Trois questions à Christophe Houessionon, SG/Csub: « Ce n’est pas le jusqu’auboutisme qui était la préoccupation des militants »

Par La Redaction,

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Christophe Houessionon

Le secrétaire général de la Confédération des syndicats unis du Bénin (Csub), Christophe Houessionon, explique les raisons pour lesquelles trois centrales syndicales ont levé leur motion de grève entamée depuis le 16 janvier dernier. Ainsi, la Csa-Bénin, la Cgtb et la Csub rejoignent la Cspib pour sauver l’année scolaire.

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La Nation : Monsieur le secrétaire général de la Csub, vous avez levé votre motion de grève sans pour autant obtenir tout ce que vous réclamiez. Expliquez-nous.

Quand on observe la situation, ce n’est pas le jusqu’auboutisme qui était la préoccupation des militants. Depuis le 22 février 2018, s’il n’y avait pas cette affaire de défalcation, nos militants auraient déjà donné leur quitus pour que le gouvernement améliore un peu le petit acquis obtenu. Si le gouvernement avait accepté d’améliorer tout ça, il y a longtemps que nous aurions cessé avec la grève.

Qu’est-ce qui a alors motivé la décision des trois centrales syndicales d’hier ?

On avait suspendu les négociations avec le gouvernement à cause des questions préjudicielles relatives à la rétrocession des fonds défalqués pour fait de grève. Le gouvernement vient de marquer le dégel en payant intégralement aux fonctionnaires en grève, plus précisément aux enseignants, l’intégralité du salaire du mois de mars sans défalcation. C’est un acte de dégel, en plus du fait que nous-mêmes, en réalité, on n’est pas allés en grève pour blanchir l’année scolaire. Parce qu’il faut tenir compte des intérêts de la grande masse, du peuple tout entier. Autant nous sommes en train de revendiquer nos droits, autant nous devons tenir compte des intérêts du peuple pour lequel nous nous battons.
Nous sommes à une semaine des congés de fin du deuxième trimestre. Et nous avons estimé que les congés devant démarrer le 13 avril prochain, que toutes les six centrales syndicales se mettent d’accord pour la levée de la motion. Les discussions ont commencé depuis la semaine dernière. Sauf que d’aucuns estiment qu’il faut attendre la fin de cette semaine. Puisque nous avons déjà les textes prêts, on a estimé qu’il faut permettre aux enseignants de s’apprêter pour aller s’occuper des enfants. C’est pour ça que nous avons levé la motion à la suite de la rencontre de ce lundi.

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Pouvez-vous nous faire le point des acquis à ce jour ?

Comme acquis, c’est grâce à la grève déclenchée depuis le 16 janvier dernier que nous avons obtenu le droit de grève pour tous les travailleurs. La goutte d’eau qui avait fait déborder le vase, c’était le retrait du droit de grève à certains travailleurs et nous, on a estimé que si on se taisait, les gens risqueraient de mettre un coup de frein à l’article de la Constitution qui nous donne ce droit-là. Je pense que la Cour constitutionnelle ayant sonné la fin de la récréation, le droit de grève est reconnu pour tout travailleur béninois. C’est le véritable acquis.
L’autre acquis, c’est qu’aujourd’hui le gouvernement a repris avec nous le dialogue. Ce qui reste, c’est que chacun de nous doit travailler pour que le dialogue soit sincère et franc. Depuis que le Smig a été revu à la hausse, son hiérarchisation n’a jamais été faite, maintenant le gouvernement a pris des dispositions et est entrain de convoquer la commission paritaire pour qu’elle statue sur cette question. C’est une commission tripartite composée du gouvernement, du patronat et des syndicats. Tout ça, c’est des acquis. Maintenant nos bases nous ont demandés de dire au gouvernement d’étaler les primes qu’il est entrain d’accorder, à savoir les 28 000 francs, sur deux arrêtés au lieu de six comme il envisage de le faire. Ce qui est sûr, c’est un petit acquis qui dénote de la volonté du gouvernement de prendre en compte les revendications.