Un Béninois récompensé par une Fondation suisse

Par Catherine Fiankan-Bokonga,

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Gregeoire Ahongbonon

Grégoire Ahongbonon a remporté, à l’unanimité, le Prix de Genève pour les droits de l’homme en psychiatrie. Ce Béninois a créé il y a plus de 30 ans, en Côte d’Ivoire, l’Association Saint Camille-de-Lellis, une formule complète de soins psychiatriques adaptée à l’Afrique de l’Ouest. Alloué tous les trois ans, il récompense des projets « courageux » qui visent à promouvoir une psychiatrie respectueuse des droits de l’homme, dans des contextes difficiles.

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Né en 1952 dans une famille d’agriculteurs, Grégoire Ahongbonon grandit dans le village de Kétouké, au Bénin. À 19 ans, il déménage en République de Côte d’Ivoire à Toumodi, ville située près de la capitale Yamoussoukro. A la fin de sa formation de mécanicien, il s’installe à Bouaké, où il ouvre un atelier de réparation de pneus. Après de graves problèmes personnels, il fonde en 1994 l’Association Saint Camille en Côte d’Ivoire. L’Ong a pour but de venir en aide aux personnes africaines touchées par de maladies mentales.
Depuis plus de 30 ans, Grégoire ne cesse de lutter contre les préjugés et la stigmatisation entourant la maladie mentale sur le continent africain. Il tente aussi de faire accepter l’idée que l’on peut soigner ceux qui sont appelés des « fous », sans les attacher, les enchaîner, ni leur faire subir d’autres atrocités. L’Association propose non seulement un traitement, mais également un logement, de la nourriture, un travail ou une formation.
L’approche innovante de Grégoire Ahongbonon consiste dans le fait que la grande majorité des soignants et intervenants des centres sont eux-mêmes d’anciens malades mentaux. Selon lui, aider les autres est la meilleure façon de les remercier de l’aide que l’on a reçue.
La fondation de Genève pour les droits de l’homme en psychiatrie précise que cet homme qui n’est ni médecin, ni soignant a « négocié avec les familles et les anciens des villages afin de soigner les malades qui étaient parfois enchaînés aux arbres. Elle souligne comme «extraordinaire» le fait que cet homme, qui n’a aucune formation médicale ou psychiatrique, soit parvenu à développer un système de soins efficace, en s’appuyant sur ses propres observations et sur son humanité. « La vocation de Grégoire Ahongbonon a été si puissante qu’il est parvenu, avec l’aide constante de sa femme, Léontine, à bousculer les préjugés et à supprimer d’anciennes pratiques concernant les malades mentaux. »
Aujourd’hui, l’Association gère près de 50 centres psychiatriques, centres de réadaptation et cliniques ambulatoires dans des communautés à travers la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Togo. Près de 100 000 personnes ont déjà été traitées, dont certaines sont revenues dans leurs communautés et ont repris une vie normale.
L’édition 2021 du Prix de Genève pour les droits de l’homme en psychiatrie a reçu le soutien de la République et Canton de Genève et de la Fédération suisse des médecins psychiatres et psychothérapeutes. Décerné pour la huitième fois, il est doté d’une somme de 20 000 francs suisses.
Grégoire Ahongbonon a reçu de nombreuses récompenses pour son action. En 2020, il a été le lauréat du Prix Dr Guislain soutenu par la Fondation Janssen.

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Par Catherine Fiankan-Bokonga, correspondante accréditée auprès de l’Office des Nations Unies à Genève (Suisse)