Valorisation des spéculations agricoles : Plaidoyer pour la filière igname

Par LANATION,

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La Plate-forme nationale des organisations paysannes et de producteurs agricoles du Bénin (PNOPPA-Bénin) et le projet Agrifam-Bénin ont organisé, mercredi 7 septembre, un atelier d’information des journalistes sur la filière igname. Il s’agit de faire le plaidoyer pour une organisation réelle de cette culture de premier plan dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle du Béninois.

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Il n’y a quasiment point de rue dans Cotonou où l’on ne retrouve une gargote pour igname pilée. La consommation de l’igname dans le pays s’est accrue ces dernières années, au point de supplanter le maïs dans le classement des aliments de base des Béninois. Mais derrière cette consommation à grande échelle se cache bien d’enjeux et de problèmes que la Plate-forme nationale des organisations paysannes et de producteurs agricoles du Bénin (PNOPPA-Bénin) et Agrifam-Bénin ont partagés hier avec les hommes des médias. Ce projet qui accompagne les organisations paysannes dans la préservation de la place de l’igname dans l’économie béninoise a entrepris une campagne de plaidoyer auprès des décideurs nationaux et locaux pour afin que l’igname soit érigée au rang des filières prioritaires, au regard de son importance dans la sécuritaire alimentaire et nutritionnelle. « Les acteurs de la filière sont confrontés à de nombreux défis qui affectent la compétitivité du produit et hypothèquent son avenir », souligne Serge Mensah, coordonnateur d’Agrifam-Bénin. Ces difficultés, explique-t-il, concernent notamment les tracasseries routières, des problèmes de positionnement sur les marchés, la baisse de la fertilité des sols, l’absence de financement. « Alors que l’igname est inscrite parmi les treize filières prioritaires du Plan stratégique de relance du secteur agricole (PSRSA), aucun financement de l’Etat n’accompagne cette filière », déplore Léopold Lokossou, président de PNOPPA-Bénin.

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Si la demande en igname s’est accrue ces dernières années, Anne Floquet, agro-économiste, s’inquiète du déclin éventuel de l’offre si rien n’est fait pour accompagner les acteurs. L’igname en réalité est une culture dévastrice de l’environnement d’autant que sa production intensive fait reculer la forêt. « Si les forêts disparaissent, il n’y aura plus de production d’igname. D’où la nécessité pour l’Etat et la recherche de travailler pour améliorer la productivité et surtout trouver une alternative à la culture derrière la forêt », plaide-t-elle.
Le souhait du président de la PNOPPA-Bénin est que la filière igname soit inscrite en bonne place dans les investissements du Plan stratégique de développement agricole en cours d’élaboration.
Le Bénin est le 4e producteur mondial d’igname derrière le Nigeria, le Ghana et la Côte d’Ivoire, avec une production annuelle estimée à plus de 3 millions de tonnes. Sa contribution au PIB agricole est estimée à environ 25%.?