Transport aérien: L’aéroport de Cotonou décroche pour la première fois sa certification

Par Josué F. MEHOUENOU,

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Remise du certificat

Le vent de la modernité et du respect des normes internationales d’aviation civile plane depuis jeudi 20 mai sur l’aéroport de Cotonou. Il dispose désormais de son certificat d’aérodrome. La remise dudit certificat, comme il fallait s’y attendre, fait la fierté et la joie de l’ensemble des acteurs de la plateforme aéroportuaire qui, unanimement, s’engagent à maintenir le cap.

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D epuis le 18 mai 2021, l’aéroport de Cotonou figure sur la liste des aéroports certifiés à travers le monde. L’organisation internationale de l’aviation civile (Oaci) lui a décerné le précieux sésame après une série d’audits, de contrôles et d’exigences de qualité. L’aéroport de Cotonou est donc désormais un aéroport moderne, dans lequel tout sera numérique, a salué Hervé Hehomey, ministre des Infrastructures et des Transports à l’occasion. « Nous sommes à la dernière technologie dans cet aéroport que nous voulons le plus moderne de la sous-région», a exposé le ministre pour mettre en exergue les ambitions du Bénin dans le domaine du transport aérien. La remise de ce certificat constitue une première dans l’histoire de l’aviation civile béninoise, reconnait-il. Mais si le pays a pris ce pari, c’est parce que la sécurité aéroportuaire est un enjeu majeur. Aussi, l’organisation de l’aviation civile internationale (Oaci) a établi des normes de sécurité pour certifier les aéroports internationaux et ces normes concernent à la fois les infrastructures et les procédures.
C’est donc conscient de cet enjeu que « le gouvernement à travers son Programme d’action a entrepris de rendre l’aéroport de Cotonou conforme aux standards internationaux en vue de soutenir le développement du transport aérien ». La procédure lancée à cet effet connait une heureuse fin désormais avec la remise de la certification. Hervé Hehomey y voit surtout l’aboutissement d’un long et laborieux processus, surtout qu’à l’avènement du régime Talon en 2016, l’aéroport de Cotonou était sur la liste noire dans l’Union européenne, ce qui rendait peu attractive et concurrentielle la destination Bénin. La vision du gouvernement en effet, c’est de faire de l’aviation civile un vecteur de développement et cela s’est illustré à travers une série d’actions déterminantes entreprises par son ministère pour sortir le pays de cette liste noire depuis le 15 mai 2017. Ce premier défi relevé, la certification a été mise en chantier.
L’ambition du Bénin, explique également le ministre, c’est de se conformer aux exigences de l’Oaci, l’objectif majeur étant de promouvoir la sécurité, tout en consolidant la conformité des aéroports aux impératifs de sécurité dans un contexte de renforcement des exigences. «Un aéroport certifié est un aéroport attractif. La certification d’un aérodrome est synonyme de sa conformité aux spécifications concernant les installations, les procédures d’exploitation, l’exploitation technique », indique Hervé Hehomey.

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Gage de sécurité

L’obtention de ce certificat d’aérodrome conforte la vision du gouvernement et participe à sa réalisation. Elle place également Cotonou sur la liste des aéroports certifiés de la sous-région et est gage de sécurité pour les compagnies, les passagers et autres partenaires. C’est donc un pas de géant que vient de poser le Bénin, non sans le soutien et l’accompagnement de plusieurs partenaires à qui le ministre Hehomey a adressé ses vifs remerciements. En tout cas, l’apport de la Commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et son soutien pendant le processus de certification n’ont pas été des moindres. Paul Koffi, son commissaire dépêché à Cotonou pour la circonstance, ne s’empêche d’ailleurs pas de reconnaître la célérité dont le Bénin a fait montre sur ce projet et salue par la même occasion, l’engagement des autorités du pays à faire de la plateforme aéroportuaire de Cotonou, un espace sûr, moderne et surtout plaisant.
A ce propos, il ne serait pas superflu de mentionner les nombreuses autres réformes structurelles qui visent la mise aux normes et l’attractivité de la plateforme aéroportuaire de Cotonou. Il s’agit notamment de la récente création de la société des aéroports du Bénin, de la réforme de l’assistance en escale, de la gestion de la sûreté et de la réhabilitation de la piste d’atterrissage sans oublier les travaux de modernisation du terminal. Au-delà de tout contentement, dira aussi le ministre, la certification n’est pas une fin en soi car, une chose est d’être certifié, une autre est de maintenir le niveau de conformité. Et c’est là tout le défi qui se pose à la société des aéroports du Bénin (Sab) et à l’Agence nationale de l’aviation civile (Anac). Alonado Adissin, directeur général de la Sab, pour sa part, s’est dit heureux de l’aboutissement d’un travail collectif satisfaisant devenu une exigence pour tout aéroport. Nika Meheza Manzi, au nom de l’Oaci, exhorte le Bénin à maintenir le cap de cette certification et y voit un gage de qualité et de confiance pour les usagers. Karl Lègba, directeur général de l’Anac, tout en rappelant le processus qui a conduit l’aéroport du Bénin au rang de ceux en phase avec les standards internationaux, reconnait que le challenge reste entier pour maintenir la conformité aux normes.