Université d’Abomey-Calavi: La démolition des résidences en ruine entamée

Par Fulbert Adjimehossou,

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Residence UAC

Des coups de marteau s’abattent, depuis ce jeudi 19 août, sur le bâtiment Kim II Sung (Kis) du campus de l’Université d’Abomey-Calavi. Décidée en conseil des ministres, il y a deux mois, la démolition des deux résidences universitaires en état de délabrement a démarré.

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Portes et fenêtres du rez-de-chaussée éventrées. De jeunes ouvriers, casques et gilets au point, réduisent en caillasses les murs du bâtiment Kim II Sung (Kis). De ce bâtiment jouxtant le jardin universitaire du campus de l’Université d’Abomey-calavi, il ne reste plus de vie. Dehors, aux alentours, ses derniers occupants rangent leurs effets : sacs, tam-tams, cartons, ustensiles de cuisine, nattes, etc. Ils partent, pour la plupart, pour une destination inconnue.
Assis près de ses bagages, Emmanuel H., étudiant en Linguistique, fixe son regard dans le vide. « Je suis triste. Nous n’avons pas encore un lieu où nous loger d’abord, le temps de finir les examens de rattrapage », confie-t-il. Pourtant, déjà en mars 2021, le Centre des œuvres universitaires et sociales (Cous) de l’Université d’Abomey-Calavi a intimé l’ordre de vider les lieux. Ceci, avant même que n’intervienne la décision du gouvernement en juin 2021 de démolir ces vieilles constructions. « Comme ce sont deux bâtiments qui sont concernés par la démolition, je pensais que le gouvernement allait commencer par Hassan 2 qui n’est pas occupé. Nous avons été surpris, cet après-midi, que les travaux aient démarré effectivement. Nous sommes obligés de sortir nos effets. Si on peut nous loger ailleurs, ce serait bien », se défend Emmanuel H.

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Enrayer le danger !

Du côté des ouvriers, on se concentre plutôt sur la mission: démolir le bâtiment comme en a décidé le gouvernement lors du Conseil des ministres du 16 juin 2021. La raison invoquée est qu’il n’offre plus de sécurité optimale d’habitabilité. « De sérieuses dégradations sont constatées sur le bâtiment dit Kis au regard desquelles le rapport d’expertise recommande sa démolition et la construction d’un autre immeuble», avait justifié le gouvernement. En ce qui concerne le bâtiment Hassan II qui connaîtra aussi le même sort, s’il ne présente pas de dégradations apparentes, il est cependant soumis à un phénomène vibratoire de plus en plus croissant qui ne permet pas son occupation.
Ce sont des précautions sécuritaires que les associations d’étudiants ne contestent pas, mais plaident pour de nouvelles constructions. « On sait tous que le bâtiment constitue un danger. Avec cette démolition, le souhait ardent des étudiants est qu’il y ait de nouvelles constructions pour accroître la capacité d’accueil dans les résidences universitaires. Ça fait mal pour ceux qui sont là, mais on n’a pas le choix », déclare Ludger Zannou, président de l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb). En attendant, les occupants illégaux se cherchent des abris, pour ne pas dormir à la belle étoile.

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