Tractations pour le dégel de la fronde sociale: L’équipe du médiateur de la République rencontre les syndicalistes

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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L’équipe du médiateur de la République rencontre les syndicalistes

Le médiateur de la République Joseph Gnonlonfoun et son équipe composée de personnalités sociopolitiques, morales et religieuses engagées pour le dégel de la crise sociale qui prévaut au Bénin, ont écouté, ce jeudi 29 mars, les revendications et autres préoccupations des centrales et confédérations syndicales en grève. Le comité de médiation fera bientôt le même exercice avec des représentants du gouvernement avant de proposer un protocole d’accord.

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Le médiateur de la République est déterminé à apaiser la tension sociale en cours dans plusieurs structures de la Fonction publique. Joseph Gnonlonfoun a rencontré, ce jeudi 29 mars, les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales avec qui il a échangé sur leurs revendications et préoccupations par rapport à leur grève déclenchée depuis le 16 janvier dernier. Le médiateur de la République était entouré de certaines personnalités sociopolitiques, morales et religieuses qu’il a sollicitées pour l’appuyer dans cette œuvre de médiation pour le dégel de la crise. Il y avait les anciens ministres Séïdou Mama Sika et Sylvain Akindès Adékpédjou, des représentants du clergé catholique, de l’Union islamique du Bénin, des églises protestante méthodiste et du christianisme céleste. On notait aussi la présence des acteurs de la Société civile et des religions endogènes.
Le comité de médiation initié par le médiateur a reçu les syndicalistes et pris connaissance de leur plateforme revendicative, conformément à la feuille de route qu’il a adoptée lors de sa première réunion du mardi 27 mars dernier. Il a recensé les revendications négociables et celles non négociables.
Pour le secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb), Kassa Mampo, qui est parti quelques minutes après l’ouverture de la séance pour, dit-il, aller répondre à une urgence familiale, la question de rétrocession des fonds défalqués sur le salaire du mois de février dernier pour fait de grève, est non négociable. Cette revendication est une question préjudicielle pour les centrales et confédérations syndicales, martèle-t-il à la presse à sa sortie de la réunion qui s’est déroulée à huis clos.
Il sera appuyé par son collègue de la Confédération des organisations des syndicats indépendants du Bénin (Cosi-Bénin), Noël Chadaré. Pour lui, la clé du dégel se trouve avec le gouvernement.
Les syndicalistes saluent l’initiative du médiateur de la République qui a décidé de jouer sa partition pour débloquer la situation d’impasse dans laquelle se trouvent les négociations entre le gouvernement et les centrales et confédérations syndicales qui n’arrivent pas à accorder leurs violons. « Comme toutes les centrales et confédérations syndicales sont préoccupées par les questions de l’unité nationale et de la paix, il est bon que nous les écoutions », explique le médiateur de la République.

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La rencontre avec le gouvernement pour plus tard

Après les syndicalistes à 10 h, le médiateur de la République et son équipe devraient faire le même exercice à 12 h avec le gouvernement. Deux ministres étaient attendus hier, à savoir le ministre d’Etat chargé du Développement et président de la Commission de négociations gouvernement/syndicats, Abdoulaye Bio Tchané, et son collègue du Travail et de la Fonction publique, Adidjatou Mathys. Mais à la dernière minute, ils n’ont pu honorer le rendez-vous. Ils seraient retenus par un séminaire gouvernemental en cours et qui aurait démarré depuis mercredi dernier. Le ministre Adidjatou Mathys a écrit à cet effet au médiateur de la République pour l’informer de ce contretemps de dernière minute. Mieux, elle a envoyé encore hier deux cadres du ministère pour présenter de vive voix les excuses de la délégation gouvernementale et dire sa disponibilité à participer aux travaux dès qu’une nouvelle date sera retenue.
Joseph Gnonlonfoun rassure que la rencontre de son comité avec les deux interlocuteurs au niveau du gouvernement ne tardera pas. « Le comité réserve la primeur des doléances, revendications et réclamations essentielles des travailleurs au gouvernement. Car, il devient urgent qu’on sorte de cette crise », insiste le médiateur de la République, à l’issue des travaux avec les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales qui auront duré deux heures environs.