Viol sur mineure (16e dossier): Michaël Marius Gangbo condamné à 36 mois

Par Anselme Pascal AGUEHOUNDE,

  Rubrique(s): Société |   Commentaires: Commentaires fermés sur Viol sur mineure (16e dossier): Michaël Marius Gangbo condamné à 36 mois


Poursuivi pour avoir sexuellement abusé d’une mineure de moins de 16 ans, le jeune Michaël Marius Gangbo a répondu de ses faits hier jeudi 16 mai, devant le Tribunal de première instance de Cotonou siégeant en matière criminelle. Déclaré coupable à l’issue du seizième dossier, l’accusé a été condamné à 36 mois, soit 3 ans de réclusion criminelle.

LIRE AUSSI:  Fonctionnement du Parlement: Le personnel militaire parlementaire aguerri sur ses rôles

Michaël Marius Gangbo, apprenti mécanicien âgé de 21 ans au moment des faits, vient d’apprendre à ses dépens, que tenir des rapports sexuels avec une mineure de moins de 16 ans, consentante ou non, est un crime. Il a déjà passé plus de deux ans en détention pour avoir touché à une fille de 14 environ et il lui reste encore 6 mois à purger. Le Tribunal de première instance de Cotonou l’a en effet condamné à 36 mois d’emprisonnement ferme pour son forfait. Mais l’accusé assure du plein consentement de la victime et de l’absence d’une quelconque contrainte.

Les faits !

La jeune E.H., âgée d’environ quatorze (14) ans, vit chez sa tutrice H. A. à Sikècodji où elles mènent des activités commerciales non loin du garage de mécanique où le nommé Michaël Marius Gangbo exerce. Dans la nuit du samedi 17 décembre 2016 vers 22 heures, alors que sa tutrice lui avait commandé l’achat de médicaments au bord de la voie, à environ 50 mètres de leur domicile, la jeune E. H. a mis du temps pour ne revenir à la maison qu’aux environs de minuit. Suite aux réprimandes à elle faites par sa tutrice, la jeune fille a finalement avoué s’être rendue au domicile de Michaël Marius Gangbo où ce dernier l’a contrainte à des rapports sexuels. Interpellé puis inculpé de viol sur mineure de moins de 16 ans, le nommé Michaël Marius Gangbo a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure. Il a été mis en détention le 23 décembre 2016.

LIRE AUSSI:  Evacuation du coton vers les usines: Plus de 590 km de voies de desserte rurale en réfection à Banikoara

Coupable en dépit du consentement de la victime

A la barre, l’accusé ne nie pas les faits. Il reconnaît avoir tenu des rapports avec la jeune fille mais il insiste sur le consentement de celle-ci qui, visiblement, n’était pas à ses débuts. Rapportant les circonstances dans lesquelles il est passé à l’acte, le jeune apprenti fait savoir que la victime est arrivée à son domicile librement, avec la claire conscience de ce qu’elle faisait. A l’en croire, la victime et lui sympathisaient et se fréquentaient. Le passage à l’acte n’a donc été qu’une étape dans leur rapport.
Sans contredire l’accusé, la partie civile fait remarquer que le consentement d’une mineure de moins de 14 ans n’est pas valable et que le crime de viol demeure. Un viol qui aura entaché la victime et ses tuteurs. C’est pourquoi elle a réclamé 1 million de francs Cfa pour dommages-intérêts. Réaffirmant la nullité du consentement lorsqu’il s’agit d’une mineure de moins de 16 ans, le ministère public a demandé au Tribunal de retenir le mis en cause dans les liens de la prévention pour l’infraction de viol. Au regard néanmoins des circonstances du crime, il a requis 10 ans de réclusion criminelle et soutenu les prétentions de la partie civile. Mais pour la défense, il n’est pas question que l’accusé paie pour les dommages créés par d’autres personnes. Le conseil de l’accusé rappelle au Tribunal que la jeune fille est une habituée des rapports sexuels. L’accusé ne l’a pas défloré et le rapport d’expertise médicale indique bien que la fille est loin d’être à ses débuts. Pour ce qui est de la sanction pénale, la défense a plaidé pour une douce application de la loi à l’égard de l’accusé qui ne pouvait pas deviner qu’une fille aussi entreprenante soit âgée de moins de 14 ans et qui est passé à l’acte avec l’accord de la victime.
Hélas, même s’il est établi, le consentement de la victime n’excuse pas l’acte de l’accusé. Sauf circonstances atténuantes, le crime demeure et l’acte du mis en cause reste pénalement punissable. Le Tribunal de première instance de Cotonou, après en avoir délibéré, a condamné le jeune homme à 36 mois de réclusion criminelle et à cent mille francs Cfa pour dommages-intérêts. Ayant déjà passé plus de deux ans en détention, l’accusé Michaël Marius Gangbo, âgé actuellement de 24 ans, n’a plus que six mois à faire pour recouvrer sa liberté.

LIRE AUSSI:  Célébration de la Journée internationale de la femme: Synergie d’actions pour un mieux-être au ministère du Cadre de vie

Composition du Tribunal

Président : Clotaire Zounho

Assesseurs : David Anani
Cosme Ahoyo
Aubert Kodjo
Valentin Kpako

Ministère public : Antoine J. Abévi