Vaccination contre le paludisme : Les premières doses espérées en 2023

Par Fulbert Adjimehossou,

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Le vaccin Rts, S ne sera pas accessible aux Béninois de sitôt. En tout cas, pas avant 2023. Certaines dispositions capitales doivent être prises pour orienter les pays sur son utilisation. Il s’agit notamment des documents normatifs qui doivent régir l’utilisation de ce vaccin à bon escient. « Le Bénin va l’utiliser à partir du deuxième trimestre de l’année 2023. Notre objectif est de pouvoir éliminer le paludisme d’ici 2030 », confie Dr Germain Gil Padonou, directeur du Centre entomologique de Cotonou (Crec). En effet, ce vaccin agit contre le Plasmodium falciparum, à l’origine de la forme la plus mortelle de paludisme dans le monde et ayant la plus grande prévalence en Afrique. C’est le résultat de trois décennies de recherche et développement. Il est recommandé pour prévenir le paludisme chez les enfants âgés de six mois à cinq ans et vivant dans des milieux où la transmission est modérée à forte.
Plus d’un million d’enfants l’ont déjà reçu au Ghana, au Kenya et au Malawi, grâce à un programme pilote coordonné par l’Oms. Selon l’organisation onusienne, s’il était déployé à grande échelle, le vaccin pourrait sauver la vie de 40 000 à 80 000 enfants africains supplémentaires chaque année. « Le vaccin aide à produire nous-mêmes notre propre défense de façon préventive. Les expériences faites au Ghana, au Kenya et au Malawi ont permis de constater qu’il a un impact positif sur la baisse du nombre de décès dû au paludisme, comme les autres outils de lutte. Ça peut venir en complément, puisque l’objectif visé aujourd’hui par le Bénin, c’est l’élimination du paludisme. Dans ce cas, un seul outil ne sera pas efficace », souligne le chercheur entomologiste. Celui-ci met donc l’accent sur les autres stratégies comme l’utilisation des moustiquaires. « Les enfants chez qui ce vaccin a été efficace continuaient de dormir sous la moustiquaire », fait-il remarquer.
L’utilisation des répulsifs, la pulvérisation intra domiciliaire pour la lutte anti vectorielle de même que l’assainissement du milieu sont fortement recommandés. Mais en ce qui concerne la vaccination, les initiatives se multiplient sur le continent. C’est le cas de cette recherche pour le développement clinique d’un vaccin contre le paludisme associé à la grossesse, qui prend corps depuis quelques années au Bénin, un pays où le paludisme reste la première cause de consultation.

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