Vie des artistes: Spéciale soirée d’hommage à Danialou Sagbohan

Par Josué F. MEHOUENOU,

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La virtuose de la musique béninoise Danialou Sagbohan a vu son talent et son parcours artistiques célébrés, samedi 26 septembre dernier, au Lieu unique à Cotonou. Le temps d’une soirée spéciale qui a vu également prester « l’homme-orchestre», acteurs du showbiz, autorités, fans et mélomanes sont venus rendre un hommage mérité au fils d’Ekpè.

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« Nous voulons saluer et rendre un vibrant hommage à un artiste à la pluridisciplinarité à la fois mature, convaincante et riche». Les organisateurs de la spéciale soirée d’hommage à la vedette Danialou Sagbohan entendaient célébrer « une figure emblématique, un trésor de la musique béninoise ». Thomas Nantékoua, Ingrid Kouassi et Elijah Atindokpo estiment que « ses chansons sont pour des millions de personnes un baume, un remède et un réconfort ». Ils voient aussi à travers la carrière de l’artiste, un parcours peu ordinaire qui mérite d’être valorisé et célébré du vivant de l’homme. Un exercice qui leur a bien réussi, quand on observe le parterre de personnalités du monde de la culture, les autorités, les fans et admirateurs de l’artiste qui ont effectué le déplacement dans la soirée du samedi 26 septembre pour s’abreuver à nouveau de la musique de l’un des rares artistes béninois qui s’illustrent exclusivement dans le live. Ils sont venus nombreux pour écouter le Hagbè national, l’autre surnom de l’artiste.
Les projecteurs de la scène du Lieu unique annonçaient déjà les couleurs de la partie. A 22 heures 28 minutes, une silhouette élancée fait son entrée sur scène sous les ovations du public et au son des instruments de la dizaine de musiciens sur place. Danialou Sagbohan ne perd pas le temps. Il saisit le micro et de sa superbe voix lance les hostilités. Le public surexcité exulte déjà et les premières notes se font accompagner de cris de joie et de pas de danse. « Cet homme m’a toujours fasciné », laisse entendre une spectatrice, la quarantaine. Trombone, guitares, batterie, piano… tout était au menu. Au milieu de la scène, devant ses cymbales et caisses claires, baguettes bien ajustées, l’artiste de 70 ans drapé dans une tunique bleu ciel surplombée d’une troisième pièce communément appelée « Agbada », chapeau bien ajusté, fière allure d’un « Ekpêvi djidji » enchaine ses plus gros succès. L’âge est tout sauf un handicap pour l’homme-orchestre qui en a encore dans les tripes. Il en fait d’ailleurs la démonstration en tapant vigoureusement sur ses instruments mais surtout en faisant résonner à la fois, gongs, cymbales et tambours.

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Musique et hommage

« Djidjoho », « retour au village », « laisse-moi mon mari », « Amon noudé »… Le public en a savouré suffisamment et l’a si fièrement rendu à l’artiste à travers ses pas de danse. Il y a eu d’autres temps forts comme l’interprétation de « Zémihin », exécuté en partie avec le ministre des Sports Oswald Homeky, mais aussi et surtout « Gbèto vivi » qui a vu l’artiste s’installer lui-même à la batterie pour faire parler son talent de batteur hors pair. 45 minutes sont passées depuis que l’artiste est sur scène. Le temps d’une pause, Thomas Nantékoua, Ingrid Kouassi et Elijah Atindokpo rendront un bel hommage à l’artiste à travers la remise de plusieurs cadeaux. Une manière de « le célébrer de son vivant », conviennent-ils. Ce projet, ont-ils expliqué, aurait dû se concrétiser depuis, mais il a été bloqué par la Covid-19. A leurs côtés le secrétaire général du ministère des Sports et le directeur de cabinet du ministère en charge de la Culture. Ce dernier dira d’ailleurs tout le bien que pensent les autorités en charge du secteur de Danialou Sagbohan avant d’annoncer l’imminence d’une cérémonie de célébration des grands noms de la musique béninoise.
Totalisant à ce jour presque cinquante ans de scène, Danialou Sagbohan, médaillé de la créativité de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi), a su se hisser au pinacle à travers son talent de chanteur, percussionniste, batteur et compositeur. Sa musique s’assimile à un voyage à travers les rythmes traditionnels béninois et africains auxquels il apporte sa touche de modernité. Il va d’ailleurs en donner la preuve à travers la deuxième partie de sa prestation et surtout sa reprise bien rythmée du morceau « No woman no cry ».
Reprise faite sur fond du rythme « kaka » de l’Ouémé avec une forte dominance des percussions. En somme, une folle ambiance qui aura duré jusqu’au petit matin, sans que l’artiste ne présente le moindre signe de fatigue. C’est aussi cela la marque de Danialou.

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