Viol sur mineure (Cour d’assises de Parakou, 11e dossier): Dix ans de réclusion criminelle pour François Elégbédé

Par Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori,

  Rubrique(s): Société |   Commentaires: Commentaires fermés sur Viol sur mineure (Cour d’assises de Parakou, 11e dossier): Dix ans de réclusion criminelle pour François Elégbédé


Inculpé pour viol sur mineure, François Elégbédé a été condamné à 10 ans de réclusion criminelle, jeudi 31 mai dernier, par la cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou. Mis en détention le 11 avril 2015, il devra passer encore sept ans derrière les barreaux.

LIRE AUSSI:  Devoir de mémoire: Les « trois glorieuses » de la Révolution

Inculpé pour une infraction de viol sur mineure, François Elégbédé était devant la cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou présidée par Abdou-Moumouni Gomina Seïdou, jeudi 31 mai dernier. Meunier de profession domicilié au quartier Alaga, à Parakou, et célibataire, père de six enfants, il était âgé de 51 ans au moment des faits. Déclaré coupable d’avoir, courant 2014-2015, entretenu des relations sexuelles avec une fillette, mineure de moins de 13 ans et écolière en classe de CM1dans une école primaire au quartier Camp Adagbé, il s’est vu infliger 10 ans de réclusion criminelle.

Comme à toutes les étapes de la procédure de l’enquête, l’accusé a également reconnu les faits à la barre, en estimant que la victime était consentante les deux fois qu’il a entretenu les rapports sexuels avec elle. « La fillette est venue au moulin, sur sa propre initiative et m’a demandé de lui donner 500 F Cfa. Elle a promis de revenir pour me remercier. Ce qu’elle a fait comme promis et j’ai couché avec elle, à deux reprises aux environs de 20 h, en novembre et décembre 2014… C’est entré sans difficultés. Mais le 2 avril 2015, je n’ai pas eu de rapport avec elle », a-t-il avoué sans aucune pudeur.
Partant du principe selon lequel les rapports sexuels sont des moments de plaisir entre deux personnes adultes, l’avocat général Bachirou Assouma Amadou établira sa culpabilité. C’est après avoir rappelé les articles 332 du Code pénal, puis 3 et 30 de la loi 2011-26 du 9 janvier 2012 portant prévention et répression des violences faites aux femmes et aux filles en République du Bénin, comme étant le siège légal de la commission de l’infraction de viol. Pour l’élément matériel, il retient le coït accompli avec la victime âgée de 11 ans. Selon lui, François Elégbédé savait que la victime avait moins de 13 ans, puisqu’il a déclaré à toutes les étapes de l’enquête 13 ou 14 ans. Il requiert qu’il plaise à la cour de le retenir dans les liens de l’infraction de viol, puis de le condamner à 15 ans de réclusion criminelle.
Dans sa plaidoirie, Me Nadine Dossou Sakponou, assurant la défense de l’accusé, souhaite que l’on fasse la nuance entre l’infraction de viol sur mineure et celle d’avoir des rapports sexuels avec une mineure. Relevant quelques anomalies du dossier, elle demandera s’il y a vraiment eu un viol le 2 avril 2015. Selon elle, ce n’est pas parce qu’elle était avec son client, que la victime a découché ce jour. Elle a alors plaidé coupable pour le délit de rapports intimes avec une fillette de moins de 13 ans.
Tutrice de la fillette, dame Anicette Atchodédé, s’est constituée partie civile. C’est pour réclamer des dommages et intérêts. Mais la cour a décidé de statuer sur sa demande à une session ultérieure. Ce qui lui permettra d’évaluer le coût total des analyses et soins effectués.
Windock Gildas Goundété et Rodrigue Sèdonougbo étaient les assesseurs du président de la cour qui a examiné les faits de ce onzième dossier dans lequel François Elégbédé, meunier au quartier Alaga, à Parakou, a abusé sexuellement d’une fillette de 11 ans. Toutes les fois que cette dernière vient moudre ou écraser du maïs, il s’arrange pour qu’elle soit la dernière cliente à quitter. Il profite ainsi de leur isolement pour lui imposer des conjonctions sexuelles. Le dernier rapport qu’il a tenu avec elle remonte au jeudi 2 avril 2015. François Elègbédé est gardé en prison depuis le 13 avril 2015.

LIRE AUSSI:  Lutte anti-sachets plastiques: Une démarche opportune pour la santé des populations