Victor Adossou, président de la Cour suprême: « La justice n’est pas morte au Bénin »

Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau,

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Adossou Victor

Le président de la Cour suprême, Victor Dassi Adossou, s’insurge contre certains propos tendant à faire croire que la justice béninoise n’est pas indépendante et se serait laissée inféodée par le gouvernement. Bien au contraire, il estime que les juges font bien leur travail même s’il existe dans leurs rangs quelques brebis galeuses comme c’est le cas dans tout corps professionnel. Victor Dassi Adossou l’a fait savoir, lundi 12 juillet dernier, lors d’un déjeuner de presse au siège de son institution à Porto-Novo.

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« Ce n’est pas vrai de dire qu’aucun juge n’est indépendant au Bénin. Ce n’est pas vrai de penser qu’on perd toujours chaque fois quand on est en procès contre l’Etat béninois ». C’est en ces termes que le président de la Cour suprême, Victor Dassi Adossou, bat en brèche les propos de certaines personnes qui tendent à faire croire que la justice béninoise n’est pas libre et indépendante. En effet, au détour d’un déjeuner de presse au siège de la haute juridiction à Porto-Novo, le président Victor Dassi Adossou a démontré que ces propos ne sont pas fondés. Il a martelé que la justice béninoise ne s’est jamais laissée inféodée par le gouvernement. Les juges font bien leur travail en toute impartialité, fait-il savoir. « La justice n’est pas morte au Bénin. Elle n’a pas perdu son indépendance », insiste le président de la Cour suprême et premier juge béninois. Victor Dassi Adossou explique que la Cour condamne bien souvent l’Etat béninois. « L’Etat perd tous les matins des procès à la Cour suprême. Mieux, plusieurs décrets du gouvernement sont annulés par la Cour suprême », ajoute-t-il. Il rappelle avec insistance qu’il n’y a pas d’Etat de droit sans une justice forte et indépendante. Le président de la Cour suprême reconnait, comme dans tout corps, qu’il y a des brebis galeuses au sein de la magistrature. Victor Dassi Adossou dit en être bien conscient. Il s’est donné pour mission d’assainir le corps de la magistrature. Mais avant de sanctionner, le président de la Cour suprême juge nécessaire d’encadrer techniquement. Il s’engage à cet effet à consolider les relations fonctionnelles entre la Cour suprême placée au sommet de la pyramide judiciaire et les juridictions du fond, c’est-à-dire les Cours d’appel et les Tribunaux de première instance avec lesquels la haute juridiction amplifiera le dialogue fécond à même de créer les conditions indispensables au meilleur exercice de l’office du juge.

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Renouveau de la justice

Victor Dassi Adossou compte densifier les missions d’inspections permanentes de manière à assurer un accompagnement technique et pédagogique au sein de la magistrature. « Au regard des déviances et autres dérives observées au plan de la conduite professionnelle, un accent particulier sera mis sur les questions de déontologie », précise-t-il. Il s’engage également à œuvrer pour l’adoption d’une loi sur le statut des magistrats de la République. Selon lui, l’avènement de ce texte permettra de garantir davantage l’impartialité, la compétence, l’éthique et la responsabilité du juge. Le président de la Cour suprême compte conduire cette action législative qui contribuera au renouveau de la justice en liaison avec le ministre en charge de la Justice, le Conseil supérieur de la magistrature et le barreau béninois. « L’enjeu est de sonner la mobilisation générale autour des fondamentaux de l’office du juge dont le respect sera gage de l’avènement au Bénin, d’une justice crédible, prévisible et facteur du développement socio-économique auquel travaillent les autres composantes du pouvoir d’Etat dont notamment le gouvernement », dévoile Victor Dassi Adossou qui avait à ses côtés la secrétaire générale de la Cour suprême, la juge Dandi Gnamou.

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