Télécommunications / 10e réunion du Crtel à Cotonou : Trois jours d’intenses activités pour les régulateurs ouest-africains

Par Josué F. MEHOUENOU,

  Rubrique(s): Société |   Commentaires: Commentaires fermés sur Télécommunications / 10e réunion du Crtel à Cotonou : Trois jours d’intenses activités pour les régulateurs ouest-africains


Le Bénin accueille du 27 au 29 novembre prochain, la dixième réunion du Comité des régulateurs nationaux des télécommunications des Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Trois principaux thèmes seront débattus au cours des travaux.

LIRE AUSSI:  Management des entreprises en 2017: Afrique Conseil, un partenaire stratégique pour la performance

La définition des indicateurs du secteur des télécommunications dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), la présentation et la validation du rapport provisoire de l’étude portant sur le système de secours mutuel entre les Etats membres en matière d’infrastructures fibre optique et la présentation et la validation du site Web et du logo du Comité des régulateurs nationaux des télécommunications des Etats membres de l’Uemoa (Crtel), constituent les trois principaux thèmes au cœur de la dixième réunion de cette instance régionale dont les travaux ont démarré, mercredi 27 novembre à Cotonou.
En créant le Crtel par décision n°09/2006/Cm/Uemoa du 23 mars 2006, la Commission de l’Uemoa a voulu s’offrir un cadre de coopération pour les Autorités nationales de régulation. Parmi les missions assignées à cette instance, Komlan Agbo, représentant résident de l’Uemoa au Bénin retient la coordination et la coopération en matière de gestion de fréquences, de plan de numérotation, de positions orbitales des satellites de communication, l’harmonisation des procédures d’homologation des équipements, d’agrément et de demandes de fourniture de services dans les Etats membres de l’Uemoa, la centralisation des données statistiques sur le secteur.
Komlan Agbo estime en effet qu’il est nécessaire « de mettre en place un observatoire régional du secteur de l’économie numérique ». De même, la problématique des rayons non ionisants devient épineuse pour les opérateurs de télécommunications et cette difficulté s’accentuera avec la 5G qui a besoin d’un plus grand nombre de sites de transmission, rappelle-t-il. C’est pourquoi, il est indispensable selon lui, d’identifier les mécanismes de contrôle et d’utilisation de masse au sein de l’espace communautaire.
A l’avènement du Crtel, le Conseil des ministres de l’Uemoa a nourri l’ambition de développer au sein de l’Union, les échanges et la coopération au sein des régulateurs de chaque pays, afin de contribuer à la mise en place du marché commun des télécommunications. Un vœu cher dicté par la responsabilité de réduire la fracture numérique au niveau sous-régional ouest-africain en s’appuyant sur une politique et un cadre réglementaire harmonisés applicables aux technologies de l’information et de la communication.

LIRE AUSSI:  Saison des pluies et paludisme: Aucune couche n’est à l’abri

De bons résultats et des défis aussi

Flavien Bachabi, président du Conseil de régulation de l’Arcep Bénin engage ainsi ses pairs à agir pour relever les défis de l’inégalité d’accès aux services du numérique. Selon lui, le suivi du respect des termes des accords d’interconnexion, le contrôle de la dominance sur le marché, la mise en œuvre des règles relatives au partage d’infrastructures et la facilitation de l’accès aux ressources rares ont permis de réaliser des objectifs de concurrence saine et loyale. « Les efforts que nous consentons dans le suivi de la qualité de service, le contrôle des systèmes de facturation pour une tarification transparente, juste et raisonnable des services, et la mise en œuvre des systèmes de gestion des plaintes, l’exercice par excellence du droit du consommateur au recours contre les abus liés à la consommation des services, ont fortement contribué à la protection des consommateurs dans l’espace communautaire », apprécie Flavien Bachabi.
« Notre contribution à la croissance économique dans nos Etats est aujourd’hui une évidence », fait-il ensuite. En guise d’illustration, il indiquera que «Les derniers chiffres connus de 2018 à partir du rapport semestriel d’exécution de la surveillance multilatérale traduisent le maintien de ces bonnes performances, à travers le taux de croissance de 6,6% comme en 2017, obtenu sous l’impulsion de l’ensemble des secteurs d’activités ». Toujours au titre des bonnes performances du Crtel, il rappelle sa contribution dans l’approbation de trois avant-projets de textes communautaires. Il s’agit de la directive portant harmonisation du cadre réglementaire relatif à l’homologation des équipements terminaux et équipements radioélectriques, le règlement portant cadre de coordination et de partage des fréquences radioélectriques dans les zones transfrontalières, et le règlement portant harmonisation de l’usage des numéros d’urgence et des numéros d’accès aux services de téléphonie.
En somme, il y a eu, selon lui, de bons résultats ; cependant, on ne devrait pas éluder les défis. Au nombre de ceux-ci, des préoccupations relatives aux rayonnements non ionisants. De même, la maîtrise des données économiques intégrées à l’échelle communautaire reste un enjeu, souligne Flavien Bachabi. Trois grands panels de discussion meublent les travaux de Cotonou auxquels prennent part les régulateurs du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée Bissau, du Mali, du Niger, du Sénégal, du Togo et du Bénin.