Vente de machines agricoles: Des producteurs de coton échappent à une escroquerie

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

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Coton


Si l’on n’y prend garde, le boom que connait la production de l’or blanc au Bénin depuis l’avènement du régime de la « Rupture» risque d’être mis à mal. En témoigne l’escroquerie dont certains producteurs du bassin cotonnier, Banikoara, ont failli être victimes de la part de certains individus qui, depuis quelques jours, proposent de leur vendre des machines agricoles. Avec le semis du coton qui vient de commencer, plusieurs producteurs ont déjà été approchés.
La stratégie des indélicats, explique une de leurs victimes, consiste à prendre contact par téléphone avec le producteur qu’ils veulent escroquer. Le rendez-vous pris avec celui qu’ils ont ciblé, les voilà qui s’apprêtent alors à lui soutirer par transferts mobile money, des avances en fonction du prix de l’engin proposé. Une information confirmée par le producteur de coton et secrétaire de la coopérative Sinkoka, Sabi Marcos. Il s’en est fallu de peu pour lui. « Ils m’ont fait appeler jusqu’à Djougou. Le grand tracteur, ils m’ont dit 7 millions. Tu vas payer 2,5 millions au départ, puis le reste après », confie-t-il. Ce qui lui a paru suspect pour susciter sa méfiance, avoue-t-il, c’est de n’avoir pas trouvé ne serait-ce que la carcasse d’un vieux tracteur dans la maison où il a été conduit. « Et il dit qu’il fait le commerce de tracteurs, qu’il a reçu un nouvel arrivage qui serait actuellement au niveau de la douane », poursuit-il.
Pour le moment, aucun des producteurs de Banikoara qu’ils ont approchés ne s’est laissé avoir. On ignore si dans d’autres localités, des producteurs sont déjà tombés dans leur piège et qu’ils ont réussi à se faire payer des avances.
Toujours est-il qu’informé de la situation, le chef de la cellule communale de l’Atda pôle 2 de Banikoara, Radji Mouidine, est rapidement monté au créneau. C’est pour situer les producteurs sur le mode d’acquisition des machines agricoles.
La première démarche, rappelle-t-il, consiste en l’inscription de tous ceux qui sont intéressés par l’achat. C’est après que leurs noms sont retenus qu’ils sont appelés à déposer leur demande adressée au directeur général de l’Atda pôle 2. Ce dernier, après la compilation des dossiers, les envoie au niveau du Fonds national pour le développement de l’agriculture (Fnda). Le point effectué, une liste est publiée. Un numéro de compte intitulé « Tracteurs Fnda» est ensuite communiqué à ceux dont les noms figurent sur la liste. C’est pour le versement des fonds contre un reçu avant d’être fixés sur le jour et le lieu où ils iront chercher leur tracteur.
La deuxième possibilité qui s’offre aux producteurs désireux d’acheter un tracteur, c’est de monter un microprojet de renforcement de leurs exploitations.

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