020 a été une année plus particulièrement difficile pour le Consortium Alafia, convient-il. Selon lui, la crise sanitaire a rendu difficile la réalisation de plusieurs actions planifiées. Mais tout n’aura pas été que du fiel. Nonobstant le contexte difficile, l’association professionnelle a réalisé de bonnes performances retracées dans les différents rapports examinés au cours des travaux de cette assemblée générale.
Par exemple, en matière de représentation des Sfd membres et la défense des intérêts collectifs, l’association professionnelle a mené des plaidoyers au niveau régional avec la faîtière des associations professionnelles sur l’amendement de la nouvelle loi uniforme réglementant la microfinance dans la zone Uemoa, le vote d’une Loi-cadre qui détermine les obligations des parties relatives à une activité de crédit et le régime des responsabilités en cas de non remboursement, et l’amélioration des conditions des Sfd. Au niveau national, pour une meilleure collaboration entre les communes et les Sfd, des actions ont été également menées, rappelle Clément Yadonta. Dans le domaine du renforcement des capacités, le Consortium Alafia a pu mettre en œuvre son plan annuel de formation et d’assistance technique aux Sfd membres.
En dehors de la formation, l’association a aussi beaucoup fait durant 2020 en matière d’assistance technique, reconnait le président du Conseil d’administration. Il en voudra pour preuve, la réalisation de la Plateforme mutualisée de finance digitale des Sfd du Bénin, le PowerCard Microfinance en partenariat avec la Firme Hps du Maroc, la création d’une centrale d’information sur le risque crédit…

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Des défis

Clément Yadonta reconnaitra les efforts déployés par l’ensemble des Sfd pour en arriver à ces résultats. « Ces réalisations ont été obtenues dans un contexte de crise sanitaire et aussi marqué par la rareté des ressources », souligne-t-il. Cependant, relève-t-il, beaucoup reste à faire et le chantier du développement de la microfinance au Bénin est encore immense. « Des défis restent à relever sur le plan de la gouvernance, du contrôle interne, du système d’information, de gestion, d’interconnexion des bases de données, de digitalisation de l’offre de services financiers, d’accroissement de la portée des Sfd dans les milieux les plus reculés, de transformation institutionnelle… », mentionne Clément Yadonta. L’engagement et la détermination des Sfd à atteindre leurs objectifs plaisent bien au projet d’Appui au développement, à la professionnalisation et à l’assainissement de la microfinance (Adapami).
Maurille Maurice Couthon représentant ledit projet à l’occasion insistera sur les dispositions pour le respect de la nouvelle réglementation qui encadre le secteur. Le vrai problème des Sfd, selon lui, réside au niveau de la gouvernance.
Représentant le ministère d’Etat en charge de l’Economie et des Finances, Abou Bakary Issiaka va féliciter l’association pour la stabilité de sa gouvernance. Aussi, invitera-t-il à éviter les dérives constatées au niveau de certains systèmes financiers décentralisés et à la résorption des différentes faiblesses relevées au quotidien dans la gouvernance de certains. « L’efficacité des Sfd aujourd’hui passe par leur aptitude à évoluer en conformité avec la réglementation d’une part, et d’autre part à développer des produits et services de microfinance répondant aux exigences du temps », conseille-t-il. « Si nous sommes convaincus que la microfinance est un puissant instrument au service des populations démunies et appelons par ailleurs dans une certaine mesure l’Etat à appuyer les institutions desservant ces populations, nous devons accepter, et même demander aussi que l’Etat prenne en continu des mesures pour assurer la pérennité du secteur », souligne-t-il.