Tournée nationale dans les communes:A bantè, les vérités du président Talon

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Trois heures d’échanges francs et directs. Au menu, tous les sujets, sans aucune réserve. En amont, un accueil chaleureux. Habitants, groupes de fanfare et folklorique ont assuré la haie d’honneur et le cérémonial d’accueil du président Patrice Talon à Bantè, la cité des pactes de terre.

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Bantè se considère comme une commune délaissée. Cette image de la cité des pactes de terre présentée par son maire, Edmond Laourou, le président Patrice Talon en tournée de reddition de comptes dans la localité l’a réfutée, vendredi 20 novembre. Le chef de l’Etat indique sans ambages qu’il ne saurait en être ainsi sous sa gouvernance. Ce discours, le président de la République dit l’avoir déjà entendu ailleurs au cours de son périple à l’intérieur du pays depuis plusieurs jours. Dans un pays où tout est à refaire, tout parait urgence et priorité, explique le président Patrice Talon, certaines localités peuvent s’estimer oubliées, mais à tort. « Tout ce qui manque donne l’impression que Bantè est délaissée… Bantè n’est pas décrétée zone rouge. D’autres communes sont dans la même situation, mais ne se disent pas zones rouges », a clarifié le président Patrice Talon.
Mais pour autant depuis cinq ans, les lignes n’ont pas bougé à Bantè. La commune n’a plus son visage d’avant. Des efforts ont été faits dans le secteur agricole et impactent le développement, reconnaît le maire. A titre illustratif, il cite le centre de transformation et d’étuvage de riz, l’aménagement de six hectares de bas-fonds au profit de l’Union communale des étuveuses de riz, la construction d’une unité de transformation de manioc en gari et autres dérivés, l’aménagement sommaire de 77 hectares de bas-fonds sur cinq différents sites, la construction d’une boutique d’intrants et magasins, le démarrage récent des travaux de la retenue d’eau de Pira… D’autres actions pour renforcer l’économie agricole ont été engagées et leurs impacts iront grandissants, fait observer le maire Edmond Laourou. Tout en saluant ces actions, il sollicite l’attention du gouvernement sur les attentes. Dans le domaine des infrastructures, de la santé, de l’éducation, de l’assainissement… Bantè a encore de nombreux besoins insatisfaits et souhaite que la visite du président de la République fasse bouger les choses.
Tout est une question de temps. Le gouvernement a planifié, structuré et mis en place beaucoup d’actions pour la commune. En ce qui concerne l’eau, les nouveaux plans d’extension ont commencé et prendront fin avant 2021. Pour ce qui est des infrastructures routières attendues, la planification est déjà faite, les ressources mobilisées. Dans le prochain programme d’asphaltage, Bantè est concernée au titre de pavage et bitumage de voies. « Ce n’est pas une promesse. Je suis venu vous dire ce que nous avons planifié et mis en œuvre et il ne reste que l’exécution », a rassuré le chef de l’Etat. Autre doléance importante soulevée par le maire, la fréquence pour la radio communautaire de la localité. Avant le 15 décembre prochain, cette fréquence sera libérée, a promis le président de la République. Autant d’engagements qui ont suscité chez les populations de Bantè, fierté et admiration. Deux voix indiquées de la localité ont remercié le président Patrice Talon, aussi bien pour son déplacement que pour les engagements pris. La première, celle de l’ancien ministre des Finances Grégoire Laourou, natif de la commune. « Bantè prend un nouveau départ et c’est un nouveau pacte qui se scelle », se félicite-il. Ses propos seront renchéris par Rigobert Oura, opérateur économique.

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—————— Ayez confiance en la République ! ————————-

La situation de l’ancien directeur général du Fonds national de microfinance, Komi Koutché, qui vit désormais hors du territoire national n’a pas été occultée au cours des échanges lors de la visite du chef de l’Etat à Bantè. Sur le sujet, le maire de la commune Edmond Laourou s’est dit entre le marteau et l’enclume, demandant au chef de l’Etat de faire tout ce qui est en son pouvoir « pour favoriser le retour au pays de tous ses filles et fils actuellement éloignés ».
Sans langue de bois, le président de la République a fait savoir que son souhait est qu’il revienne pour rendre compte de ce qu’il a fait. Le pardon souhaité par les populations ne viendra qu’après, explique-t-il.
« Le pouvoir que j’ai, ce n’est pas d’empêcher que la justice fasse son travail, ni orienter la décision de justice », soutient-il.
« Celui qui fait quelque chose doit en répondre devant la justice. Le Bénin a commencé par punir sévèrement. C’est cela le médicament », insiste le président. Il faut désormais au Bénin, enseigne le chef de l’Etat, à défaut de dénoncer les travers, cesser de les couronner. « Le Bénin ne jettera aucun de ses fils », rassure-t-il. « Ce que nous n’avons pas le droit de faire, c’est d’empêcher ceux à qui on reproche des choses de s’expliquer. Quand la justice convoque quelqu’un et qu’il n’y aille pas parce qu’il est un fils, ce n’est pas bien. Les Béninois qui sont devant la justice sont enfants et frères de quelqu’un », déplore le président. Pour ce qui le concerne, il a rassuré qu’il agira pour la clémence et le pardon conformément au pouvoir que lui confère la Constitution. « Le temps de la réconciliation est arrivé », annonce le chef de l’Etat. Il est d’ailleurs reparti de Bantè sous les ovations nourries des populations avec qui, un nouveau pacte venait ainsi d’être scellé. Celui qui permettra, dans les années à venir, ainsi que l’ont souhaité les populations, de révéler Bantè sous son action et son leadership n
J.F.M.

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