Tabé Gbian à l’occasion du premier anniversaire de la 5è mandature du Conseil économique et social: «Le CES du Bénin reste une force de propositions…»

Par Bruno SEWADE,

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22 juillet 2014-22 juillet 2015, cela fait un (01) an de vie des trente (30) hauts conseillers de la 5è mandature du Conseil économique et social du Bénin.Cela fait également un (01) an que le président Augustin Tabé Gbian préside aux destinées du Conseil économique et social du Bénin. Quelles sont les actions majeures menées par l’institution durant cette période ? Quels sont les projets à court et moyen termes qui sont envisagés par les autorités du Conseil économique et social ? Quelle est vraiment la mission constitutionnelle qui est assignée à l’institution ? Autant de préoccupations pour l’opinion publique et pour les autorités. Dans cette interview, le président du CES, n’esquive aucune question et apporte des informations utiles liées au fonctionnement et aux compétences dévolues à l’institution…

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La Nation : Monsieur le président, cela fait un (01) an que vous êtes à la tête du CES du Bénin. L’institution n’est pas étrangère à vous, puisque vous avez occupé le poste de vice-président au cours de la 3è mandature. Après douze mois d’exercice, quelles appréciations faites-vous de cette gestion à la tête de l’institution ?

Président Tabé Gbian : Merci infiniment, pour l’intérêt que vous, hommes des médias, vous portez à la vie de nos Institutions constitutionnelles.
Effectivement, c’est le mardi 22 juillet 2014 que les trente hauts conseillers de la République, pour les affaires économiques et sociales, se sont retrouvés en session plénière spéciale pour me porter à la tête du bureau de la 5è mandature.
C’est ce jour-là également que nous avons élu les autres membres du bureau. Je veux parler du vice-président, Dominique Atchawé ; du premier secrétaire Arouna Lawani ; du deuxième secrétaire Issifou Sidi et du trésorier Daniel Fangbédji, qui sont tous par ailleurs, des conseillers. Nous avons, d’autre part, élu les trois (03) présidents des Commissions permanentes du Conseil économique et social. Le conseiller Pascal Todjinou, à la tête de la Commission de l’Economie et des Finances ; le conseiller Michel Boko est porté à la tête de la Commission du Développement rural et de l’Environnement et le conseiller Valère Kakaï-Glèlè, à la tête de la Commission des Affaires sociales et de l’Education. Ces trois Commissions ont également élu, chacune, deux rapporteurs.
Avec cette équipe, nous nous sommes mis rapidement au travail. Notre vision, celle du Conseil économique et social est maintenue : «Le CES-Bénin, sera une Institution de référence, bien gérée, à expertise plurielle, pratique, opérationnelle et consensuelle, indiquant pour le Bénin la voie d’une économie compétitive, de rayonnement culturel et assurant dans la paix et l’unité nationale, la prospérité de tous… ».
Notre institution est une assemblée de veille citoyenne, représentant toutes les couches sociales du Bénin : les trente hauts conseillers proviennent des pouvoirs publics (Gouvernement et Assemblée nationale), des forces socio-économiques (Patronat et Chambre de Commerce et d’Industrie), des Fédérations sportives, des artisans, des syndicats, des artistes et animateurs culturels, des professions libérales, des chercheurs, de la Société civile, des Associations de développement.

Après la mise en place des instances dirigeantes de l’institution, quel a été le premier dossier attaqué ?

Le premier dossier pour lequel nous avons été sollicités, c’est le «Dossier de la LEPI». La crise couvait. Le dialogue entre le gouvernement et le COS-LEPI était difficile. Chaque institution cherchait à s’expliquer pour attester sa bonne foi. Le président du CES a été choisi par le président de la République pour présider le Comité de suivi chargé de faciliter le dialogue entre l’Etat et la structure chargée de l’orientation et de la supervision de la Liste électorale permanente informatisée. Nous avons travaillé, la main dans la main, le vice-Premier ministre actuel François Abiola, l’ancien président du COS-LEPI, l’honorable Sacca Lafia et les autres personnalités. L’entente est revenue. La convivialité, la compréhension s’est installée. Et nous avons facilité, œuvré, et soutenu la publication de la LEPI et l’organisation des législatives et des élections municipales, communales et locales. Le bureau du CES et son président ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour faciliter le dialogue social, la bonne gouvernance, la promotion de la paix, l’entente cordiale entre les citoyens, entre les populations face à des situations de blocage, de crises sociales.

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Le Conseil économique et social, Monsieur le président réfléchit beaucoup sur des sujets d’autosaisine et de saisine sur des thèmes d’actualité, de vie en société, sur des thématiques porteuses pour l’Etat béninois. Quelles sont les finalités de ces investigations ?

Le CES est consacré par les dispositions des articles 139, 140 et 141 de la loi N°90-32 du 11 décembre 1990, portant Constitution de la République du Bénin qui édictent sa mission constitutionnelle en ces termes :
le CES donne son avis sur les projets de Loi, d’Ordonnance ou de Décret, ainsi que sur les propositions de Loi qui lui sont soumis. Les projets de loi, de programme, à caractère économique et social lui sont obligatoirement soumis pour avis ;
le président de la République peut consulter le CES sur tout problème à caractère économique, social, culturel, scientifique et technique ;
le CES peut, de sa propre initiative, sous forme de recommandation, attirer l’attention de l’Assemblée nationale et du gouvernement sur les réformes d’ordre économique et social qui lui paraissent conformes ou contraires à l’intérêt général.
C’est dire, Monsieur le journaliste, l’intérêt que les pouvoirs publics accordent à notre institution. En dehors des thèmes que chaque commission étudie, nous organisons des séminaires pour approfondir nos réflexions, tout cela souvent de concert avec nos partenaires sociaux. C’est ainsi que quelques mois après notre prise de fonction, le CES a organisé à Parakou, en décembre 2014, deux rencontres qui ont respectivement porté sur «Le développement durable au Bénin : contraintes et opportunités pour les entreprises» et «La lutte contre la pollution urbaine et les émissions de gaz à effets de serre au Bénin». Des échanges très fructueux entre autorités, chercheurs, décideurs politiques, Société civile, structures internationales, investisseurs et acteurs locaux pour un nouveau type de développement basé sur le travail bien fait, la prise en compte des valeurs endogènes, la culture, l’information, la recherche, l’environnement et les initiatives privées, échanges qui ont lieu et qui ont permis d’aboutir à des recommandations pertinentes qui seront exploitées au cours de nos travaux futurs. Au CES, la réflexion, les échanges, les recherches, les investigations et les déplacements réguliers des hauts conseillers sur le terrain restent des atouts majeurs qui nous permettent d’être en contact et à l’écoute des populations, de nos concitoyens.
C’est dans ce cadre que nous avons d’emblée choisi de nous pencher sur «La problématique de l’accès à l’eau et la politique de l’eau dans les communes du Bénin».
Conseillers, spécialistes en gestion et des questions relatives à l’eau, responsables de la SONEB, ONG, Société civile, pouvoirs publics, tous ont apporté un plus à la réflexion et aux recommandations issues des assises des 6, 7 et 8 juillet 2015 à Kétou, car, comme nous l’avons martelé, «l’eau c’est la vie » !
Notre institution reste un véritable laboratoire d’idées, de réflexions, de recherches, d’actions porteuses au service des Béninois et des pouvoirs publics.

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Quels sont vos projets à court et à moyen termes ?

Le développement durable doit lier modernité, efficacité, compétence et résultats probants. Le CES du Bénin reste une force de propositions qui se base sur le consensus. Il est à l’écoute des populations, de toutes nos populations. Je dois vous signaler que nous allons insister sur le dialogue social dans notre pays et démontrer combien notre institution est utile à l’Etat béninois. De façon précise, on peut retenir que le CES du Bénin fait recours aux outils ci-après : d’abord, le dialogue social inclusif. Aucune partie prenante n’est occultée dans les échanges que nous entreprenons pour la résolution d’un problème ou dans les échanges devant conduire à diagnostiquer les sources des malaises et proposer des pistes de solution ; la négociation aussi : c’est ainsi que le CES déclenche un système d’alerte pour suivre l’évolution de toute situation. Lorsque cette situation prend une allure persistante, des contacts sont pris pour engager des négociations avec les vrais acteurs ou les représentants légitimes des parties prenantes. Notre institution fait aussi du plaidoyer et du lobbying. La qualité d’écoute de nos dirigeants à tous les niveaux, le savoir-faire des membres du bureau du CES et des hauts conseillers permettent de débloquer beaucoup de situations qui concourent au maintien de la paix sociale dans notre pays ; nous mettons également l’accent sur le partenariat.

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Comment entendez-vous renforcer les relations du CES avec les institutions similiaires du continent africain et du monde entier ?

Le CES du Bénin est membre de l’UCESA (Union des Conseils économiques et sociaux d’Afrique), de l’AICESIS (Association internationale des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires), de l’UCESIF (Union des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires des Etats et gouvernements membres de la Francophonie et il est attendu que notre Institution renforce ses relations avec les Conseils économiques et sociaux en Afrique, en Europe, dans l’espace francophone, en Asie et en Amérique Latine ;
dans un autre sillage, des tournées de sensibilisation seront
organisées par le CES du Bénin dans toutes nos régions pour informer largement nos concitoyens, toutes nos populations sur la tenue des élections présidentielles de mars 2016, dans la paix, l’équité et la transparence.

Qu’en dites-vous du siège de l’institution qui, depuis sa création se trouve encore dans des locaux exigüs ?

La construction du nouveau siège de notre institution à Porto-Novo fait également partie de nos priorités. Des négociations sont en cours avec nos partenaires pour finaliser ce dossier qui nous tient à cœur.
Il convient de remercier le gouvernement du Bénin et le président Boni Yayi qui ont toujours soutenu notre institution dans ses activités.
Je dois, enfin, vous rappeler que le Conseil économique et social du Bénin reste une forte assemblée consultative de l’ensemble des Forces vives de la Nation au travail. Et ce travail, évolue toujours, autant avec les hauts conseillers qu’avec tout le personnel administratif et militaire, dans la convivialité, la compétence, l’harmonie, dans la discipline et le respect scrupuleux des principes et textes qui régissent notre institution.…

Propos recueillis pour La Nation par Bruno Sèwadé & Constant Agbidinoukoun