Valorisation des droits de l’enfant au Bénin: Foddeb sonne le glas de l’impunité

Par Claude Urbain PLAGBETO,

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Ce lundi 15 juin, s’est tenu à Cotonou, un atelier de réflexion sur l’impunité en matière de droit de l’enfant africain. Initiée par le Foddeb, cette rencontre constitue un creuset d’échanges entre les parties prenantes et de prise de recommandations en vue d’une meilleure protection de l’enfant.

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Les cas de violences et d’abus sur les enfants restent souvent impunis et sans réparation aucune, malgré l’arsenal juridique existant et les chaînes de protection communautaire, institutionnelle et politique. Le sentiment d’impunité généralisée, de complicité et de laxisme se traduit par des pratiques d’intervention ou d’interférence dans les procédures de répression des auteurs, à travers des pressions, y compris de certaines autorités ou leaders communautaires, en faveur de la relaxe ou du règlement amiable des cas graves.
Face à cet état de choses qui, non seulement fragilise les actions des organisations de la Société civile œuvrant à la protection des droits, mais aussi impactent négativement les victimes des violences, le Forum des organisations pour la défense des droits des enfants au Bénin (Foddeb) a réuni les parties prenantes pour s’y pencher, hier à la veille de la célébration de la Journée de l’enfant africain. S’inscrivant dans le cadre du Projet de renforcement de la Société civile pour la réalisation des droits de l’enfant au Bénin financé par l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (Asdi), Plan International Suède et Plan International Bénin, cet atelier national a permis de faire l’état des lieux du cadre juridique en la matière. « Cette rencontre de haut niveau a également permis d’analyser les causes profondes de l’impunité en matière des droits de l’enfant au Bénin et de formuler des recommandations pour y mettre fin », selon Moussa Amadou Kpétoni, président du Foddeb.
Les solutions sorties de cet atelier ne resteront pas lettre morte, assure-t-il. Ainsi, les survivants des violences, quelles que soient les conditions physiques, sociales, culturelles et religieuses, pourront jouir de la réhabilitation et de leur droit à la justice, espère M. Amadou Kpétoni.

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Dénoncer les auteurs

En procédant à l’ouverture de l’atelier, Solange Odjo Ahlonsou, directrice de la Famille, de l’Enfance et de l’Adolescence, a insisté sur le faible niveau de dénonciation des auteurs d’abus et de violences sur les enfants. Elle souligne l’impérieuse nécessité de renforcer les interventions et de conjuguer les efforts pour mettre fin au recours aux châtiments corporels et à la violence verbale pour punir, humilier les enfants et les contraindre au mariage.
Les violations des droits de l’enfant au Bénin interviennent dans un contexte de pauvreté et de perpétuation des normes et pratiques traditionnelles souvent préjudiciables aux enfants, fait observer Karl-Frédérick Paul Estrada, représentant résident de Plan International Bénin. Il en veut pour preuves les « puissants » tabous sur la sexualité et le planning familial ainsi que le droit à l’éducation encore loin d’être réalisé pour tous les enfants. Les cas des enfants handicapés, les filles et les enfants des ménages économiquement vulnérables, sont particulièrement préoccupants, alerte-t-il.
Le taux de mariage précoce est de 31,7 % selon le rapport Close 2018. La cinquième Enquête démographique et de Santé du Bénin (Edsb-V) 2017-2018 souligne que le pourcentage d’enfants de 1 à 14 ans qui a subi des agressions psychologiques est de 86,9 % pour les garçons et 87,1 % pour les filles.