Tentative d’assassinat (2e dossier): Moussa Diko écope de 7ans de réclusion criminelle

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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La première session de l’année 2019 du Tribunal de première instance de première classe de Parakou statuant en matière criminelle a examiné, hier mardi 30 juillet, le deuxième dossier inscrit à son rôle. A  la barre pour répondre d’une tentative d’assassinat, Moussa Diko a été condamné à 7 ans de prison.

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La vie humaine est sacrée, précieuse et inviolable. A ce titre, elle doit être préservée. Bouvier de nationalité burkinabè né vers 1991, l’accusé Moussa Diko a violé ce précepte en se rendant coupable des faits de tentative d’assassinat sur la personne d’Ibrahim Imorou.
Mis sous mandat de dépôt le 16 avril 2015 pour ce crime, il a encore près de 3 ans à passer en cellule, à limer ses dents contre les barreaux. A la barre hier, mardi 30 juillet, le Tribunal de première instance de première classe de Parakou l’a reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, puis l’a condamné à 7 ans de réclusion criminelle. La cour qui a connu de cette affaire est présidée par Lionel Dossou Nouatin.
En effet, aussi bien à l’enquête préliminaire que devant le juge instructeur, ainsi qu’à la barre hier, Moussa Diko n’a pas nié les faits pour lesquels il a été inculpé. Tout est parti du refus de la victime, tenancier d’une cafétéria de le servir à crédit. « En réalité, je suis son client. Quand j’ai de l’argent, je vais prendre mon café chez lui. Parfois, il accepte de me servir à crédit », a-t-il expliqué.

Les regrets de l’accusé

« Pourquoi as-tu choisi le coupe-coupe ? Pourquoi as-tu visé le cou au lieu d’une autre partie de son corps ? Entre la gifle et le fait d’avoir été traité de bâtard, qu’est-ce qui t’a le plus fait mal ? N’est-ce pas parce que tu lui devais 200 francs Cfa qu’il a refusé de te servir ? » Autant de questions auxquelles il a été soumis, pour la manifestation de la vérité.
« Je ne savais pas que la bagarre allait dégénérer jusqu’à ce niveau », confiera-t-il, tout en désapprouvant son acte. « J’ai envoyé le coup sans viser une partie. Je ne voulais pas en finir avec lui. Il est un être humain comme moi. J’ai commis une erreur », fait-il également observer.
Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public, Robert Tito, fera remarquer qu’après l’altercation avec la victime, que Moussa Diko est allé préparer sa revanche. Rappelant les dispositions des articles 21 et 469 du Code pénal, il soutient que le crime de tentative d’assassinat est constitué. Selon lui, l’acte posé par l’accusé a été prémédité et il a eu le temps de prendre une arme de son choix pour venir attaquer sa victime à une partie sensible, le cou. « L’absence du désistement volontaire de Moussa
Diko est manifeste », laisse entendre Robert Tito. Au regard de toutes ces observations, il demande de le condamner à 7 ans de réclusion criminelle.
« En écoutant le ministère public, je me perds », a indiqué Me Angelo Hounkpatin commis pour défendre l’accusé. « Je ne sais pas si nous sommes dans l’ancien Code pénal ou le nouveau. Nous nous sommes débarrassés des jurés et nous nous accrochons aux procès-verbaux d’enquête préliminaire et des juges instructeurs, alors que la seule audition valable, c’est celle à votre barre », a-t-il souligné. Comme constances du dossier, il relève que la victime a traité son client de bâtard et que ce dernier lui a porté un coup de coupe-coupe, son outil de travail en tant que bouvier. « Maintenant, il y a lieu de juger. Moussa Diko a-t-il prémédité son acte ? Qu’est-ce qui a pu motiver le coup de coupe-coupe ? », a-t-il interrogé. Parlant de la préméditation, il estime qu’il n’y en a pas eu. « Les gifles ajoutées au mot bâtard dont il a été traité ne peuvent que mettre mon client en colère », poursuit-il. La colère, fera remarquer
Angelo Hounkpatin, est une folie passagère, une avalanche qui ne se brise qu’après avoir rencontré un obstacle. Selon lui, contrairement à la gorge avec la trachée aorte, le cou ne saurait être considéré comme une partie vitale, mais sensible.
Au regard de tous ces éléments, il avoue qu’il ne saurait y avoir de préméditation ni de tentative d’assassinat. Il demande alors une requalification des faits à une flagrance et non à un crime crapuleux. Se conformant aux dispositions de l’article 311 en son alinéa 1, il souhaite que son client soit puni de 6 jours à 2 ans. Au subsidiaire, il demande au tribunal d’appliquer l’article 311 en son alinéa 2, en lui infligeant 5 ans, s’il s’accroche à la préméditation.
Alors que Me Angelo Hounkpatin demande une application juste de la loi, selon lui, le représentant du ministère public, Robert Tito réitère son réquisitoire. Rendant leur verdict, Lionel Dossou Nouatin et ses assesseurs Arlen Dossa-Avocè, Alou Bani Demon, Francis Bodjrènou et Richard Akodossi abonderont finalement dans le même sens lui-même.
Par ailleurs, l’enquête de moralité est favorable à Moussa Diko. Son bulletin N°1 ne porte mention d’aucune condamnation antérieure. Selon le rapport d’expertise psychiatrique et médico-psychologique établi, il ne souffre d’aucun trouble pouvant abolir le contrôle de ses actions au moment des faits.  

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Les faits

Le samedi 11 avril 2015 à Guéma, à Parakou, suite à une mésintelligence, Moussa Diko et Ibrahim Imorou se sont échangé des noms d’oiseau. Traité de bâtard, Moussa Diko quitte les lieux, fâché. Mais revient quelques heures plus tard et attaque par surprise Ibrahim Imorou dans le dos, en lui assénant un coup de machette au cou. Une lutte s’ensuit au cours de laquelle Ibrahim Imorou reçoit des coups sur diverses parties du corps. Il n’a eu la vie sauve que grâce à l’intervention des personnes présentes sur les lieux.