Tribune de Dr Malick Seibou Gomina:  La responsabilité de parrainer

Par Collaboration extérieure,

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Le Bénin, en 2021, testera son processus démocratique une nouvelle fois lors de l’élection présidentielle. Le mandat donné au président Patrice Talon en 2016 arrive à son terme et le suffrage universel sera sollicité à nouveau. Notre pays a établi une tradition heureuse de tenue à bonne date des élections, gage de stabilité institutionnelle depuis l’avènement du Renouveau démocratique.

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Des réformes de notre arsenal juridique ont transformé le rôle de l’élu que nous sommes dans le processus de l’élection présidentielle. « Nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République s’il n’est dûment parrainé par des élus dans les conditions et suivant les modalités fixées par la loi ». Ainsi, l’article 44 de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 révisée par la loi constitutionnelle n°2019-10 du 07 novembre 2019 a mis à la charge des élus une responsabilité nouvelle qui participe de la maturité de notre processus démocratique. Cette nouvelle responsabilité vise aussi à renforcer les mécanismes de l’élection du président de la République, en mesurant toute la gravité de la charge. Cette disposition est complétée et précisée par l’article 132 alinéa 9 du Code électoral du 15 novembre 2019. En effet, il dispose : « Nul ne peut être candidat aux fonctions de président de la République ou de vice-président de la République s’il n’est dûment parrainé par un nombre de députés et/ou de maires correspondant à au moins 10 % de l’ensemble des députés et des maires ». La précision du type d’élu renforce le caractère sérieux conféré à la responsabilité de parrainer un candidat à l’élection présidentielle.

Le parrainage est une mesure qui donne l’occasion aux députés et maires, représentant des circonscriptions électorales ou des zones administratives, de fournir aux candidats, le filtre des aspirations de leurs mandants. C’est ainsi que nous comprenons cette responsabilité à nous confiée par la loi.
Depuis le 1er juillet 2020, la commune de Djougou nous a confié la mission de sa direction et de sa représentation. Cet honneur fait peser sur nous, la charge de certaines décisions dont le compas est la satisfaction des besoins des populations de la commune. En dépit des efforts consentis, Djougou, 3e commune du Bénin, présente un état peu enviable que nous nous attendons à améliorer au fur et à mesure que notre action se déploie. Mais le réalisme qui nous a toujours caractérisé, veut qu’on intègre l’impact des décisions du pouvoir central sur nos actions.

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En effet, une grande partie des ressources et des initiatives dont a besoin Djougou sont détenues par le pouvoir central et donc le président de la République. Notre choix de parrainage s’inscrit donc dans la logique de l’efficacité des projets de développement socio-économique et humain qui peuvent contribuer au bonheur des populations de la commune de Djougou et plus largement à celui des Béninois.
Le président Patrice Talon est désormais candidat à sa propre succession et notre parrainage se porte sur lui. Djougou choisit de parrainer Talon. Le programme d’action du gouvernement Talon a entrepris de révéler le Bénin aux yeux du monde. Cette ambition s’est traduite au cours du premier quinquennat par des réformes courageuses, voire impopulaires mais nécessaires.

Des réformes audacieuses

Elle s’est aussi concrétisée par la mise en route des travaux ayant transformé nos villes, notre agriculture et même nos habitudes. La dématérialisation des services publics, la réforme qui permet aux retraités de toucher leur pension dès le premier mois qui suit leur admission à la retraite, les infrastructures de transport (1828 km de routes engagées ou en réhabilitation) et de santé, les performances de l’agriculture béninoise (1er producteur de coton sur le continent avec 715 000 tonnes en 2019-2020 et 2e producteur de vivriers dans l’espace Uemoa), le développement du secteur du tourisme sont des témoignages de l’action du Président Talon. Les réformes politiques, la réglementation du droit de grève, la séparation des hôpitaux publics et privés peuvent faire grincer des dents aujourd’hui mais elles amèneront indubitablement à un meilleur vivre-ensemble.
Pour le cas particulier de Djougou, nous pouvons énumérer sans être exhaustif la construction en cours d’un stade omnisports de 3 000 places aux standards internationaux, la construction d’un marché moderne dont le coût est estimé à plus de 4 milliards de F Cfa, la réhabilitation et le redimensionnement du château d’eau dont la capacité est passée désormais à 200 m 3/h. Mieux, lors de son passage à Djougou pour l’exercice de reddition de comptes, le Président Patrice Talon s’est engagé à redonner à notre cité une envergure industrielle.
Sous le Président Talon, le pays a amorcé la marche vers l’indépendance énergétique avec en 4 ans, la production de plus de 50 % de ses besoins.
Mais en réalité, le vrai bilan de ce quinquennat est immatériel. Il réside dans le modèle de gouvernance, dans un leadership fondateur et qui inaugure une nouvelle ère de conduite des affaires publiques qui, à tout le moins, laisse espérer une véritable option pour le développement. Nous avons vu comment avec vision et méthode, on peut bâtir et s’atteler à offrir à chaque territoire une spécificité. La gouvernance implémentée par le Président Patrice Talon permet à chaque territoire d’avoir son créneau au sein de la nation et de s’y exceller. Le bilan de ce premier mandat, c’est aussi la capacité d’exécution, dire ce qu’on veut faire et le faire pour le bien-être des populations à la base, même au détriment, de son confort personnel. Cela a eu l’avantage d’opérer des choix difficiles mais salutaires comme ce fut le cas par exemple des chefs-lieux de départements et dont Djougou a bénéficié directement.
Mais toutes ces actions sont encore à mi-chemin et demandent un achèvement. La vision du Bénin Révélé est pensée et pilotée par le Président Talon, il est important donc de lui permettre de continuer la mise en œuvre de cette vision. Djougou attend de ce deuxième mandat une poursuite des efforts vers les communes comme elle qui manquent de visibilité, mais regorgent de potentiel. Notre commune veut bénéficier des dividendes du programme d’action du gouvernement. En souhaiter la continuation est donc une logique réaffirmée.

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Par Malick Seibou Gomina*

*Maire de la Commune de Djougou