Variole du singe : Non, ce n’est pas une maladie des homosexuels

Par Fulbert Adjimehossou,

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Variole du SingeBFMTV

De nombreuses publications sur les réseaux sociaux lient la variole du singe à l’homosexualité. Certes, une partie importante des cas de variole du singe a été identifiée parmi les homosexuels. Voici les premières explications à ce constat.

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« La variole du singe n’est pas une maladie contagieuse. C’est la colère de Dieu sur les homosexuels. Pareillement, les hommes délaissant l’usage naturel de la femme ont brûlé de désir les uns pour les autres perpétrant l’infamie d’homme à l’homme et recevant en leurs personnes l’inévitable salaire à leur égarement (Rm 1 : 27)». De nombreuses publications comme celle-ci font croire que l’épidémie naissante de la variole du singe est une conséquence de l’homosexualité.

La majorité des cas recensés en Europe, en Amérique du Nord, en Australie et en Israël, des pays où cette maladie est d’habitude extrêmement rare, n’avaient aucun antécédent de voyage dans des États africains où la variole du singe est endémique. Les auteurs des publications se basent sur le fait qu’une part significative des cas identifiés concerne « les homosexuels, bisexuels, et d’autres hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ».

 

La variole du singe et l’homosexualité sont-elles liées ?

Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’identification en mai 2022 de clusters de variole du singe dans plusieurs pays non – endémiques sans lien direct avec des voyages en zone endémique est atypique. Mais l’Oms fait plutôt le lien avec le fait que les hommes qui ont des relations sexuelles sont plus proactifs que les autres en matière de consultation médicale. Pour l’Agence onusienne, si le contact physique rapproché est un facteur de risque bien connu, on ne sait pas pour le moment si la variole du singe peut être transmise spécifiquement par voie sexuelle.

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Des études sont actuellement en cours pour mieux comprendre l’épidémiologie, les sources d’infection et les schémas de transmission. « Nous ne disposons pas encore des informations permettant de savoir si cette maladie se transmet par les fluides corporels », a déclaré lors d’une conférence de presse de l’Onu à Genève, Dr Rosamund Lewis, cheffe du Secrétariat de la variole du programme d’urgence de l’Oms, avant d’inviter les groupes potentiellement à risque à « faire attention » lorsqu’ils sont en contact étroit avec d’autres personnes.

L’OnuSida exhorte donc les médias, les gouvernements et les communautés à réagir avec une approche fondée sur les droits et les preuves, qui évite la stigmatisation. « La stigmatisation et le blâme minent la confiance et la capacité à réagir efficacement lors d’épidémies comme celle-ci », a déclaré Matthew Kavanagh, directeur exécutif adjoint de l’OnuSida, avant d’ajouter que l’expérience montre que la rhétorique stigmatisante peut rapidement désactiver une réponse fondée sur des preuves en alimentant des cycles de peur, en éloignant les gens des services de santé, en entravant les efforts d’identification des cas et en encourageant des mesures punitives inefficaces.

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La variole du singe en deux points

La variole du singe (« monkeypox » en anglais) ou « orthopoxvirose simienne » est une maladie considérée comme rare, connue chez l’être humain depuis 1970. Elle est due à un virus à Adn. Elle est causée par un virus transmis à l’Homme par des animaux infectés, le plus souvent des rongeurs (même si le virus a été découvert pour la première fois en 1958 au sein d’un groupe de macaques qui étaient étudiés à des fins de recherche). Il n’existe actuellement aucun traitement homologué contre le monkeypox et les données sur la durée de sa contagiosité sont limitées, la période d’incubation allant de cinq à 21 jours. Les patients restent généralement isolés dans un hôpital spécialisé pour éviter de transmettre le virus à d’autres. Le monkeypox se contracte par transmission de l’animal à l’homme, généralement par une morsure d’animal ou par la consommation de viande mal cuite.

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Dans de rares cas, le virus peut se propager par transmission interhumaine. Le premier cas humain de monkeypox a été signalé en 1970 en République démocratique du Congo et survient rarement en dehors des pays d’Afrique centrale et occidentale. À ce jour, il y a eu peu de recherches sur les cas de monkeypox dans les pays à revenu élevé. Les symptômes signalés du monkeypox comprennent de la fièvre, des éruptions cutanées et des ganglions lymphatiques enflés.

Des complications ont également été signalées, notamment une inflammation des poumons, du cerveau, de la cornée menaçant la vue et des infections bactériennes secondaires. Les taux de mortalité publiés varient considérablement, entre 1 et 10 % dans le bassin du Congo et moins de 3 % au Nigeria. La plupart des personnes guérissent spontanément et les foyers de contamination finissent généralement par s’éteindre d’eux-mêmes du fait de la faible transmissibilité du virus.