Vente d’animaux sauvages: Mesures urgentes à prendre

Par LANATION,

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Pour réduire les risques pour la santé publique associés à la vente d’animaux sauvages vivants sur les marchés traditionnels, un groupe d’organisations internationales publie une série de mesures que les gouvernements devraient envisager d’adopter d’urgence afin d’éviter l’émergence de nouvelles maladies.

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L’Organisation mondiale de la Santé (Oms), l’Organisation Mondiale de la Santé animale (Oie) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (Pnue) demandent aux autorités nationales compétentes de suspendre le commerce d’animaux sauvages capturés vivants d’espèces mammifères, à des fins alimentaires ou d’élevage, et de fermer les sections des marchés alimentaires les vendant.
Bien que ce document se concentre sur le risque d’émergence de maladies sur les marchés alimentaires traditionnels où des animaux vivants sont vendus, il est également pertinent pour d’autres utilisations d’animaux sauvages. Toutes ces utilisations nécessitent une approche caractérisée par la conservation de la biodiversité, le bien-être animal, les réglementations nationales et internationales concernant les espèces menacées et en danger.
Les marchés alimentaires traditionnels réglementés par des autorités locales compétentes et qui fonctionnent selon des normes élevées d’hygiène et d’assainissement sont sans danger pour les travailleurs et les clients. Des problèmes importants peuvent survenir lorsque ces espaces ne sont pas réglementés et qu’ils permettent, par exemple, l’abattage sur place. Conserver les animaux vivants dans des cages empilées les unes sur les autres où se mélangent les matières fécales, d’autres déchets ainsi que des fluides corporels, augmente considérablement les risques de transmission de virus d’origine animale vers d’autres animaux et vers les humains.
La plupart des maladies infectieuses émergentes, telles que la fièvre de Lassa, la fièvre hémorragique de Marburg, ont des origines fauniques. Au sein de la famille du coronavirus, l’épidémie de syndrome respiratoire (Sras) en 2003 et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (Mers), détecté en 2012, étaient liés à des virus zoonotiques. Les animaux sauvages sont à l’origine de plus de 70 % des maladies développées par l’homme.

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Garantir la santé publique

Afin de réduire les risques pour la santé publique liés à la vente d’animaux sauvages vivants sur les marchés traditionnels, l’Oms, l’Oie et le Pnue recommandent plusieurs actions que les gouvernements devraient envisager d’adopter de toute urgence. La nouvelle réglementation devrait inclure des dispositions permettant d’identifier la source des animaux afin de garantir l’origine, et de s’assurer qu’ils ne sont pas introduits illégalement dans des élevages. Les marchés vendant des animaux vivants devraient uniquement être autorisés à condition que les normes de sécurité alimentaire, d’hygiène et d’environnement requises soient respectées. Il est important de noter qu’il n’y a aucune preuve suggérant que la Covid-19 ait été transmis par la consommation de viande sauvage cuite et manipulée de manière hygiénique.
L’inspection des aliments est un élément essentiel du système de contrôle national garantissant la sécurité alimentaire des populations. Pour assurer ce contrôle, les inspecteurs alimentaires et vétérinaires doivent être formés, qualifiés et ne pas se trouver dans une situation de conflits d’intérêts.
L’Oms, l’Oie et le Pnue demandent aussi aux autorités de renforcer les systèmes de surveillance de la santé animale, animaux domestiques et sauvages, particulièrement des agents pathogènes zoonotiques. Cela permettra, en cas de problème, de donner l’alerte très tôt et, de posséder tous les éléments nécessaires pour prévenir les risques pour les humains et garantir la santé publique.

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Par Catherine Fiankan-Bokonga, Correspondante accréditée à l’Office des Nations Unies à Genève (Suisse)