Tentative de vol à main armée (2e dossier): 5 ans de travaux forcés pour Ferdinand Aballo et David Hessou

Par Valentin SOVIDE, AR/Zou-Collines,

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La cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey a connu, mardi 15 mai dernier, de son deuxième dossier inscrit au rôle de sa première session au titre de l’année 2018. Poursuivis pour tentative de vol à main armée, les accusés Ferdinand Aballo et David Hessou ont été reconnus coupables et condamnés à cinq ans de travaux forcés.

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Bien que condamnés à cinq ans de travaux forcés pour tentative de vol à main armée sur Hounnon Soffo Dokpossou, les accusés Ferdinand Aballo et David Hessou s’estiment très heureux. Ils recouvrent leur liberté étant donné que la peine couvre le temps déjà passé en détention provisoire.
A la barre, mardi dernier, les deux compères ont compris l’enjeu et n’ont pas eu d’autre choix que de coopérer pour la manifestation de la vérité après les quelques mis en garde du président de la cour Delphin Chibozo. Ils ont reconnu les faits comme ils l’avaient fait lors de l’enquête préliminaire et devant le juge d’instruction.
Mais devant la cour, l’exercice a été plus rude pour eux tant ils étaient arrosés de questions sur l’opération qui les a conduits à la barre. La cour a cherché connaître les circonstances dans lesquelles les faits s’étaient déroulés ce jour-là à Lokossa. Et, c’est d’abord Ferdinand Aballo qui planche. Il répond à la cour sur le mode opératoire de cette tentative de vol à main armée qui a échoué ce 3 avril 2013.
Après avoir tenté au début de faire de la diversion, le premier accusé a rapidement été ramené au sujet principal par le président. Ainsi, il reconnaît avoir tenté, avec David Hessou, d’arracher la moto Sanya neuve au féticheur Hounnon Soffo en usant de subterfuges. Ils l’arrêtent pour lui demander le chemin d’un village et c’est au moment où celui-ci a commencé par le leur indiquer que le plan d’attaque a été mis en œuvre. David positionné à quelques mètres sort l’arme et ordonna à son second de prendre la moto au féticheur. Mais ce dernier résiste et David appuie sur la gâchette pour ouvrir feu. Mais à leur grande surprise, l’arme fait long feu. Le coup ne part pas. Puis, à voir le gabarit du féticheur, les deux malfrats abandonnent tout jusqu’à leur propre moto pour fuir dans la brousse. Mais ils seront rattrapés par la gendarmerie avec en renfort la population de la localité.
La même version est servie à la barre par le second accusé David Hessou qui, après six mois de détention, a perdu la vue.
Aux questions de la cour visant à savoir pourquoi le coup n’avait pas marché, les accusés tentent de faire comprendre qu’ils n’avaient aucune intention de tuer la victime. Pour eux, l’arme n’était pas chargée et ils voulaient juste l’intimider pour lui arracher la moto.
« Faux ! » rétorque la victime Hounnon Soffo Dokpossou présent et qui déclare que c’est grâce aux forces occultes dont il était détenteur que le coup de feu n’a pas pu partir. Sinon, il ne serait plus en vie. Il est convaincu que ce sont ses fétiches qui l’ont protégé face à ses agresseurs qui étaient visiblement prêts à le tuer pour prendre sa moto.

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Réquisitoire

Dans son réquisitoire, l’avocat général Blaise Kissèzounnon fait remarquer que ce dossier donne encore la preuve que notre société est en crise. Une crise qui se caractérise par la paresse et l’oisiveté de certains jeunes qui pensent pouvoir s’enrichir en posant des actes ignobles tels le vol, le braquage, les sacrifices humains et autres délits. La preuve en est donnée par ces deux inculpés David Hesssou et Ferdinand Aballo qui tirent sur Hounnon Soffo pour vaincre son courage et lui arracher sa moto.
L’avocat général estime que les éléments constitutifs du vol à main armée sont réunis. L’élément légal repose sur les articles 265, 266, 267 et 381 du Code pénal. L’élément matériel réside dans le fait de tenter de déposséder un individu de son bien en pointant sur lui l’arme à feu à double canon dont ils étaient porteurs. Selon lui, l’échec de l’opération n’excuse en rien les accusés. N’eussent été le physique impressionnant et la ténacité de la victime, l’acte serait allé jusqu’au bout. L’intention est présente et réside dans la préparation et l’exécution de l’opération. Il s’agit de vol avec circonstances aggravantes. Et pour l’avocat général, les accusés ont reconnu eux-mêmes les faits, donc sont bien convaincus des chefs d’accusation. Pour ce faire, il requiert que la cour les retienne dans les liens desdits faits et les condamne chacun d’eux à huit ans de travaux forcés.

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Clémence

Une peine trop lourde selon les avocats Enosch Chadaré et Herman Yémonfon. Ils plaident coupables et demandent la clémence de la cour. Selon eux, ces deux jeunes sont en réalité des victimes de la société. Ils font observer que la clémence est aussi un acte de justice qui permet de donner une nouvelle chance à un égaré. Ayant grandi sans parents, les accusés ont grandi dans des conditions très difficiles faisant d’eux ce qu’ils sont devenus. « Ils ne sont pas des monstres, ce sont des gens comme vous et nous qui se sont égarés momentanément », lance l’un des avocats qui se dit convaincu que ces jeunes sont des amateurs et non des professionnels du crime. La preuve en est que c’est en plein jour qu’ils attaquent, au vu et au su de tout le monde avec une arme non chargée qu’ils abandonnent pour fuir. Une façon de rejeter la thèse de vol à main armée avec circonstances aggravantes de l’avocat général.
Aussi, insistent-ils sur les conditions de David Hessou qui est devenu aveugle six mois après son incarcération. Et depuis ce temps, il est dépendant de son compère Ferdinand Aballo même pour ses petits besoins. La vie leur fait déjà payer chèrement cet acte commis. Car, l’un a perdu la vue entretemps, leurs familles respectives se sont disloquées avec leurs progénitures dans la nature.
Après le réquisitoire du ministère public et les plaidoiries de la défense, la cour suspend pour délibérer. A l’issue de la délibération, la cour reconnaît David Hessou et Ferdinand Aballo coupables de tentative de vol à main armée sur le nommé Hounnonsoffo et les condamne à une peine de 5 ans de travaux forcés. Mis sous mandat de dépôt depuis le 4 avril 2013, les accusés David Hessou et Ferdinand Aballo sont libres, ce temps ayant couvert la peine. Ils pourront désormais rentrer chez eux?
Résumé des faits

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Le 3 avril 2013, avec sa motocyclette neuve de marque Sanya de couleur rouge, Hounnon Soffo Dokpossou s’était rendu, à Kplogodomè, localité située dans l’arrondissement de Koudo, commune de Lokossa, accompagné de sa jeune sœur Jeannette Dokpossou.
Sur le chemin de retour vers 15 h, ils furent interceptés à hauteur de la rivière du village Tinou, par les nommés David Hessou et Ferdinand Aballo. Pour distraire les victimes, ils leur demandèrent la voie qui mène au village Agamè. C’est lorsque Hounnonsoffo leur indiquait cette voie que David Hessou en profita pour sortir un pistolet de fabrication artisanale. Il le pointa sur lui et invita son second Ferdinand Aballo à lui arracher la motocyclette.
Face à une telle action, Hounnonsoffo opposa une vive résistance. C’est alors que Ferdinand Aballo ordonna à David Hessou de tirer sur lui. David Hessou appuya à plusieurs reprises sans succès sur la gâchette. Surpris par la non-détonation de l’arme, ils abandonnèrent leur vil dessein et prirent la poudre d’escampette laissant leur propre motocyclette. Mais, l’alerte vite donnée par Hounnon Soffo Dokpossou permit à la population appuyée par les éléments de la brigade territoriale de Lokossa de les appréhender l’un après l’autre.
Interrogés, David Hessou et Ferdinand Aballo finirent par reconnaître les faits de tentative de vol à main armée à eux reprochés?
Composition de la Cour

Président : Delphin Chibozo
Assesseurs : Alphonse Gbossou et Bienvenu Sohou

Jurés : Cossi Albert Guèdègbé, Ernestine Tonoukouin, Marguerite-Hortense Kossou et Prosper Tossou Zinsou

Ministère public : Blaise G. Kissezounnon
Greffier : Olga Houéto Aloukou