Tchetti dans la commune de Savalou: Des apprenants sensibilisés contre la sexualité précoce

Par Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines,

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La sexualité précoce est un phénomène qui fait des ravages en milieu scolaire. Préoccupés par des chiffres de plus en plus alarmants sur ce fléau, les responsables de l’Unité focale de lutte contre le sida-tuberculose et paludisme (Ufls-Tp) du ministère des Enseignements maternel et primaire (Memp) étaient descendus, mardi 22 octobre dernier à Tchetti dans la commune de Savalou, pour sensibiliser les apprenants aux bons comportements à adopter pour une sexualité précoce.

Sensibilisation des apprenants des Cours moyens à la santé sexuelle et la prévention de la sexualité précoce. Cette rencontre qui a mobilisé apprenants et enseignants de la localité s’est déroulée à l’Epp-Tchetti dans la commune de Savalou. Elle est placée sous la supervision de la directrice adjointe de cabinet du Memp, Alice Mingninou, et de la coordonnatrice de l’Ufls-Tp, Espérance Obonté-Nata. Pour planter le décor, cette dernière a rappelé que les textes en vigueur en République du Bénin autorisent l’accès à l’école primaire des enfants jusqu’à l’âge de 16 ans pour les filles et 15 ans pour les garçons. Les Cours moyens première et deuxième années étant les classes dont l’âge des effectifs peut varier entre 8 ans et 16 ans. Il est apparu utile de prévenir contre les relations sexuelles précoces et leurs corollaires que sont les grossesses précoces et les infections sexuellement transmissibles.

Des chiffres qui font froid dans le dos

Alice Mingninou a, quant à elle, fait état des données chiffrées sur ce fléau qui fait des ravages au sein même des enfants. A l’en croire, il se note une précocité des rapports sexuels, avant l’âge de 15 ans. 13,12 % des filles ont déjà eu des rapports sexuels contre 12,9 % des garçons. Selon l’enquête de surveillance de deuxième génération des Ist et du Vih/Sida, la prévalence des Ist dans le monde scolaire a révélé que les jeunes universitaires sont les plus touchés, 5,1 % suivis des jeunes du premier cycle 1,7 % et ceux du second cycle pour 1,6 %.
Cela étant, indique-t-elle, les rapports sexuels des jeunes souvent occasionnels et non protégés engendrent, entre autres conséquences, les grossesses non désirées qui représentent 93 % ; les adolescentes contribuent pour
21 % à la fécondité totale, c’est-à-dire qu’une  grossesse sur cinq est du fait d’une adolescente.
Avec les sensibilisations en 2018 aux relations sexuelles intergénérationnelles et la vulgarisation des textes sanctionnant les auteurs des grossesses en milieu scolaire réalisées par l’Ufls-Tp dans ces départements, se réjouit Alice Mingninou, il y a eu une légère baisse, comme le révèlent les statistiques collectées en fin d’année scolaire 2018-2019. Ainsi dans le Zou, il est dénombré 217 cas de grossesses dont 163 cas pour le premier cycle (de la 6e en 3e ) et 54 cas pour le second cycle (de la Seconde en terminale). Dans les Collines, il est relevé 262 cas de grossesses avec une prépondérance de 205 cas au premier cycle et 57 cas au second cycle. Tandis que dans le Zou, les auteurs de ces grossesses sont des personnes extérieures au système scolaire, 177 contre 38 auteurs qui sont des élèves et 2 enseignants ; dans les Collines, par contre, la tendance est inversée. Ce sont 130 élèves et étudiants et quatre enseignants qui sont auteurs de ces grossesses contre 128 hors du cadre éducatif.
Il faut noter que sur les 262 élèves en état de grossesse répertoriées dans le département des Collines, pour ne citer que ces cas, 99 d’entre elles ont redoublé leurs classes et 116 ont abandonné les cours. Une situation dramatique qui interpelle les acteurs à divers niveaux de la chaîne.
Cette rencontre a pris fin par des échanges directs entre Espérance Obonté Nata et les apprenants de Tchetti sur les gestes nécessaires pour ne pas être victimes de la sexualité précoce.