Valorisation de la viande de canard: Accroitre la production pour réduire l’importation de volailles

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

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Plusieurs phénotypes de canards de Barbarie sont rencontrés dans le Sud du Bénin. Mais le mode d’élevage des canards reste embryonnaire et la consommation de cette viande soumise à de nombreux interdits. Dans un mémoire de thèse de doctorat soutenu hier jeudi 16 juillet, Finagnon Josée Bernice Houessionon s’intéresse aux caractéristiques morphologiques et zootechniques des canards ainsi qu’à la qualité de la viande et de la carcasse de cet oiseau.

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Au Bénin, la viande de canard est de moins en moins consommée. Elle est absente dans certaines régions. D’aucuns l’entourent de mythe et d’autres en font usage dans les cérémonies cultuelles. Mais la viande de cet oiseau palmipède est bien savoureuse, surtout quand il s’agit d’une jeune femelle. C’est l’un des résultats des recherches de Bernice Houessionon. En fin de formation à l’Ecole doctorale des Sciences de la vie et de la terre, elle a soutenu sur le thème: «Caractérisation morphologique et zootechnique et qualités technologique et organoleptique de la viande de la population locale de canards de Barbarie au Sud du Bénin». C’est devant un jury international dont certains membres ont suivi la présentation par visioconférence.
De ses travaux, l’on peut retenir que dans le Sud du Bénin, l’élevage des canards est de type familial avec une diversité observée dans le mode d’élevage, l’alimentation… Dans les trois zones agro-écologiques du Sud Bénin, on dénote trois types d’élevage notamment l’élevage traditionnel, l’élevage des oiseaux en captivité et l’élevage avec un système de basse-cour où les oiseaux sont en plein air ou en captivité. L’on distingue par ailleurs, plusieurs variétés de canards. Les études de Bernice Houessionon ont essentiellement porté sur les canards de Barbarie dont les performances zootechniques et pondérales ont été évaluées. Les données ont été collectées et traitées en fonction de l’âge et du sexe. Il en ressort que les mâles ont des mesures corporelles plus élevées que les femelles mais la viande des femelles est plus tendre et plus juteuse que la viande des mâles, quel que soit le mode de cuisson.

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Aussi, la viande des canards moins âgés est plus tendre et juteuse que la viande des plus âgés. «Plus le canard est âgé, plus la viande est sombre», va soutenir Bernice Houessionon. Il va sans dire que la qualité gustative de la viande des canards est aussi bien tributaire de l’âge que du sexe. Au regard de la saveur de cette viande, l’impétrante arrive à la conclusion que le renforcement des capacités de production des éleveurs et la valorisation de la viande de canard peuvent réduire le taux d’importation de viande de volailles. Par conséquent, l’impétrante recommande le renforcement des capacités des éleveurs traditionnels afin qu’ils assimilent les bonnes techniques élémentaires d’élevage. Elle suggère également la formation des éleveurs de type évolué en techniques innovantes et modernes. Au terme de sa présentation, Bernice Houessionon a vu son travail accepté par le jury sous le regard satisfait du Professeur Issaka Youssao Abdou Karim, son directeur de thèse.

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